Le bras de fer qui oppose la Grèce à l’Europe renforce l’aversion au risque. Car de fait, le dialogue de sourd se poursuit entre le nouveau gouvernement grec et ses créanciers.
Dans son discours de politique générale, le nouveau premier ministre grec Alexis Tsipras s’est montré offensif.
Il a notamment a déclaré qu'il n'accepterait pas une prolongation du programme d'aide, censé s'achever à la fin du mois.
A la place, le gouvernement prévoit de présenter un plan de financement et de réformes d'ici au 25 février. Le nouveau gouvernement grec refuse de poursuivre la politique d'austérité qui a été imposée en 2010 à la Grèce en échange d'un plan d'aide international et demande à la place un "plan-relais" jusqu'à un accord définitif avec ses partenaires européens.
Il veut notamment négocier un dispositif transitoire qui permettrait à l'Etat d'émettre plus de titres de dette à court terme et d'accéder au 1,9 milliard d'euros de bénéfices réalisés par les banques centrales de la zone euro grâce à la dette grecque.
Une intransigeance qui passe mal en Allemagne. M. Schäuble, le ministre des finances allemand s’est montré intraitable :"S'ils (les Grecs) veulent notre aide, il faut un programme" en bonne et due forme. "Je n'ai toujours pas compris comment le gouvernement grec veut s'y prendre", a-t-il lancé avant de conclure "Ce n'est pas nous qui avons besoin d'un programme. L'Allemagne n'a pas besoin d'un programme. Je suis prêt à donner toute l'aide qu'on veut, mais si on ne veut pas de mon aide, très bien", a encore dit M. Schäuble.
Pas de quoi écorner cependant l’optimisme du gouvernement grec pour qui "Il y a un intérêt commun à surmonter cette crise. Je suis optimiste sur le fait que nous parviendrons à un compromis avec nos partenaires européens", a déclaré le ministre des finances grec M. Varoufakis.