Mario Draghi s'est adressé hier à la Commission Européenne. Et il a été d'une rare sévérité et d'une clarté absolue. L'heure des rafistolages est terminée. Les gouvernements Européens doivent décider, maintenant, s'ils sont toujours engagés dans le projet européen et si c'est le cas s'engager pour plus de fédéralisme et des vraies réformes structurelles. Sans cela...plus d'Europe.
On attendait une réaction de la banque Centrale Européenne sur les problèmes bancaires notamment en Espagne et Mario Draghi s’est exprimé hier
Et si on attendait une intervention rapide ou au moins un peu de réconfort du côté de la Banque Centrale Européenne, on a été un peu surpris. Mario Draghi a été d’une très grande sévérité vis-à-vis des gouvernements européens, pour ne pas dire d’une rare brutalité. Pas question pour lui que la banque Centrale Européenne vienne jouer les pompiers tant que les gouvernements n’auront pas fait leur boulot. Et pour lui les gouvernements des pays européens en difficulté n’ont fait qu’une toute petite partie du chemin. Il a critiqué, avec une pointe d’exaspération, le fait que les gouvernements sous-estiment systématiquement les problèmes de leurs banques comme dans le cas de Dexia ou de Bankia et font du rafistolage sans vision à son terme
Il appelle à une union bancaire Européenne
Il pense, et il a raison, que les problèmes des banques doivent se résoudre au niveau européen avec notamment une Autorité bancaire Européenne. En fait, ce qu’il veut, pour que la Banque Centrale Européenne intervienne massivement, c’est que les gouvernements se mettent d’accord sur une vision de l’Europe et arrêtent de courir après la crise avec un métro de retard. Il a rarement interpellé les gouvernements européens aussi directement et aussi sévèrement et ils leur posent la question que tous les investisseurs se posent : voulez-vous que la zone euro survive ? Voulez-vous que l’euro survive ? Etes vous prêts à tous vous engager dans cette direction.
En fait ce qu’il demande c’est plus d’Europe
La Banque Centrale européenne et l’Allemagne sont exactement sur la même longueur d'onde. Ils veulent plus d’Europe, c'est-à-dire un vrai fédéralisme, et plus de réformes structurelles. Sans cela, pour eux, la zone euro n’a pas d’avenir. Ce qu’a dit Draghi hier est fondamental : l’heure des solutions à court terme est passée. Il faut repenser la construction de la zone euro dès maintenant. Et répondre clairement aux questions qui se posent. Pas demain. Ni après demain. Aujourd’hui. Son leitmotiv va être : aide toi, et la BCE t’aidera.