Le rapport mensuel sur l'emploi américain, habituellement très surveillé par le marché car il permet d’anticiper l’évolution de la politique monétaire, vient d’être publié. Et celui-ci n’est pas bon.
Les Etats-Unis ont créé en effet 148 000 emplois nets au mois de septembre, contre 193 000 en août, signe que le rythme de créations ralentit. Par ailleurs, les créations sont inférieures aux attentes des économistes qui s'attendaient à la création de 180 000 emplois nets aux Etats-Unis en septembre. En revanche, bonne nouvelle du coté du taux de chômage qui reflue à 7,2% en septembre, après 7,3% en aout.
Le rapport témoigne donc d’une faiblesse dans le rythme des créations en septembre. Or ce rapport était d’autant plus scruté à la loupe depuis que le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, avait préparé les investisseurs au début de l’été à une éventuelle diminution des mesures d'assouplissement quantitatif de la banque centrale. Mais avec le shutdown, et l’incertitude qui en découle, les anticipations ont changé.
Etant donné les nombreuses incertitudes autour de la vigueur de la reprise économique, puisqu’avec le shutdown, beaucoup de retard dans la collecte et le traitement des données a été pris, le consensus est désormais persuadé que la Fed attendra d’avoir une idée précise sur l’état de santé du marché de l’emploi avant de réduire son programme d’assouplissement quantitatif.
Or, les indicateurs économiques relatifs à l’emploi qui viennent d’être rendus publics n’incitent pas à l’optimisme. Et compte tenu de son éventuel impact négatif sur l'économie américaine, le marché ne s'attend plus à ce que la banque centrale américaine commence à réduire ses rachats d'obligations avant au moins le début de l'année prochaine.
En clair, la planche à billet va continuer de tourner au moins jusqu’à la fin de l’année. De quoi propulser l’euro au dessus des 1,3740 face au dollar, tandis que la devise américaine restait stable face aux autres devises. Alors qu’il s’inscrit en hausse de 0,26% face au yen, pour s’échanger à 98,43 yens, le billet vert tombe au plus bas depuis 2 ans face à la devise monnaie unique qui a testé un point haut à 1,3748$. Signe d’un regain d’appétit pour le risque, l’euro bondit de 0,72% face au yen pour s’installer confortablement au dessus du seuil des 135 yens, à 135,18 yens.