L’euro qui parie depuis le début de l’année sur le lancement d’un vaste programme de rachat d’obligations souveraines de la part de la BCE jeudi prochain remonte la pente. En baisse de 5% sur un mois, la devise européenne rebondit de 0,71% pour s’échanger au dessus du seuil des 1,16$, à 1,1636$.
Pourtant il y aura bien un QE. En témoigne le fait que le directoire de la Banque centrale européenne a proposé aux gouverneurs un programme de rachats d'obligations d'un montant d'environ 50 milliards d'euros par mois qui durerait au minimum un an, ont indiqué des sources proches du dossier.
Le directoire de la BCE s'est réuni aujourd’hui pour prendre une décision sur cette proposition, qui constituera la base des délibérations du conseil des gouverneurs de la banque centrale jeudi, ont ajouté ces sources. Les modalités et le montant définitifs du plan pourraient évoluer en fonction du débat entre les gouverneurs. Les incertitudes restent donc nombreuses, notamment sur la maturité des obligations et leurs notes de crédit.
En attendant, la proposition du directoire montre que la BCE pourrait prendre des mesures plus vigoureuses que ce à quoi s'attendent les marchés financiers. Les dernières prévisions des analystes concernant un plan d'assouplissement quantitatif tournaient autour d'un montant d'au moins 500 milliards d'euros, alors que la proposition indique que les achats d'obligations de la BCE pourraient s'élever à 600 milliards d'euros au minimum.
L’euro prend le contrepied de cette nouvelle et s’inscrit en hausse, signe que la perspective d’un QE européen était déjà dans les cours. La devise européenne grimpe de 0,6%, à 1,1632$ mais recule de 0,34% face au yen à 136,54 yens.
A noter que la devise japonaise reprend de la hauteur, tandis que le dollar lui perd du terrain. En raison de ce double mouvement, le billet vert recule de 1%, à 117,52 yens.