lundi 08 août

Les chiffres du chômage américain du mois de juillet étaient très attendus.
Ils ont été publiés vendredi.
Et ils étaient très largement meilleurs que prévus.
Meilleurs que prévus alors que l'économie américaine est entrée en récession avec deux trimestres de suite de croissance négative.
Contrairement aux apparences, cela n'a rien de paradoxal.
C'est même très logique.
Explications.

LES FAITS

L'économie américaine ralentit.
Du fait d'une inflation qui plombe la consommation des ménages.
Elle affiche donc deux trimestres successifs de croissance négative.
Elle est donc techniquement en récession.
Et en période de récession on s'attend à ce que le chômage MONTE.

OR

les chiffres de l'emploi ont été publiés.
Et ils sont excellents.
Nettement meilleurs que prévus.
Avec 528 000 créations d’emplois alors qu'on attendait à peine la moitié.
Et ce n'est pas tout.
Le taux de chômage a BAISSÉ.
Il a retrouvé son niveau d'avant-Covid, un niveau de plein emploi, 3.5%
Et les 22 mois d'emplois qui ont été perdus du fait du COVID ont été entièrement récupérés.

TROUBLANT NON ?

Une économie qui est en récession et un emploi qui progresse.
Il y a les explications évidentes, citées par les médias ce week-end :
1. Il y a un décalage entre le ralentissement de l'économie et l'impact sur l'emploi. C'est une bonne explication. On peut s'attendre en effet à ce que l'emploi se détériore dans les mois qui viennent si l'économie continue à ralentir.
2. Même si la croissance de l'économie américaine est en baisse, l'économie reste robuste. C'est d'ailleurs ce que dit la Banque centrale américaine qui va encore monter ses taux d'intérêt en septembre. Cette récession est pour l'instant purement "technique", l'économie tourne moins vite mais elle tourne toujours à un régime élevé.
Bonne explication aussi.

MAIS IL Y AUSSI UNE TROISIÈME EXPLICATION

Une explication qui conforte l'idée que l'économie doit ralentir pour qu'elle fonctionne mieux.
L'idée que l'économie entre en récession pour que l'inflation baisse et que les circuits de l'économie endommagés par le rebond trop puissant de l'économie post-Covid se remettent à refonctionner normalement.

RESUMÉ DES ÉPISODES PRÉCÉDENTS SUR L'EMPLOI

1. Covid.
On renvoie tout le monde à la maison mais on continue à les payer.
Les entreprises licencient massivement aux États-Unis et les salariés reçoivent des aides.

2. SORTIE DE COVID

L'économie explose sous l'effet rattrapage et sous l'injection massive d'argent magique.
La demande de tout explose.
Il y a des pénuries partout.
Notamment sur l'emploi.
C'est la "grande démission", des millions de personnes tardent ou ne veulent pas revenir à leur boulot car elles ont réalisé pendant le Covid qu'elles étaient mal payées ou que leurs low-cost jobs ne leur plaisaient pas.
Pénurie donc, goulet d'étranglement et des millions de postes non pourvus.

SEULEMENT VOILA

Maintenant l'économie ralentit, l'épargne des ménages et en partie l'épargne des adeptes de "la grande démission" a fondu comme neige au soleil, une partie a été dépensée, une autre s'est volatilisée avec la baisse des marchés et du Bitcoin, et des millions d'Américains n'ont pas d'autre choix que de se remettre à travailler.
Et d'accepter de répondre à ces millions d'offres d'emplois non pourvues.

ET DONC

grâce au RALENTISSEMENT de l'économie, les goulets d'étranglement disparaissent, les pénuries s'estompent et l'économie se remet à fonctionner normalement.

De la même façon qu'il faut que les taux montent pour que les taux baissent, il faut aussi que l'économie ralentisse pour qu'elle aille mieux.

Vous avez tout compris.

A PART CA?

QUOI DE NEUF?

ET SI ?

Et si c'était la question russe qui avait fait tomber Mario Draghi.
C'est la petite musique qu'on entend de plus en plus en Italie.
Les partis qui ont fait défection sont des partis dont les leaders sont "sympathisants" de Poutine et qui défendent l'idée que les sanctions européennes contre la Russie sont une mauvaise stratégie, surtout pour un pays qui est dépendant du gaz russe.
Giuseppe Conte des 5 étoiles, Matteo Salvini de la Ligue et Berlusconi ont des relations "amicales" avec Poutine.
Et pour le Parti Démocrate de centre gauche, c'est une évidence : "Italians have a right to know if Putin is behind Draghi fall."

LA VOITURE ÉLECTRIQUE

c'est surement bien.
Mais avons-nous suffisamment préparé la transition du thermique vers l'électrique ?
Des spécialistes, comme Carlos Tavares de Stellantis, continuent d'affirmer que nous ne sommes pas capables d'alimenter cette transition automobile.
Et les producteurs de lithium, une matière première nécessaire pour les batteries, expliquent par exemple qu'ils ne pourront pas alimenter la demande de lithium avant, au moins, 2030 et qu'on va donc connaître des pénuries de lithium et donc des ruptures de chaînes de production de voitures électriques.
Et le lithium n'est pas le seul sujet de goulet d'étranglement.
Inciter c'est bien, planifier c'est mieux.

DU COTÉ DES MARCHÉS

Par Pascal Malula, Analyste Bourse.
La semaine dernière, le rapport mensuel du marché du Travail (NFP) aux États-Unis en a surpris plus d’un. La question qui se pose légitimement est la suivante : de quelle façon les NFP vont-ils être intégrés dans les cours des indices durant les prochaines heures ? Pour le moment, les Bourses européennes sont attendues en hausse ce matin après une séance de vendredi dans le rouge, le CAC40 ayant perdu 0,63%, mais la faible volumétrie fait qu’il est difficile de dresser une tendance journalière. Cette semaine, les investisseurs auront les yeux rivés sur le calendrier économique puisque l’inflation américaine, le PIB en Grande-Bretagne, ou encore le rapport de l’Agence internationale de l’Energie sont attendus dans les jours qui viennent.
En Asie, la Bourse de Tokyo a gagné ce matin 0.26% à 28 249 points.
Le CAC40 est attendu aux alentours des 6 500 points en matinée.
Le Brent se négocie à 95,86 $ (+1.26%).
L'once d'Or se négocie à 1 774$ (-0.64%).
L'euro/dollar évolue à 1,018 $ (-0.03%).

ON S'EN FOUT ?

J'ai fini la série sur Disney + "Sur ordre de Dieu", passionnante immersion dans les communautés mormones des années 80, à voir, seul élément gênant : l'acteur principal Andrew Garfield a les larmes aux yeux toutes les dix minutes; J'ai réécouté "L'envie d'aimer" après avoir appris la disparition de Daniel Lévi; Les habitants d'Etretat en ont ras-le-bol de l'afflux de touristes depuis la série "Lupin" sur Netflix, le musée Maurice Leblanc devient le musée Omar Sy; No comment sur le rapport d'Amnesty International sur l'Ukraine; Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi on n'arrive pas à faire cesser ces rodéos sauvages; François Hollande veut exister, sa dernière idée : relancer le partenariat avec le Maghreb, on avait fini, heureusement, par oublier qu'il avait été président de la République; 4ème vague de chaleur; Confrontée aux pénuries de salariés, la compagnie Qantas demande à ses cadres de remplacer les bagagistes ; Suivez-moi sur twitter et linkedin en cliquant sur les liens

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