Lundi 09 mars

Les marchés : Le pétrole dicte la bourse

La guerre en Iran, désormais entrée dans sa deuxième semaine, continue de dicter le tempo des marchés financiers. Le blocage du détroit d’Ormuz a propulsé le baril de pétrole au-delà des 100 dollars, ravivant brutalement les craintes inflationnistes. Dans ce climat tendu, les investisseurs ont d’abord cédé à la panique en début de séance, avec un CAC 40 en chute de près de 3%. L’indice français limite finalement la casse et clôture en baisse de 0,98% à 7 915 points, soutenu par trois champions liés à la défense, aux semi-conducteurs et à l’énergie : Thales (+2,6%), STMicroelectronics (+2%) et Total (+1,3%).

Le pétrole reste au cœur de toutes les attentions. Le Brent, qui évoluait autour des 70$ avant le conflit, s’échange désormais au-dessus des 100$ et a même brièvement approché les 120$ cette nuit. Cette flambée s’explique par la paralysie du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Pour les marchés, le risque est double : un choc énergétique susceptible de raviver l’inflation et des banques centrales qui pourraient être contraintes de retarder leurs baisses de taux.

Cette tension se lit aussi dans l’indice de volatilité VIX, souvent surnommé « l’indice de la peur », qui est passé d’environ 15 points en février à près de 35 ces derniers jours. Un niveau qui traduit un regain brutal d’aversion au risque et un repositionnement des investisseurs vers des actifs plus défensifs. Dans ce contexte incertain, la préservation du capital prend le pas sur la recherche de performance, tandis que Wall Street recule (-0,3% pour le S&P 500) également, pénalisée par la flambée des prix de l’énergie et ses potentielles répercussions sur l’économie mondiale.


Les valeurs : Airbus et Renault

Airbus

Airbus, Rheinmetall et OHB (une entreprise allemande spécialisée dans les satellites) devaient se concurrencer sur un appel d’offre de l’armée allemande. Finalement, ils proposent de s’unir. L’objectif est de créer ensemble d’ici à 2029 un réseau d’environ 100 petits satellites, comparable à un “Starlink militaire”, pour permettre aux chars, avions, drones, navires et soldats de communiquer de façon indépendante et sécurisée. Ce contrat pourrait valoir entre 8 et 10 milliards d’euros, dans un contexte où l’Allemagne prévoit d’investir massivement dans la défense spatiale.

Dans cette alliance, Airbus et OHB construiraient les satellites, tandis que Rheinmetall s’occuperait de connecter les systèmes militaires sur le terrain. Ce rapprochement s’explique notamment par l’ampleur du contrat, qui permet de partager les rôles et les revenus, mais aussi par des raisons techniques : Airbus a déjà l’expérience des satellites de communication, alors qu’OHB en a moins dans ce domaine. En travaillant ensemble, les groupes évitent aussi de dépendre davantage de technologies américaines.

Cette union peut aussi arranger le ministère allemand de la Défense, car elle réduit le risque de recours juridiques entre concurrents et peut faire gagner du temps sur un calendrier jugé très serré. En revanche, cette situation pose un problème majeur : en supprimant la concurrence, elle pourrait faire grimper la facture pour le contribuable allemand. Certains députés allemands, déjà attentifs aux dépenses militaires, pourraient donc voir cette alliance d’un très mauvais œil. Airbus clôture à l’équilibre ce lundi, à 175,42€ (-11,5% en 2026, +28% en 2025).


Renault

Renault traverse une période difficile en Bourse. Les investisseurs s’inquiètent de plusieurs éléments : la concurrence grandissante des constructeurs chinois en Europe, des objectifs financiers jugés un peu trop faibles pour 2026, et le départ de Luca de Meo, l’ancien patron qui avait largement participé au redressement du groupe. Même si Renault a publié des résultats globalement corrects en 2025, le marché a été déçu par ses prévisions. Le groupe prévoit une rentabilité et une génération de trésorerie plus faibles cette année, notamment parce qu’il veut rester prudent et parce que les ventes de voitures électriques et à l’international rapporte, pour l’instant, moins que ses modèles thermiques et hybrides vendus en Europe.

Renault va donc tenter de rassurer les investisseurs avec la présentation de son nouveau plan stratégique demain. Le groupe veut montrer qu’il peut continuer à croître tout en gardant une discipline stricte sur les coûts. Il mise sur des voitures plus compétitives, des technologies électriques moins coûteuses, des délais de développement plus rapides et une meilleure efficacité industrielle. Il compte aussi poursuivre sa politique qui privilégie la rentabilité plutôt que la course aux volumes. Certains bureaux d’études pensent que Renault a de vrais atouts : des produits jugés solides, un nouveau dirigeant considéré comme pragmatique, et des efforts sérieux sur les coûts. Ils estiment aussi que l’action a peut-être trop baissé.

