Analyse générale
ENI est la principale société privée italienne dans le secteur des hydrocarbures. Littéralement, cet acronyme veut dire en français “société nationale des hydrocarbures”. Créée en 1953, elle a été privatisée en 1998 mais l’Etat italien possède toujours environ 30% de son capital. ENI est spécialisée dans le pétrole, le gaz naturel, la pétrochimie et la production d’énergie électrique.
Le groupe exploite un réseau de plus de 5 300 stations-services en Europe. ENI raffine et distribue environ 18 millions de tonnes de pétrole brut raffiné et près de 30 millions de tonnes de produits pétroliers sur le Vieux Continent, et quelque 65 milliards de m3 de gaz naturel. C’est clairement l’un des grands leaders mondiaux de l’énergie mais ENI évolue bien sûr sur un marché très fortement concurrentiel, c’est certainement la principale menace qui plane au-dessus du géant italien.
Dans un contexte de hausse des cours de l’or noir, ENI a enregistré de très bons résultats durant l’exercice 2021. Son bénéfice net ressort à 6,12 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année, après avoir subi une énorme perte de 8,63 milliards en 2020, provoquée par la pandémie de Covid. Souvenez-vous, le baril américain de WTI était même tombé en territoire négatif au printemps 2020. Le consensus tablait sur un bénéfice net nettement inférieur (4,29 milliards d’euros) et plus largement, ENI a enregistré en 2021 ses meilleures performances économiques et financières des dix dernières années.
Pour le seul quatrième trimestre, le bénéfice net d’ENI s’est envolé à 3,82 milliards d’euros, dépassant là aussi les pronostics du marché. On peut s’attendre à ce que 2022 soit également un grand cru pour l’entreprise, compte tenu de la hausse du baril de pétrole, stimulée par la demande mondiale post-Covid, la guerre en Ukraine et l’offre mondiale cadenassée par l’OPEP.
L’an dernier, ENI a reversé 2,8 milliards d'euros à ses actionnaires par le biais des dividendes et des rachats d’actions. En 2022, le rendement de son dividende devrait une nouvelle fois dépasser les 6% et c’est un critère important pour nous, dans la mesure où notre horizon d’investissement est de trois ans au maximum.
Nous tablons en parallèle sur un prix du pétrole toujours très élevé dans les années à venir. Et malgré la hausse de 15% du titre à la Bourse de Milan depuis le 1er janvier, le titre nous paraît relativement sous-évalué par rapport à la moyenne de son secteur (son PER se situe à 6, contre 11 pour son concurrent italien Enel par exemple, ou 16 pour l’espagnol Iberdrola).
Quid des perspectives ? Le groupe mise gros sur la transition énergétique, estimant qu’il n’y a pas d’avenir à long terme pour les entreprises uniquement actives dans le pétrole et le gaz, malgré la récente envolée des cours de l’or noir. D’ici 2050, ENI compte réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre, au-delà de l’objectif de 70% fixé par l’agence internationale de l’énergie. D’ici 2030, ENI vise la neutralité carbone pour ses activités de production et d’exploration. D’ailleurs, le groupe prépare l’introduction en Bourse de ses branches dédiées aux énergies renouvelables et à la vente de gaz et d’électricité au détail.
Au moment où les Européens essaient de retrouver une certaine indépendance énergétique face aux importations russes, il est bon de rappeler qu’ENI cherche actuellement à se positionner sur le marché du GNL (gaz naturel liquéfié). Dans les années à venir, le GNL devrait constituer une source de revenu importante pour le groupe, d’autant que cette énergie a le vent en poupe actuellement.
L’important flux de trésorerie d’ENI lui permet d’assumer les investissements nécessaires pour cette diversification. Un autre projet du groupe consiste à produire de l’énergie à base de produits recyclés : bien qu’intéressant, le potentiel semble toutefois plus limité.
ENI bénéficie d’une gestion totale de sa chaîne d’approvisionnement, de l’extraction jusqu’à la distribution en passant par le raffinage et le marketing. L’action rebondit bien depuis le krach boursier du printemps 2020, l’entreprise propose un dividende élevé, elle semble relativement sous-évaluée au sein de son secteur très concurrentiel et nous croyons en ses perspectives de développement. ENI rejoint notre portefeuille international avec un objectif fixé à 18€, soit un potentiel de 30,43% par rapport à son cours d’achat (13,80€).
* Notre horizon d’investissement est de 3 ans.
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