Analyse générale
Les indices boursiers sont en chute libre depuis plusieurs jours. Les marchés ont voulu ignorer le coronavirus. Mais la propagation de l'épidémie en dehors de Chine a semé le trouble. À ce stade, on est dans la correction. Une correction c'est 10% de baisse. Si on baisse de plus de 20%, on entre, techniquement, dans un "bear market", un marché baissier. Nous ne sommes pas encore dans un krach non plus, même si la baisse a été spectaculairement violente et rapide.
Le coronavirus n’est pas la seule explication à cette panique boursière. Il est simplement l’élément déclencheur. Le "wake-up" call pour les investisseurs qui sont dans un optimisme béat depuis janvier 2018, du fait du changement de politique monétaire de la Banque centrale américaine.
Le ralentissement touche évidemment directement la Chine, la Corée du Sud et tous les pays que l'épidémie a frappés. Mais il a mis un coup d'arrêt au commerce mondial et à des pans entiers de l'économie comme le tourisme. Si la situation s'améliore rapidement, avec l'effet rattrapage, la croissance mondiale ne serait pas affectée de plus de 0.2% sur l'année.
Et maintenant, on rentre dans des zones d’exagération sur les marchés. Mais la situation est tellement particulière que la baisse peut encore s'amplifier. Il faut donc être prudent, très prudent, mais à l’affût.
La Banque centrale américaine a décidé de baisser ses taux de 0.5%.Après une réaction immédiate positive, les indices boursiers américains ont rechuté. Le patron de la FED, Jay Powell, a donc cédé à la pression des investisseurs et à la pression de Donald Trump qui réclame déjà de nouvelles baisses de taux.
Le coronavirus va servir de prétexte à tous les pays, comme la France, qui veulent faire de la relance budgétaire alors qu'ils ont déjà un déficit budgétaire et une dette élevés.
Certes, le coronavirus a des conséquences immédiates très négatives pour l'économie, mais on va assister dans les jours qui viennent à un déferlement de mesures de relance extraordinaires dans le monde. Les banques centrales vont évidemment encore ouvrir les vannes de la liquidité. Et les gouvernements vont rivaliser avec des relances budgétaires massives.
Ces actions devraient provoquer un rebond des indices boursiers, au moins à court terme.
Le moment nous semble donc opportun pour initier une position haussière sur l'indice CAC 40 et viser un rebond, en conservant une marge pour renforcer si la baisse s'amplifie.