Les marchés : Le bras de fer Trump/ Iran
Le CAC 40 clôture à l’équilibre ce jeudi, +0,06% à 8 071 points, après plusieurs séances chahutées. Les investisseurs digèrent avant tout la dernière réunion de la Banque centrale américaine, qui a, sans surprise, maintenu inchangés ses taux directeurs hier soir. Un statu quo attendu, mais qui rassure temporairement des marchés toujours très sensibles au moindre signal monétaire. Dans ce contexte, la prudence reste clairement de mise.
Sur le front des valeurs, la séance a été contrastée. STMicroelectronics a offert un parfait exemple de volatilité, le titre termine la séance en recul de 5,75% après avoir pourtant gagné plus de 5% en début de séance. Le groupe a dépassé les attentes sur ses résultats annuels, porté notamment par la demande d’Apple, mais certaines banques et bureaux d’études s’interrogent sur la solidité de la reprise et sur une dépendance jugée trop forte à ce client clé.
À l’inverse, TotalEnergies s’illustre avec une hausse de 1,37%, profitant pleinement de la flambée des cours du pétrole, sur fond de bras de fer entre Trump et l’Iran. Schneider Electric et Legrand sont également bien orientés, dans le sillage du suisse ABB, dont les solides prises de commandes ont rassuré tout le secteur. On en reparle dans cette édition.
En toile de fond, la géopolitique continue de dicter le tempo. Le baril de Brent a franchi la barre des 70$ pour la première fois depuis septembre, alimenté par la crainte d’une escalade militaire entre Washington et Téhéran. Les déclarations musclées de Trump, évoquant la possibilité d’une intervention américaine si l’Iran ne parvenait pas rapidement à un accord sur le nucléaire, ravivent les inquiétudes sur l’offre mondiale de pétrole. Face à ces menaces, l’Iran a affirmé être prêt à répondre à toute attaque. Un climat explosif qui soutient les cours de l’or noir… mais rappelle surtout aux investisseurs que, malgré le rebond du jour, l’équilibre des marchés reste très fragile.
Les valeurs : Schneider Electric, Legrand, STMicroelectronics et Manitou
Schneider Electric et Legrand
Les bonnes performances du groupe suisse ABB (+8,73% en Bourse) profitent aux entreprises françaises Schneider Electric et Legrand, dont les actions progressent respectivement de 2,57% et 2,14% ce soir. Le spécialiste suisse des technologies de l’énergie et de l’automatisation a annoncé une forte hausse de ses commandes au dernier trimestre 2025, bien au-delà des attentes du marché, ce qui rassure les investisseurs sur la santé du secteur des équipements électriques.
ABB a enregistré un trimestre record, avec plus de 10 milliards de dollars de commandes, une croissance de ses revenus et une forte progression de son bénéfice, notamment grâce à ses contrats liés aux centres de données. Les investisseurs attendent désormais avec impatience les prochains résultats de Schneider Electric et Legrand, prévus les 26 et 12 février. Après -2,5% et +35% l’an dernier, les deux groupes progressent de 2% et 6,5% depuis le début de l’année à la Bourse de Paris.
STMicroelectronics
STMicroelectronics a publié des résultats également meilleurs que prévu, sans être exceptionnels, en grande partie grâce à Apple et au succès de l’iPhone 17. Le chiffre d’affaires de l’expert des puces électroniques est resté globalement stable sur un an, mais a progressé par rapport au trimestre précédent, avec une marge correcte. En revanche, son bénéfice par action a été plus faible que ce qu’espéraient les bureaux d’analyse, notamment à cause de charges exceptionnelles. La croissance a surtout été portée par l’électronique grand public et les produits destinés à Apple, tandis que l’activité automobile a déçu.
Pour début 2026, l’entreprise anticipe un léger recul de ses ventes, mais ses prévisions restent meilleures que ce que redoutait le marché. Malgré cela, la Bourse n’a pas du tout été convaincue, car la reprise du groupe semble encore timide et surtout très dépendante d’Apple. Clairement, elle n’est pas encore généralisée à tous ses métiers. Cette forte dépendance a été lourdement sanctionnée ce jeudi à Paris, avec une clôture dans les dernières places du CAC 40 et du SBF 120 : -5,75% à 23,53€. Malgré cette sanction journalière, le titre préserve un gain de 3,5% depuis le début de l’année.
Manitou
L’action Manitou s’envole en Bourse de 18,89% et clôture à 21,40€, après une publication très solide. Le groupe, spécialiste des engins de manutention et de levage utilisés dans la construction, l’agriculture et l’industrie, a signé un quatrième trimestre record avec un chiffre d’affaires de 721 millions d’euros, en hausse de 10% sur un an, porté principalement par la bonne dynamique en Europe.
