Mercredi 27 avril

Révolution à la Fed. Souvent décriée pour son manque de transparence, l’institution, à travers son président, va se plier pour la première fois de son histoire à l’exercice périlleux de la conférence de presse

Un grand oral d’autant plus attendu par les marchés qu’ils prendront acte simultanément des prévisions économiques trimestrielles de la Fed et de l’avenir de la politique monétaire.

Ben Bernanke devra répondre à deux enjeux : la sortie de la politique de taux zéro et l’avenir de la politique d’assouplissement quantitatif, censée prendre fin en juin. Autant le dire tout de suite, sauf coup de théâtre, le taux directeur de la Fed ne bougera pas d’un iota, et continuera de fluctuer dans une fourchette de 0 à 0.25% comme c’est le cas depuis décembre 2008.

En revanche, le mystère reste entier concernant l’abandon progressif des rachats d’obligations à long terme du trésor. Depuis novembre dernier, la Fed a racheté pour 626 milliards de dollars d'obligations américaines ce qui portera d’ici juin le montant total à 900 milliards de dollars. Si mise en œuvre d’un QE3 il y a, ce que certains pensent, Bernanke devrait l'évoquer dès ce soir, puisque la prochaine réunion du Comité de politique monétaire aura lieu après la date prévue de fin du QE2.

Mais cette hypothèse semble s’éloignée alors que des voix dissonantes au sein du comité monétaire se font de mieux en mieux entendre pour opérer un virage à 180°. Il faut dire que les arguments ne manquent pas. La monétisation de la dette publique est un instrument à manier avec moult précautions, puisqu’elle a dilué la valeur du dollar, encouragé le carry trade vers les pays émergents et réveillé le spectre de l’inflation. Autre argument de taille : La situation budgétaire des Etats-Unis est devenue incontrôlable alors qu’ils auront besoin d'émettre environ 150 milliards de dollars d'obligations chaque mois pour financer leur déficit.

Si la Fed, qui rachète pour deux tiers des obligations émises par le trésor depuis novembre se défausse, qui achètera de la dette américaine ? La Chine cherche par tous les moyens à diversifier ses réserves de changes, afin d’être moins dépendante de la fluctuation du billet vert. Quant au Japon, deuxième acheteur étranger de dette américaine, le cout de la reconstruction, qui s’ajoute à une dette publique qui représente deux années de production, ne lui permettra pas d'acheter des T-Bonds. La conséquence logique est la montée des T-bonds, ce qui alourdirait mécaniquement le poids de la dette et pourrait précipiter l’oncle Sam dans un gouffre financier.

Reste deux options, mais qui ne plairont pas à tout le monde. Laisser filer l’inflation (ça tombe bien elle s’accélère) et pratiquer la dévaluation compétitive.

Et c’est justement ce scénario qui se dessine. En effet, convaincus que la Fed ne lèvera pas le petit doigt pour endiguer la montée des pressions inflationnistes, les cambistes vendent massivement le billet vert. Ce dernier est retombé hier soir au plus bas depuis août 2008 face à l’euro, à 1.4712. La veille, il s’échangeait à un plancher historique face au franc suisse à 0.8745. Puisque les Etats-Unis ne sont plus à un paradoxe près, c’est le moment que Timothy Geithner a choisit pour affirmer que son pays n’adopterait jamais la stratégie d’affaiblir le dollar.

En tout cas, à quelques heures de la première conférence de presse, Wall Street, accro aux liquidités apportées par la Fed, ne veut pas croire à la fin d’une politique monétaire ultra accommodante. Preuve de son optimisme aveuglant, ces trois principaux indices se sont offert le luxe d’inscrire une série de records annuels.

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