Les marchés : Le marché retient son souffle
Pour la troisième séance consécutive, le CAC 40 signe une séance sans relief et dans des volumes modestes : -0,19% à 8 331 points. L’indice français a toutefois inscrit un nouveau record aujourd’hui, à 8 396 points. Wall Street évolue également dans le rouge, le S&P 500 et le Nasdaq perdent pour le moment respectivement 0,7% et 1,2%, malgré de bonnes ventes au détail aux États-Unis, soutenues par les achats de voitures et les dépenses de fin d’année.
Les investisseurs ont surtout été déçus par les résultats annuels de plusieurs grandes banques américaines, dont Wells Fargo (-4,5%) et Bank of America (-4,2%), qui ont pesé sur la tendance générale. Le climat reste aussi tendu sur le plan politique. La Cour suprême américaine doit se prononcer sur la légalité des droits de douane mis en place par l’administration Trump. Même si ces mesures étaient remises en cause, le marché estime que la politique protectionniste resterait un élément central de la stratégie américaine, ce qui limite l’impact immédiat de cette incertitude en Bourse.
D’autres sujets sensibles, comme les tensions autour du Groenland, ajoutent à la prudence des investisseurs. À Paris, malgré ce contexte international agité, certaines valeurs tirent leur épingle du jeu. Le laboratoire Ipsen (+6,9%) progresse nettement après une avancée importante pour un traitement expérimental contre un type de cancer du sang, tandis qu’EssilorLuxottica (+0,5%) bénéficie d’une recommandation favorable de HSBC. À l’inverse, Air France-KLM (-5,15%) recule après des recommandations moins positives.
Clairement, les investisseurs retiennent leur souffle avant la réponse américaine en Iran…
Les valeurs : Essilor Luxoticca, Air France-KLM, et Lucibel
Essilor Luxoticca
EssilorLuxottica progresse ce mercredi de 0,50% à 279,40€, après un changement de ton très remarqué d’HSBC. La banque britannique est passée à l’achat sur le spécialiste des verres correcteurs et des montures, estimant que les lunettes intégrant de l’intelligence artificielle pourraient, à terme, reléguer le smartphone au second plan. Rien que ça ! HSBC a relevé son objectif de cours à 340€, contre 300€, auparavant, misant sur l’essor rapide des lunettes intelligentes, un marché qu’elle estime à 200 milliards de dollars à l’horizon 2040. Son nouvel objectif distingue un potentiel de hausse de près de 22% par rapport au cours actuel.
Derrière cette réévaluation, un constat simple : EssilorLuxottica n’est plus seulement une valeur défensive à la croissance régulière, mais un acteur clé d’un nouveau cycle technologique. Les lunettes connectées développées avec Meta, sous les marques Ray-Ban et Oakley, ont déjà commencé à peser significativement dans la croissance du groupe et ont contribué à son changement de statut boursier en 2025. Malgré une concurrence appelée à s’intensifier, HSBC estime que l’avance industrielle, la puissance des marques et le modèle intégré du groupe lui permettront de rester un bénéficiaire majeur de cette révolution.
Depuis le début de l’année le titre progresse d’environ 4%. Nous avons recommandé le titre, à la fois dans nos conseils de court et de long terme. Retrouvez ici notre dernière recommandation.
Air France-KLM
Grosse turbulence sur les compagnies aériennes ! Air France-KLM décroche de 5,15% ce mercredi à 10,69€, tandis que Lufthansa cède 5,5% à Francfort. En cause, un abaissement de recommandation de la banque britannique Barclays, qui se montre plus prudente sur les compagnies historiques. Ses analystes estiment que le marché est trop confiant sur la rentabilité des liaisons transatlantiques et sur la solidité de la demande premium, deux moteurs désormais fragilisés par la faiblesse du dollar et un contexte géopolitique pour le moins… incertain.
La banque britannique juge Air France-KLM particulièrement exposé, alors que le groupe a fortement monté en gamme ces dernières années, augmentant la part de sièges premium dans sa flotte. Un pari risqué si la clientèle haut de gamme venait à lever le pied. À l’inverse, Barclays affiche une nette préférence pour les compagnies low-cost, jugées plus flexibles et mieux positionnées dans l’environnement actuel, citant Ryanair ou EasyJet. Résultat en Bourse : les valeurs historiques décrochent, pendant que le marché continue de plébisciter les modèles plus agiles. Une hiérarchie qui, pour Barclays, a vocation à durer.
Lucibel
La séance tourne au cauchemar pour Lucibel. Le spécialiste des technologies de la lumière a annoncé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, décidée par le tribunal de commerce de Rouen. Une étape lourde de sens, qui vise à geler les dettes et à laisser six mois à l’entreprise pour tenter de bâtir un plan de restructuration. Le groupe cherche du temps pour se réorganiser et éviter le pire, tout en maintenant son activité sous contrôle judiciaire.
Le titre éligible au PEA-PME s’effondre de 38,97% à 6,50€. Une nouvelle chute brutale pour une valeur déjà très affaiblie, en baisse d’environ 45% depuis le début de l’année et de 95% sur trois ans. Malgré un recentrage vers le luxe et l’art, et quelques signes d’amélioration opérationnelle récents, le marché sanctionne sévèrement une situation financière devenue trop fragile. Les prochaines semaines diront si Lucibel peut encore rallumer la lumière… ou si son histoire s’assombrit définitivement.
La recommandation du jour : Equinor, bilan et perspectives
Guillaume, l’un des abonnés de la Communauté Bourse Privée, nous a envoyé ce message aujourd’hui : “Equinor figure dans la sélection de valeurs internationales. Quels bilans et perspectives tirez-vous depuis son entrée dans la sélection ?”
