ESN, des fondamentaux intacts
Par Sid Bachir, Analyste financier chez EuroLand Corporate
Dans un contexte économique chahuté, marqué par une forte hausse de l’inflation, l’envolée du prix des matières premières, mais aussi par la forte hausse des taux, le secteur des ESN, peu exposé au prix de l’énergie, a été relativement épargné depuis le début de l’année. Si le secteur n’observe pour l’instant pas de signe de ralentissement, la rentrée boursière a été moins favorable pour les ESN Small Mid cap qui ont toutes affiché des titres en baisses offrant, selon nous, de bons points d’entrée. En effet, les principaux acteurs Small Mid Cap du secteur réunissent tous les éléments recherchés par les investisseurs, qui plus est dans une période économique incertaine. Petit tour d’horizon.
Une demande forte
Alors que les prévisions de croissance pour 2022 publiées en décembre 2021 laissaient présager d’une forte progression (+7,1% en 2022 attendu après +6,3% en 2021 et - 4,6% en 2020), le syndicat du numérique a relevé ses attentes et vise désormais une progression de +7,4% pour un chiffre d’affaires du secteur qui devrait atteindre 60,8 Mds€ cette année. Le segment principal des ESN (52% du marché) est attendu en progression de +5,0% sur l’année (vs +4,7% anticipé et +4,4% en 2021 tandis que le conseil en technologies (13% du marché) reste inchangé (+5,5%). Tous les secteurs sont en croissance avec en particulier une forte dynamique dans les deux grands secteurs : +9,1% dans l’industrie (30% du CA) et +5,6% pour les banques (15,5% du CA).
Sur les 6 premiers mois de l’année, cette tendance a pu être confirmée à la faveur de bonnes publications de résultats semestriels.

Du « Pricing Power »
Dans ce contexte dynamique et à l’heure où les entreprises sont confrontées à une pénurie de talents, le recrutement et la fidélisation des collaborateurs sont des éléments-clés de la stratégie de croissance des ESN. Cette course aux talents se traduit par des objectifs de recrutement en forte hausse (+34% pour les ETI et +45% pour les PME) mais aussi par des hausses de salaires (+5% d’augmentation observée en 2021). Malgré l’inflation salariale, le pricing power des ESN leur permet de bénéficier d’un effet positif sur la marge. Aubay, Infotel, Neurones ou encore Sword Group ont notamment pu passer des hausses tarifaires qui ont plus que compensé l’inflation des salaires.

Une forte visibilité
Alors que le contexte macro économique actuel laisse entrevoir les prémices d’une récession, la tendance de fond de la transformation digitale demeure intacte et continue de remplir les carnets de commandes. En effet, la visibilité est un autre point fort dont peuvent se targuer les ESN à l’instar de Sword Group et de son backlog de 475,0 M€ (23,8 mois de CA) ou encore de Visiativ et Infotel et leurs contrats pluriannuels.

Du Cash… Beaucoup de Cash
Dernier point non négligeable, la trésorerie. Après un exercice 2021 très dynamique et fortement générateur en cash, ces sociétés disposent de moyens significatifs afin de financer leur croissance. Dans un secteur où la croissance externe constitue sans doute un axe privilégié, certains acteurs comme Infotel (94,5 M€ de cash net) ou encore Neurones (232,2 M€ de cash net) bénéficient de positions confortables pour saisir les opportunités.
Malgré des performances opérationnelles solides et des fondamentaux de qualité, ces valeurs sont actuellement peu chères payées, à 9,2x l’EBIT NTM contre 8,8x sur les 10 dernières années.

*La marge d’EBITDA S1 2021 de SWORD comprend les activités Logiciels cédées au S1 2022
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