Scission en vue chez Atos, par Sid Bachir, Analyste financier chez EuroLand Corporate
Après avoir pris la direction générale d’Atos le 1er janvier 2022 pour tenter de redresser la société qui a dévissé en bourse (-62,5% ytd), Rodolphe Belmer a annoncé son départ d’ici la fin de l’année ainsi qu’un plan de scission en deux sociétés cotées. En effet, le groupe français de services informatiques, dont les activités historiques sont mises en difficulté par l'essor du cloud public, devrait se restructurer en constituant deux sociétés distinctes : l'infogérance d'une part, la cybersécurité et le calcul intensif d'autre part.
La société SpinCo devrait combiner les lignes de métier Digital et Big Data et Sécurité d’Atos. Ces activités ont généré un CA de 4,9 Md€ en 2021 soit une croissance organique de +5% pour une MOP de 7,8%. SpinCo, vise une croissance forte et durable ainsi que des marges à deux chiffres compte tenu de tendances de marché solides et des opportunités de synergies entre ses activités Digital et Big data & Security.
TFCo devrait conserver l’activité historique d’infogérance en déclin, c’est-à-dire la gestion des parcs informatiques d’entreprises, qui a généré en 2021 un CA de 5,4 Md€ en baisse organique de -12%, et une MOP de -1,1%. De son coté, TFco, vise un retour à la croissance et à la rentabilité d’ici 2026.
En prise avec des difficultés financières et opérationnelles, le groupe informatique français devrait donc se scinder d’ici la fin 2023, pour un coût estimé à 1,6 milliards d’euros. Nourdine Bihmane (CEO TFCo) et Philippe Oliva (CEO SpinCo) ont par ailleurs été nommés comme Directeurs Généraux Délégués à la suite au départ de Rodolphe Belmer à l’issue du lancement de projet de spin-off, qui devrait prendre effet le 30 septembre.
Les actionnaires conserveraient leurs actions Atos et recevraient des actions de SpinCo à travers une distribution en nature. SpinCo serait cotée sur Euronext Paris. Une fois le projet achevé, les actionnaires d’Atos détiendraient 100% du capital de TFCo et 70% du capital de SpinCo, les 30% restants étant monétisés pour refinancer les coûts du plan de redressement de TFCo.
Alors que le Groupe subit une forte pression en bourse depuis le début de l’année, le spin-off de ses activités devrait permettre d’intéresser plus facilement des repreneurs. Thales, Orange ou encore Airbus ont notamment montré un intérêt sur les activités de cybersécurité de la future SpinCo.

Inscrivez-vous ou inscrivez un ami à la newsletter d'Euroland Corporate