+76% en 2025, +64% depuis le début de 2026… mais aussi -25% en quelques semaines. La Bourse coréenne est devenue le marché de tous les extrêmes. Dopée par l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs, elle offre un potentiel spectaculaire, au prix d’une volatilité tout aussi spectaculaire. Alors, faut-il encore s’y exposer ?

La Bourse coréenne est devenue l’un des marchés les plus spectaculaires de la planète. En 2025, l’indice KOSPI a bondi de 76%, sa meilleure performance annuelle depuis 1999. Et l’euphorie s’est encore accélérée début 2026 : en seulement deux mois, l’indice gagnait environ 50%. Derrière cette envolée, deux moteurs principaux : le boom mondial de l’intelligence artificielle et les réformes engagées à Séoul pour réduire le “Korea discount”, cette décote historique dont souffrent les entreprises coréennes en raison notamment de pratiques de gouvernance longtemps jugées défavorables aux actionnaires minoritaires.
Le premier moteur est particulièrement puissant. La Corée du Sud est l’un des centres névralgiques de l’industrie mondiale des semi-conducteurs. Samsung Electronics et SK Hynix sont au cœur de la course aux puces mémoires nécessaires aux centres de données et à l’intelligence artificielle. Leur envolée a littéralement tiré tout le marché. Les deux groupes représentent à eux seuls environ 45% de la valeur totale du KOSPI. L’indice évolue depuis peu au-delà des 7 000 points et affiche déjà une hausse de 64% depuis le début de l’année. Une force, mais aussi une faiblesse : quand deux géants technologiques pèsent autant dans un indice, la Bourse entière devient très sensible au moindre changement de sentiment sur l’IA.
Et c’est là que le scénario devient beaucoup plus mouvementé. En 2026, les investisseurs coréens ont connu des variations dignes d’un marché extrêmement spéculatif. En mars, au plus fort des tensions au Moyen-Orient, le KOSPI a perdu environ 19% sur le seul mois, sa pire chute mensuelle depuis la crise financière de 2008. Il est ensuite reparti de plus belle, jusqu’à inscrire un record autour de 9 385 points en juin. Puis nouveau retournement : au 21 août, l’indice avait abandonné environ 25% depuis son sommet de juin. En quelques mois seulement, la Bourse coréenne est donc passée de l’euphorie à un véritable marché baissier, puis à des rebonds tout aussi violents.

Évolution du KOSPI depuis 2024. Cliquez ici pour agrandir l’image
Cette volatilité ne s’explique pas uniquement par l’IA. La Corée du Sud est également très dépendante de l’extérieur pour son énergie. Environ 70% de ses importations de pétrole brut proviennent du Moyen-Orient. Les tensions autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz ont donc un impact particulièrement sensible sur le pays : hausse de la facture énergétique, pression sur l’inflation, sur les marges des entreprises et sur le won. La Bourse coréenne se retrouve ainsi au croisement de deux des grands risques de 2026 : les interrogations sur les valorisations liées à l’intelligence artificielle et les tensions géopolitiques sur l’énergie.
À cela s’ajoute un phénomène plus préoccupant : la montée de la spéculation. Portés par la hausse du marché, de nombreux particuliers coréens ont utilisé du crédit et des produits à effet de levier pour amplifier leurs gains. Les prêts sur marge destinés à investir sur le KOSPI ont bondi d’environ 75% depuis le début de l’année pour atteindre 18,5 milliards d’euros fin juin. Lorsque le marché s’est retourné, cet effet de levier a mécaniquement amplifié la baisse.
Il faut donc éviter deux conclusions trop simples. La première serait de considérer la Corée comme un marché devenu difficilement investissable : malgré la correction spectaculaire de l’été, le KOSPI reste très au-dessus de ses niveaux de 2025 et bénéficie de véritables moteurs structurels, notamment dans les semi-conducteurs, l’IA et la réforme de la gouvernance des entreprises. La seconde serait de croire qu’après la baisse, le risque a disparu. La concentration sur quelques géants technologiques, la sensibilité aux flux étrangers, au won, aux taux américains et à l’énergie peuvent encore provoquer de fortes secousses.
La Corée du Sud reste donc un marché à fort potentiel, mais certainement pas un long fleuve tranquille. Son parcours depuis 2025 rappelle une règle essentielle en investissement : une excellente histoire économique ou technologique n’empêche jamais de violentes corrections boursières. Toute la question est de savoir comment s’exposer à ce marché, raisonnablement, et idéalement dans un cadre fiscal avantageux. Mais attention… à ce stade, le marché coréen n’est pas du tout adapté aux investisseurs les plus prudents !
COMMENT INVESTIR DANS LES ACTIONS CORÉENNES ?

