Bonjour Nicolas,
Votre question tombe à pic, nous avons justement traité le sujet dans
le Journal de la Bourse de ce jeudi soir.
L’action Stellantis cède 6,40% à 6,21€ (-34% désormais en 2026, -25% en 2025), non pas parce que les résultats publiés par le constructeur automobile sont mauvais en apparence, mais parce qu’ils ne rassurent pas assez les marchés. Le groupe, propriétaire notamment de Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep et Opel, a bien renoué avec les bénéfices au cours des trois premiers mois de l’année. Son chiffre d’affaires a aussi progressé. Mais les investisseurs regardent surtout la vitesse du redressement, et de ce point de vue, ils restent prudents.
Le principal sujet d’inquiétude concerne l’argent réellement généré par l’activité du groupe. Stellantis continue de consommer beaucoup de trésorerie : sur les trois premiers mois de 2026, l’entreprise a dépensé environ 1,9 milliard d’euros de plus qu’elle n’en a généré dans son activité industrielle. C’est moins mauvais qu’un an plus tôt, où la consommation dépassait 3 milliards d’euros, mais cela reste élevé. Pour le marché, cela signifie que le redressement est encore fragile.
Autre élément qui pèse sur la confiance : une partie de l’amélioration des bénéfices vient d’un événement exceptionnel. Stellantis attend environ 400 millions d’euros de remboursement liés à des droits de douane aux États-Unis. Autrement dit, une partie de la bonne performance du trimestre ne vient pas uniquement d’une amélioration durable des ventes ou de la rentabilité. C’est ce qui rend les investisseurs plus méfiants.
Par ailleurs, l’an dernier, Stellantis a enregistré une perte opérationnelle de 842 millions d’euros et une perte nette de plus de 22 milliards d’euros, principalement en raison d’importantes dépréciations liées à ses actifs industriels dans l’électrique.
Le marché s’inquiète aussi de la situation en Amérique du Nord, une région historiquement très importante pour Stellantis. C’est là que le groupe a longtemps gagné beaucoup d’argent, notamment grâce à ses marques Jeep et Ram. Or, sans l’effet favorable du remboursement attendu des droits de douane, les résultats dans cette zone auraient été beaucoup moins solides. En Europe aussi, la rentabilité reste sous pression.
Enfin, Stellantis n’a pas relevé ses prévisions pour 2026. Le groupe confirme simplement ses objectifs et indique qu’il vise une amélioration progressive. Les marchés espéraient clairement un signal plus fort, montrant que le redressement était déjà bien engagé. À la place, ils retiennent que la situation s’améliore, mais lentement, trop lentement !
La baisse de l’action s’explique donc par un décalage entre des chiffres meilleurs qu’auparavant et des attentes encore élevées de la part des investisseurs. Stellantis va mieux, mais pas encore assez vite pour convaincre pleinement la Bourse. Le prochain rendez-vous important sera la présentation du nouveau plan stratégique du groupe, prévue le 21 mai.
Nous vous souhaitons une excellente journée.