Analyse générale
Le secteur bancaire est l’un des secteurs économiques qui suscitent le plus d’attention de la part des autorités de régulation et de l’opinion publique. En effet, la crise des "subprimes" et les conséquences que nous ressentons plus d’une décennie après (hystérèse du chômage, déficits publics, passif des banques centrales) ont particulièrement affecté l’image des sociétés de crédit.
Quand bien même la crise actuelle ne soit pas de leur responsabilité, les regards restent tournés vers les sociétés financières. Et pour cause, du fait de son caractère systémique, le secteur financier est surveillé comme le lait sur le feu. Cependant, ce dernier surprend positivement. En effet, les bilans des « Too big to fail » (Banques de grande taille) sont bien plus solides et plus transparents qu’il y a 14 ans. La restructuration profonde des établissements financiers et le soutien monétaire des banques centrales que nous avons connus durant la période 2017-2019 n’ont pour autant pas permis un regain de confiance des investisseurs. Les principales raisons sont que le business model des banques est mis à mal par les taux bas. La faiblesse des spreads entre les rendements des obligations court terme et des obligations long terme, que l’on appelle « courbe des taux », a un impact négatif sur les marges des sociétés bancaires. Enfin, la concurrence des néo-banques leste l’envolée des valeurs bancaires sur les marchés actions.
Le scénario de reflation devenant de plus en plus probant dans l’esprit des marchés, nous assistons à une hausse du rendement des obligations long terme. Les plans de relance mis en place par les gouvernements européens et américain ont tendance à être tournés vers la demande (soutien des ménages) plutôt que l’offre ( financement de projets structurels). En conséquence, les économistes anticipent un bond de l’inflation au-dessus de ses niveaux de long terme. De plus, le discours laxiste des banquiers centraux vis-à-vis d’une éventuelle surchauffe de l’économie abonde dans le sens de la théorie de la reflation à moyen terme. Enfin, il est à noter que les banques commerciales sont à nouveau autorisées à verser des dividendes. Il y a donc un alignement des planètes en faveur du secteur bancaire. Du fait de l’abondance des liquidités, certaines valeurs bancaires pourraient y gagner davantage.
BNP Paribas est la valeur bancaire qui attire le plus notre attention. La première banque française a levé le voile sur ses résultats du quatrième trimestre. Que de bonnes surprises !
En 2020, le résultat net du groupe a certes reculé de 13,5%, mais le consensus anticipait une baisse comprise entre 15 et 20 %. Cette dégradation s'explique par la forte progression du coût du risque du fait de l'impact du Covid-19 sur l'économie.
Cette surperformance conjuguée au retour du dividende et à des rachats d'actions permet à BNP Paribas d’être la coqueluche des boursicoteurs. Sur les trois derniers mois de 2020, le produit net bancaire a baissé seulement de 4,5%. Au 31 décembre 2020, le ratio de fonds propres s'élève à 12,8% en hausse de 70 points sur un an et au-dessus de l'objectif de la banque de 12%.
BNP Paribas se trouve donc en position confortable pour rémunérer de nouveau ses actionnaires. Elle va proposer de verser un dividende de 1,11 € par action en mai 2021, payable en numéraire, soit une distribution de 21% du résultat 2020, maximum résultant de la recommandation de la BCE.
Sur le plan technique, Il est vrai que le titre a connu une forte hausse depuis le début de l’année (+ 16% depuis le 1er janvier). Cependant, le soutien des moyennes mobiles court et moyen termes (en horizon mensuel) ainsi que le RSI (oscillant autour des 57) nous poussent à être haussier. A l’heure où nous rédigeons cette note, les cours sont en passe de traverser à la hausse la zone des 52,86 € (correspondant au niveau des 61,8% des retracements de Fibonacci). Nous avons pour objectif la zone des 78,6 % des retracements de Fibonacci (60,22€).
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