D’autres restent prudents, car le marché européen est difficile, la pression concurrentielle est forte, et la réussite du groupe dépendra beaucoup de sa capacité à réussir hors d’Europe. En somme, Renault a encore des arguments pour convaincre, mais le plus important sera désormais de prouver, trimestre après trimestre, que sa stratégie fonctionne réellement. Le titre cède 1,58% ce soir, à 28,06€ et creuse ses pertes à 20% depuis le début de l’année (-25% en 2025).


La recommandation du jour : 2 valeurs mystère de long terme

Nous vous l’annoncions vendredi soir. C’est chose faite : ce lundi, nous avons relevé notre objectif de long terme sur l’une de nos opérations préférées au sein de notre portefeuille défensif. Malgré le contexte général, fortement baissier en Bourse, le titre préserve pour le moment plus de 8% de hausse depuis le début de l’année, après une explosion haussière de 55% l’an dernier.

Déjà relevé début décembre, notre objectif se rapprochait et il était grand temps de le rehausser. Nous gardons en effet un avis positif sur ce fleuron français pour les trimestres à venir. Nous tablons désormais sur une hausse de 35% par rapport au cours actuel, à horizon trois ans. Cette semaine, nous vous enverrons par ailleurs un tout nouveau conseil de long terme. Stay tuned !

Compte tenu de la situation, nous avons décidé de prolonger de quelques jours notre offre exceptionnelle sur Bourse Privée, notamment pour ceux qui voudraient tester gratuitement notre service et découvrir nos derniers contenus et conseils :

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Le monde d'après :-1000 Millliards de dollars

L’éclatement du conflit au Moyen-Orient a brutalement secoué les marchés émergents. Face à la montée des tensions après les frappes américaines et israéliennes en Iran, les investisseurs ont rapidement réduit leur exposition aux actifs risqués. Actions, devises et obligations émergentes ont enregistré en moyenne leurs plus fortes pertes hebdomadaires depuis trois ans, tandis que les capitaux se sont réfugiés vers les valeurs refuges comme le dollar, les obligations plus sûres ou les liquidités. L’indice MSCI des marchés émergents (voir lexique) a ainsi perdu plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation en quelques jours, illustrant l’ampleur du mouvement de panique.

Cette correction intervient pourtant après une période particulièrement favorable pour ces marchés. Depuis début 2025, les flux vers les actions et la dette émergente avaient fortement progressé, portés par la recherche de rendement et par une amélioration des fondamentaux économiques. Plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite, le Mexique ou la Turquie, avaient profité de conditions financières favorables pour émettre massivement de la dette et attirer les investisseurs internationaux.

Malgré les turbulences actuelles, certains stratégistes estiment que les marchés émergents disposent aujourd’hui de bases plus solides pour résister aux chocs externes. Des banques centrales plus crédibles, des finances publiques assainies et une diversification croissante des flux d’investissement, notamment en provenance d’Asie et du Moyen-Orient, pourraient soutenir ces économies dans les prochains mois, et années. Le principal risque reste toutefois une flambée durable du pétrole, qui pourrait raviver l’inflation mondiale et fragiliser l’équilibre encore fragile de ces marchés. Affaire à suivre dans les semaines à venir !


L'agenda du lundi : L'Iran et le pétrole

La situation au Moyen-Orient va bien sûr continuer de concentrer l’essentiel de l’attention des marchés. En théorie, quelques publications économiques pourraient malgré tout intéresser les investisseurs dans les prochains jours, notamment les derniers chiffres de l’inflation aux États-Unis, en Allemagne et en France. La croissance américaine sera également révisée cette semaine. Côté entreprises, Rheinmetall, Volkswagen, Vivendi, Adobe, BMW, JCDecaux, Eurazeo et Rubis publieront leurs résultats financiers. Mais à nouveau, l’évolution des prix de l’or noir devrait largement éclipser l’actualité boursière des prochains jours. On en reparle dans les prochaines éditions !


Demain à la Une : Et en plus... Oracle !

Histoire d’ajouter un peu de tension sur les marchés, Oracle, maillon faible de l’écosystème américain de l’IA, publiera demain ses résultats… La séance sera donc à la croisée des deux sujets les plus sensibles du moment : la géopolitique et les craintes autour de l’IA. Dans une moindre mesure, ce mardi sera également rythmé par la balance commerciale chinoise, la révision du PIB japonais, les ventes de logements anciens aux États-Unis et les résultats du géant allemand Volkswagen.


Le lexique : L’indice MSCI Emerging Markets

L’indice MSCI Emerging Markets est un indice boursier de référence qui regroupe de grandes et moyennes entreprises cotées dans les principaux pays émergents, comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. Il sert à mesurer l’évolution globale de ces marchés et permet aux investisseurs de suivre la performance des actions des économies en développement. C’est aussi un indice très important dans l’univers des ETF, car de nombreux fonds indiciels l’utilisent comme référence pour investir simplement et en une seule fois sur les actions émergentes.


* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.

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