Autre signal fort, les prises de commandes ont bondi de 37%, à 726 millions d’euros, portant le carnet de commandes à plus de 1,1 milliard d’euros, soit environ six mois d’activité sécurisée. Fort de cette visibilité, le groupe éligible au PEA-PME vise pour 2025 une rentabilité de 5,5% du chiffre d’affaires et table sur une croissance d’environ 4% en 2026, malgré un environnement encore tendu en Amérique du Nord. Depuis le début de l’année, le titre progresse de 8%.
La recommandation du jour : +43%* en 3 ans !
+13,5% ! C’est la hausse de l’action Canal+ ce jeudi à la Bourse de Londres, où le géant français est coté depuis sa scission avec sa maison mère Vivendi, en décembre 2024. Le groupe a dévoilé de solides résultats annuels ce matin, et nous avons rehaussé notre objectif de long terme. Depuis notre conseil d’achat le 17 novembre 2025, le titre s’est envolé de plus de 30%*.
Canal+ prévoit de réaliser d’importantes économies grâce au rachat de MultiChoice, un grand groupe africain de télévision et de streaming. À partir de 2030, ces économies pourraient dépasser 400 millions d’euros par an, notamment en mutualisant les achats de contenus et en réduisant les coûts technologiques. Dès 2026, les gains sont déjà estimés à plus de 150 millions d’euros par an.
Ce rachat permet aussi à Canal+ de devenir un acteur mondial majeur du divertissement, fortement implanté en Europe et en Afrique. Le groupe compte désormais environ 40 millions d’abonnés dans plus de 70 pays, contre 25,7 millions auparavant, et vise à terme entre 50 et 100 millions d’abonnés.
Il mise particulièrement sur le fort potentiel de croissance du marché africain, porté par l’augmentation de la population, le développement économique et l’accès croissant à l’électricité. Retrouvez ici la mise à jour de notre conseil et notre nouvel objectif boursier, réservés aux membres de la Communauté Bourse Privée.
Pas encore abonné ?
Testez gratuitement le service Meilleurtaux Bourse Privée pour découvrir tous nos services et conseils boursiers :
>> Je teste gratuitement le service Bourse Privée
Le monde d'après: Microsoft fait plier Wall Street
Wall Street change de ton. Après avoir applaudi sans réserve les investissements colossaux dans l’intelligence artificielle, le marché demande désormais des preuves. Les « hyperscalers » (voir lexique) comme Microsoft, Amazon, Google ou encore Meta sont entrés dans une nouvelle phase : celle de la rentabilité sous surveillance. Les centaines de milliards de dollars engloutis dans les data centers et les infrastructures IA ne sont plus jugés sur leurs promesses, mais sur leur capacité à générer de la croissance visible. Et le moindre faux pas se paie cash.
Microsoft en fait l’expérience. Sur le papier, les résultats trimestriels sont solides, avec un chiffre d’affaires et des bénéfices au-delà des attentes. Mais le marché n’a retenu qu’un chiffre, la croissance de la plateforme de cloud Azure, à 38%. Suffisant il y a encore quelques mois, trop juste aujourd’hui. Les investisseurs espéraient mieux, surtout au regard de l’ampleur des investissements consentis. Résultat, le titre décroche brutalement de 12%. Le message est clair, avec l’IA devenue un thème systémique, il n’y a plus de droit à l’erreur.
En toile de fond, une inquiétude monte, les dépenses progressent plus vite que les revenus, et les contraintes de capacité des data centers commencent à peser. Microsoft explique avoir arbitré ses ressources en faveur de ses propres applications IA, au détriment d’Azure. Un choix stratégique, mais qui ne rassure qu’à moitié. Dans ce nouveau cycle, Wall Street ne finance plus aveuglément la révolution de l’IA. Elle la mesure, trimestre après trimestre. Et désormais, ce sont les chiffres qui font la loi, et plus les promesses.
Outre les tensions entre les États-Unis et l’Iran, les résultats de Microsoft font plier Wall Street ce soir : le S&P 500 perd 1% et le Nasdaq 2%.
Demain à la Une : Séance chargée !
Ce soir, Apple et Visa publieront leurs résultats après la clôture des marchés, un rendez-vous qui devrait bien sûr animer les échanges demain. Les investisseurs suivront également de près les publications d’Exxon et Chevron, attendues ce vendredi. En parallèle, les révisions du PIB français, allemand et de la zone euro seront scrutées de près, tout comme les données sur l’inflation en Allemagne. Enfin, le bras de fer Trump / Iran restera au cœur des préoccupations. Bref ! La séance sera chargée.
Le lexique : Les hyperscalers
Les hyperscalers sont de très grandes entreprises technologiques qui possèdent et exploitent d’immenses infrastructures informatiques, comme des centres de données, capables de gérer d’énormes quantités d’informations et de services en ligne. Ils fournissent notamment des solutions de cloud, de stockage et de calcul à d’autres entreprises ou au grand public, permettant à des applications et sites web de fonctionner rapidement et à grande échelle. Les plus connus sont Amazon, Microsoft, Google et Meta.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.