Les images des émeutes anti-Mondial au Brésil sont saisissantes. Encore plus saisissant les propos des personnes interrogées: "la réalité de la vie quotidienne du Brésil n'a rien à voir avec la fable qu'on raconte aux étrangers". La fable c'est ce Brésil eldorado des nouvelles classes moyennes. Pour les investisseurs, le réveil rest rude. Au Brésil, comme en Argentine et bientot en Asie du SudEst
L'indice de la bourse de Sao Paulo a perdu prés de 20% depuis le début d'année après une année 2012 médiocre. L'indice MSCI Amérique Latine 15%. La Bourse Argentine a perdu 14% depuis un mois.
La belle histoire qui a fait rêver des investisseurs consentants est connue: le Brésil en particulier, et une grande partie de l'Amérique latine, a une population dont une partie émerge de la pauvreté pour enfler les rangs d'une classe moyenne qui va consommer, voyager et acheter des produits de luxe. Et à cela on ajoute le fabuleux réservoir de matières premières.
L'histoire n'est pas totalement une fable.
Elle a une part de vérité.
Le Brésil, et l'Amérique Latine, constituent des vastes pôles de croissance future.
Mais cela ne se fera pas sans accrocs, sans "crise de croissance".
L'Amérique Latine est entrée depuis longtemps dans une phase de "Boom and Bust". Une succession de périodes d'euphorie et de périodes de dépression.
Et la période actuelle est une période violente de correction.
Une correction des excès des dernières années provoquée par l'afflux de capitaix étrangers et par une bulle du crédit. On retrouve une situation similaire à celle des Etats Unis avant la crise des subprimes. Excès, laxisme et un gouvernement dépassé par les attentes sociales qu'il a favorisées. Avec des dirigeants qui ne sont pas à la hauteur. Dilma Roussef n'est pas Lula, Cristina Fernandez a dépassé depuis longtemps son seuil d'incompétence.
Le réveil pour les investisseurs béats est brutal. Il est encore plus brutal pour les Brésiliens et les Argentins qui avaient fini par croire à leur propre fable.