
Canal+ sort progressivement de la période délicate qui a suivi son introduction en Bourse à Londres en décembre 2024. À l’époque, le titre avait perdu près de 40% par rapport à son prix d’introduction, pénalisé par un contexte de marché difficile et par des interrogations sur son modèle économique. Depuis l’automne 2025, le regard des investisseurs évolue toutefois favorablement. Le marché commence à mieux valoriser le dossier, porté par des fondamentaux plus solides qu’il n’y paraît, une base d’abonnés en croissance et une meilleure visibilité apportée par la scission de Vivendi en quatre entités distinctes. Canal+ apparaît désormais comme un acteur international à part entière de la télévision payante et du streaming, avec près des deux tiers de ses abonnés situés hors de France.
Publiés ce matin, les derniers résultats annuels confirment cette résilience. Sur l’exercice 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 6,45 milliards d’euros, en progression de 3,6% sur un an, et un résultat opérationnel avant amortissements de 503 millions d’euros, en hausse de 5,4%. Canal+ compte aujourd’hui 27 millions d’abonnés répartis sur trois continents. La perte nette de 147 millions d’euros constatée sur l’exercice s’explique principalement par des éléments exceptionnels, notamment l’arrêt de la chaîne C8 et les coûts liés à l’acquisition du sud-africain MultiChoice. Début 2025, le groupe a confirmé une croissance organique de son activité et maintenu des perspectives d’amélioration progressive à partir de 2026, après une année 2025 encore transitoire.
Les perspectives de moyen terme reposent sur plusieurs leviers structurants. L’internationalisation constitue le principal moteur, avec l’intégration de MultiChoice, acquise pour environ 3 milliards de dollars, qui fait de Canal+ une plateforme de divertissement d’envergure mondiale, solidement ancrée en Europe et en Afrique. Cette opération offre une exposition privilégiée à des marchés africains à forte croissance démographique, encore peu équipés en offres de télévision payante et de streaming premium. Parallèlement, la montée en puissance des contenus exclusifs et du streaming renforce la différenciation du groupe face aux plateformes américaines, tout en s’appuyant sur son expertise historique dans les droits sportifs et le cinéma. La situation financière reste par ailleurs maîtrisée, avec une dette nette limitée et une bonne capacité à financer la croissance.
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