Depuis le sommet Européen, les investisseurs ont changé de sujet d'inquiétude sur l'Europe. Avant c'était la dette, aujourd'hui c'est la croissance. Il faut dire que les indicateurs pointent vers une récession durable et même un ralentissement en Allemagne. La croissance va devenir le sujet numéro un de préoccupation et ce n'est pas le plan ridicule de croissance qui va rassurer.
Encore des indicateurs hier sur le ralentissement de l’économie en Europe
On a encore eu une salve d’indicateurs économiques décevants. Par exemple les indices de sentiment des directeurs d’achat sont en baisse sur la zone euro à des niveaux qui sont clairement dans des zones de récession. Même l’Allemagne marque le pas et de façon très claire. L’Allemagne subit maintenant de plein fouet le ralentissement des autres pays européens. On a l’impression maintenant qu’on a avancé sur le sujet de la dette et des déficits au dernier sommet européen, que c’est la croissance qui devient la préoccupation principale des investisseurs. Hier, c’est très clairement les inquiétudes sur la récession européenne qui ont fait décrocher l’euro alors que les taux des emprunts d’état Italiens ou Espagnols étaient stables.
Et la croissance ne se décrète pas
On peut se mettre d’accord sur la dette. On peut se fixer des objectifs sur les déficits. Mais la croissance elle ne se négocie pas à un sommet. Ce n’est pas le plan ridicule dit plan de croissance destiné à flatter l’ego des dirigeants Français et à leur faire avaler la pilule de l’austérité qui va permettre de résoudre ni même d‘améliorer le problème de la croissance. La banque Centrale va probablement baisser ses taux aujourd’hui mais là encore, entre 1% et 0.75%, la différence ne se fera pas sentir sur la croissance. La croissance est en panne et le potentiel de relance est limité.
Quelles sont les mesures qui pourraient favoriser la croissance ?
Un pays peut jouer un rôle, une fois de plus, déterminant. C’est l’Allemagne. L’Allemagne a annoncé qu’elle parviendrait plus rapidement que prévu à l’équilibre budgétaire. Elle a donc des munitions aujourd’hui pour relancer la consommation des ménages surtout que le chômage est au plus bas depuis 20 ans. Et une relance en Allemagne aurait un impact significatif dans toute l’Europe. Car il n’y a rien à attendre pour l’instant des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou encore l’Italie qui entre leurs dettes, leurs déficits et leurs chômages n’ont aucune marge de manœuvre. Quant à la France, ce n’est pas en s’acharnant sur les entreprises et les entrepreneurs qu’elle créera de la croissance. Il va falloir que l’Europe prenne le problème de la croissance aussi sérieusement que le problème de la dette. Car si la récession continue, la dette dérapera à nouveau. Et ce sera encore le cercle vicieux. Il faudra envisager des vraies solutions de fond et pas des solutions de simplicité et de médiocrité comme le plan de croissance.