Ce que vous ne savez peut être pas sur les turbos

lundi 04 mars
Auteur: Rédaction Monfinancier
Il y a 7 ans - Le 04/03/2013 à 09h03

En théorie, les turbos sont des produits relativement simples. Leur valeur se calcule en faisant la différence entre le niveau du sous-jacent et le strike, divisé par la parité. Mais dans certains cas, d'autres critères entrent en compte.

L'effet devise

Comme indiqué dans notre dossier sur les turbos, la valeur d'un turbo est égale la différence entre le strike et le cours du sous-jacent, divisée par la parité.

Lors de ce calcul, il faut faire attention à la devise dans laquelle se calcule cette valeur, qui est celle du sous-jacent. Ainsi, avec certains type de sous-jacent (matières premières, indices internationaux, devises), il est parfois nécessaire de convertir en euro.

Prenons l'exemple du turbo call dollar yen 6961N, conseillé il y a quelques jours aux abonnés MF Privé. Le turbo a une parité de 0.1 et un strike de 82,527 yens. Si le dollar/yen vaut 92.6 yens environ, le turbo vaudra 1010 yens (92.6 – 82.527 divisé par 0.1). On divise ensuite par le cours de l'euro yen pour obtenir un niveau du turbo égale à environ 8.35 euros.

Certains turbos sont « quanto », c'est-à-dire qu'ils ne subissent pas d'effet de change. Par exemple, un turbo quanto sur le dollar/yen avec un strike de 82.527 yens vaudrait dans l'exemple ci-dessous 1010 euros (ou 10.10 euros ou 1.010 euros selon la parité).


Le roll over

Sur certains marchés, il est difficile pour l'émetteur d'un turbo d'offrir une exposition au prix comptant du sous-jacent. Par exemple, sur les matières premières, le prix comptant est le prix d'un produit immédiatement disponible, donc physiquement livrable dans un délai très court. Cela entraîne trop de coûts (transport, conservation, entretien). D'autres produits sont difficile à acquérir (OAT) voire impossible (VIX).

C'est pourquoi les émetteurs préfèrent souvent aux contrats futurs qu'on trouve sur les bourses de produits dérivés (Eurex, CME, ICE,…). Ces contrats futures ont des échéances (Généralement tous les trois mois voire tous les mois). Lorsque les turbos sont sans échéance, ou lorsqu'ils ont une échéance plus longue que les contrats à terme, les émetteurs des produits sont obligés de pratiquer le « roll over » :
Lorsque le contrat à terme arrive à échéance, l'émetteur doit « Roller » sa position, c'est-à-dire qu'il vend ses futures qui arrivent à échéance et qu'il rachète l'échéance suivante.

Le prix du sous-jacent va donc changer puisqu'on change de futures. En théorie, cela n'a pas d'incidence sur le prix du turbo : En effet, les caractéristiques du produit (strike, barrière désactivante) seront modifiées dans les mêmes proportions. Prenons l'exemple du turbo call VIX 6X77Z, conseillé il y a quelques semaines aux abonnés MF Privé. Le sous-jacent est actuellement le contrat Mars, qui vaut 16.70, et qui arrive à expiration le 19 Mars. Quelques jours avant cette date, l'émetteur va vendre ses contrats pour acheter l'échéance suivante, le contrat Avril qui vaut 17.13. Le prix du sous-jacent va donc augmenter de 3%. Mais le strike va également monter de 3%, ce qui fait que le prix du sous-jacent va rester stable.

Par contre, les contrats futures ont une valeur temps. Plus ils se rapprochent de leur échéance, plus ils se rapprochent du prix spot. Ainsi, leur prix a tendance a baissé ou grimpé dans le temps, toute chose égale par ailleurs, ce qui entraine automatiquement une baisse/hausse du turbo


Le risk premium

Si certains turbos ont des échéances, d'autres, qu'on appelle, turbo « open end », « infini » ou encore « illimité », n'en ont pas. Le turbo peut donc coter indéfiniment. C'est avantageux même si le turbo va subir une érosion avec le temps.

Pour un turbo call, l'émetteur finance l'investissement sur le sous-jacent jusqu'au niveau de financement (strike). Ainsi, c'est une sorte de prêt que vous accorde l'émetteur. Il va donc se rémunérer en appliquant sur le niveau de financement des intérêts (au taux du marché) plus des frais. Le taux sans risque choisi est généralement l'euribor 1 mois (environ 0.12% actuellement) tandis que la marge de l'émetteur est, en fonction du sous-jacent (et surtout de sa liquidité), comprise entre 1.5 et 4%. On a donc un taux de financement (ou risk premium) compris entre 1.5% et 4.5%.

Pour connaitre le niveau du risk premium, il faut se rendre sur la fiche du produit sur le site de l'émetteur. Sur le turbo call dollar/yen 6961N, il est de 1.94%, tandis que sur le turbo call VIX 6X77Z, il est de 3%.

Pour les turbos illimitées, le strike est recalculé tous les jours, tandis que la barrière désactivante est réajustée mensuellement, généralement le 15

Pour les turbo put, c'est l'inverse car une vente à découvert revient à recevoir le niveau de financement. En fait, l'émetteur verse des intérêts mais prélève des frais. Généralement les frais sont plus élevés que les intérêts, ce qui fait que le taux est négatif, et donc que le niveau de financement diminue dans le temps.

Prenons l'exemple du turbo put LVMH F017Z, conseillé il y a quelques semaines aux abonnés MF Privé. Le risk premium est de -4%. Cela signifie que sur un an, le strike devrait passer de 154.7 à 148.55 et la barrière désactivante de 147.8 à 141.9.

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