LUNDI NOIR A NEW YORK

mardi 09 août
Auteur: Marc Fiorentino
Il y a 8 ans - Le 09/08/2011 à 09h08

Wall street a très mal réagi à la dégradation de la note souveraine américaine. Hier un vent de panique a soufflé sur New York qui a connu sa pire séance depuis décembre 2008. -650 points pour le Dow Jones qui a chuté de 5,55% et termine à 10 809 points. -6.9% pour le Nasdaq à 2357 points. Le S&P, qui perd déjà 12% en 3 jours, chute de 6.66%, à 1140 points. Quant à l’indice vix, le baromètre de la peur, il s’est envolé de 50% à 48 points, alors qu’il cotait 17 il y a 3 semaines.

Le cauchemar continue…

…pour l’ensemble des places financières mondiales avec l’Asie qui dévissent encore ce matin. Paris devrait d’ailleurs enchainer une 12ème séance de baisse d’affilée, une série noire inédite depuis sa création en 1987.

Investisseurs, pris entre deux feus.

Les investisseurs sont paralysés par des perspectives grandissantes d’un double dip aux Etats-Unis et semblent anticiper une récession. Les perspectives de croissance sont en effet plus faibles que prévues, la croissance étant insuffisante pour relancer emploi et consommation.

Perte du Triple A, un évènement historique

Quelque part c’est l’économie mondiale qui perd son triple A. Pour les marchés, la dégradation des Etats-Unis est une situation complètement inédite, donc inconnue, et la bourse déteste par-dessus tout l’incertitude d’où ce climat anxiogène.

Obama critique S&P

Premier concerné, Obama a tenu un discours volontariste défendant l'Amérique qui mériterait toujours d'être notée "AAA", tout en prenant soin de remettre en cause la légitimité du jugement d’une agence de notation, mais concède le fait que le retour à des finances publiques saines devait être la priorité absolue du gouvernement.

Prise de conscience tardive des marchés

Ils se réveillent et semblent découvrir tout à coup que les USA ne méritent plus d’être dans le club très prisé des triple A. Ils ont fermé les yeux sur l’essoufflement de la reprise et les risques d’un double dip pendant un an, convaincu et nourrit par la Fed et sa planche à billet. Un QE2 qui était censé relancer la machine économique de la plus grande puissance économique, et qui prend fin au moment même où l’activité économique ralentit dangereusement.

Les taux américains au plus bas

Dans un climat anxiogène, les marchés y croient. Après la dégradation de la note américaine, les investisseurs se sont refugiés vers les actifs réputés les plus surs, et en premier lieu le T notes américain. On a d’ailleurs observé une forte baisse des rendements us hier qui sont passés de 3%, à 2.35% en 3 semaines. Malgré la dégradation de la note souveraine, le marché obligataire américain suscite toujours l’engouement pour des investisseurs pris de panique qui n’ont pas beaucoup d’alternative. Face à la faiblesse de la reprise certains fondent leur espoir sur un QE3 qui alimente la baisse des T note

Les européens avaient une longueur d’avance

Les Européens ont anticipé les risques de contagion de la crise des dettes souveraines à des pays comme l’Italie et l’Espagne, et ils ont agit en conséquence. Avec succès ! Une bonne nouvelle qui avait même redonné un peu d’enthousiasme aux marchés, grâce à l’intervention de la BCE qui a racheté des obligations italiennes et espagnoles sur le marché secondaire afin d’enrayer la contagion de la crise de la dette souveraine. L’opération aura eu le mérite de ramener un calme précaire sur les marchés obligataires. Les taux italiens et espagnols ont littéralement chuté sous le seuil des 6%. Les spreads se sont détendus. L’outil est donc efficace et entraine une action immédiate sur la spéculation. C’est plutôt prometteur pour le FESF qui prendra bientôt le relais.

L’or, toujours plus haut

Face au retour de l’aversion pour le risque, l’once d’or se retrouve propulsé à un plus haut historique, 1712$ l’once.

Coup dur pour Bank of America

LA BANQUE PAYE ENCORE LES FRAIS DE LA CRISE DES SUBPRIMES. LA BANQUE DOIT DE NOUVEAU RÉGLER UN LITIGE AVEC AIG QUI L’A ASSIGNÉ EN JUSTICE POUR RÉCUPÉRER PLUS DE 10 MILLIARDS DE DOLLARS DE PERTES LIÉS À DES TITRES HYPOTHÉCAIRES VENDUS PAR BANK OF AMERICA ET SA FILIALE COUTRYWIDE. LA BANQUE QUI A DÉJÀ VERSÉ 2.6 MILLIARDS À FREDDIE MAC ET FANNIE MAE, A LOURDEMENT CHUTÉ HIER SOIR À LA BOURSE DE NEW YORK, CÉDANT JUSQU’À 15% EN SÉANCE.

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