Equinor est un grand groupe énergétique norvégien (majoritairement détenu par l’État), très exposé au pétrole et surtout au gaz naturel, dont il est devenu l’un des fournisseurs clés de l’Europe depuis la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.
Depuis son entrée dans notre portefeuille boursier en 2024, le titre a perdu environ 5% en Bourse. En revanche, ses dividendes extrêmement généreux ont fait toute la différence. Dans notre message à Guillaume, nous détaillons également les perspectives et la stratégie du géant norvégien. Retrouvez notre réponse ici, réservée à la Communauté Bourse Privée.
Petite astuce : Faites défiler la page vers le bas pour accéder à notre réponse complète, juste en dessous du cadre dédié à vos questions.
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L'événement du mercredi : Pétrole, une hausse durable ?
Le prix du pétrole connaît un net rebond : +5% sur le Brent cette semaine, +8,5% depuis le début de l’année. Le baril de pétrole de la mer du Nord s’échange désormais autour des 66$, au plus haut depuis octobre. En cause bien sûr, les tensions géopolitiques. Cette hausse rappelle en effet que le marché pétrolier reste très sensible aux événements politiques et aux risques internationaux.
La principale source d’inquiétude vient de l’Iran. Les manifestations internes n’avaient jusque-là pas affecté la production, mais les menaces de l’administration Trump d’imposer de lourdes sanctions aux pays achetant du pétrole iranien font planer un doute sur les exportations du pays. Or, l’Iran représente environ 3% de la production mondiale et exporte une grande partie de son pétrole, surtout vers la Chine. Même si cette dernière peut trouver d’autres fournisseurs, une réduction des exportations iraniennes pourrait resserrer l’équilibre entre l’offre et la demande, dans un marché qui était jusqu’ici en situation de surplus.
À cela s’ajoutent des perturbations en Russie. Un important terminal pétrolier de la mer Noire, utilisé notamment pour exporter le pétrole kazakh, a vu ses exportations fortement chuter à cause de mauvaises conditions météo, d’opérations de maintenance et d’attaques de drones ukrainiens visant des navires. Ces difficultés réduisent temporairement les volumes disponibles sur le marché mondial et renforcent le sentiment de tension sur l’offre.
Malgré ce contexte tendu, les spécialistes restent prudents. Les grandes compagnies pétrolières se montrent réticentes à investir dans des zones politiquement instables comme le Venezuela, et le cartel de l’OPEP continue de privilégier la défense de ses parts de marché en ouvrant le robinet, plutôt qu’une forte hausse des prix en baissant la production. En conséquence, si le prix du pétrole augmente à court terme, un retour durable vers des niveaux élevés, comme 80$ le baril, n’est pas considéré comme le scénario le plus probable.
En dehors de ces soubresauts conjoncturels, liés à la géopolitique, la tendance de fond reste nettement baissière. Affaire à suivre !
Le monde d'après : Dividendes record en 2026 !
Les entreprises européennes s’apprêtent à battre un nouveau record en matière de dividendes. Les groupes du STOXX 600 devraient distribuer près de 454 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2026, soit une hausse de 4% sur un an. Un chiffre historique, qui devrait encore être dépassé en 2027. Dans un environnement économique toujours incertain, le message est clair, les entreprises européennes continuent de choyer leurs actionnaires et d’utiliser le dividende comme un puissant signal de solidité financière.
Tous les pays ne sont toutefois pas logés à la même enseigne. En France, les dividendes progresseraient plus modestement, autour de +2%, pénalisés par le poids du luxe, un secteur sous pression ces dernières années. À l’inverse, les valeurs financières restent le moteur principal de la hausse des dividendes en Europe. Malgré tout, Paris conserve deux champions dans le Top 5 des plus gros distributeurs, avec Total et LVMH aux côtés des géants suisses Roche, Nestlé et Novartis. Preuve que la capacité à générer de la liquidité reste intacte chez les poids lourds du continent.
Pour les investisseurs, l’enjeu dépasse le simple chèque annuel. En Europe, le dividende est une composante clé de la performance boursière. Sur cinq ans, le STOXX 600 a gagné un peu plus de 50% en prix, mais plus de 80% en rendement total en incluant les dividendes. Une spécificité européenne, là où Wall Street privilégie davantage les rachats d’actions. Avec un rendement attendu autour de 3,2%, les dividendes restent donc un pilier central de l’attractivité des actions européennes. Et si les bénéfices repartent comme attendu en 2026, le cru pourrait être encore meilleur !
Nous consacrons d’ailleurs un article au sujet, dans lequel nous recensons les 25 valeurs offrant les dividendes les plus élevés au sein du marché européen.
Demain à la Une : Les financières US à l'honneur
La séance de demain sera marquée par de nouveaux chiffres d’inflation en France, et par le compte-rendu de la dernière réunion de la BCE. Surtout, de nouvelles publications d’entreprises seront à l’honneur. Après la clôture, le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, Goldman Sachs, Morgan Stanley et BlackRock passeront sur le gril. Enfin, le marché continuera de surveiller de près la réponse imminente des États-Unis à la répression des manifestations en Iran…
Le lexique : Brent & WTI
Le Brent et le WTI sont les deux références majeures du pétrole brut sur les marchés mondiaux. Le Brent, extrait en mer du Nord, sert principalement de référence pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient. Le WTI, ou West Texas Intermediate, provient principalement des États-Unis, notamment du Texas, et constitue la référence pour le marché nord-américain.