Pour profiter du potentiel de la Corée du Sud sans avoir à sélectionner soi-même Samsung, SK Hynix ou Hyundai, une solution consiste à passer par un ETF. L’Amundi MSCI Korea (ISIN : LU1900066975) réplique l’indice MSCI Korea 20/35, qui couvre environ 85% de la capitalisation boursière sud-coréenne. Au 31 juillet 2026, l’indice comptait 77 valeurs. L’ETF permet donc, en une seule ligne, de s’exposer à une large partie des grandes et moyennes entreprises du pays.
Attention toutefois : “diversifié” ne signifie pas équilibré. La technologie représente aujourd’hui 48% de l’indice, devant l’industrie à près de 20% et la finance à 13%. Surtout, Samsung Electronics pèse à lui seul 26,4%, et SK Hynix 13,7%. À eux deux, les géants des semi-conducteurs représentent donc environ 40% de l’indice. Cet ETF constitue ainsi une manière très directe de miser sur la puissance industrielle et technologique coréenne, mais il reste fortement dépendant du cycle des puces électroniques et, désormais, de la dynamique des investissements mondiaux dans l’intelligence artificielle.
Les performances récentes illustrent parfaitement cette double facette. Après une hausse de 75,89%* en 2025, l’ETF gagne encore 76,49%* depuis le début de 2026 au 19 août. Mais il a parallèlement chuté de 14,5%* sur le seul mois de juillet. Sa volatilité sur un an dépasse 41% (contre 30% sur trois ans), un niveau particulièrement élevé pour un ETF actions. Autrement dit, le potentiel a été spectaculaire, mais la volatilité l’a été tout autant. Les performances passées ne préjugent évidemment pas des performances futures.
Performances annuelles de l’ETF :
2026 : +76,49%*, à la clôture du mercredi 19 août
2025 : +75,89%*
2024 : -17,19%*
2023 : +17,40%*
2022 : -24,98%*
2021 : -0,61%*
2020 : +30,01%*
Sur le plan pratique, l’ETF est coté notamment sur Euronext Paris, capitalise les dividendes et affiche des frais courants de 0,45% par an. Son encours atteignait environ 838 millions d’euros fin juillet, ce qui en fait un véhicule déjà bien installé. La réplication est synthétique : plutôt que d’acheter nécessairement toutes les actions coréennes, le fonds utilise un contrat financier pour reproduire leur performance. Cette technique est courante dans l’univers des ETF, mais ajoute un risque spécifique lié au mécanisme de réplication.
L’intérêt de cet ETF est donc clair : accéder simplement à l’un des marchés les plus dynamiques, mais aussi les plus volatils du moment. Il offre une exposition aux leaders mondiaux des semi-conducteurs, mais également aux banques, à l’automobile, à l’industrie et à la défense coréennes. En contrepartie, sa forte concentration technologique, sa sensibilité à l’IA, au cycle économique mondial, au won et aux tensions géopolitiques imposent de le considérer comme une exposition offensive, davantage adaptée à une logique de long terme qu’à la recherche de stabilité à court terme.
Un tel ETF doit en effet rester une position marginale, à intégrer avec prudence au sein d’une allocation déjà largement diversifiée.
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* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. L'investissement en actions, obligations ou OPCVM présente un risque de perte en capital important, et doit s’envisager dans une optique long terme, en représentant une petite partie d’un patrimoine global. Contrairement au fonds en euros, la valeur de ces supports, qui reflète la valeur d’actifs sous-jacents, n’est pas garantie mais est sujette à des fluctuations à la hausse ou à la baisse, dépendant en particulier de l’évolution des marchés financiers.
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