J'en ai ras-le-bol de l'"Europe bashing".
Surtout depuis l'élection de Trump.
Et les attaques de son administration contre l'Union européenne et l'Ukraine.
Il me paraît essentiel de revenir sur une constatation objective : l'Europe est une puissance mondiale.
Elle se cherche certes au plan politique, mais au plan économique, elle est forte et a un potentiel réel de rebond économique.
Explications.
L'Union européenne compte 27 membres.
Dont 20 font partie de la zone euro.
450 millions d'habitants.
450 millions de consommateurs "solvables" comme le rappelait Benaouda Abdeddaïm dans C'est Votre Argent. Solvables du fait d'un niveau d'épargne élevé et d'un niveau d'endettement relativement faible.
L'UE c'est 18 000 milliards d'€ de PIB, une des trois premières puissances économiques mondiales.
... affiche deux chiffres extrêmement positifs.
1. La balance commerciale
150 milliards de surplus commercial, à comparer avec le déficit commercial abyssal des États-Unis (-100 milliards de $)
2. La balance des paiements courants
On n'a pas encore les chiffres définitifs de 2024 mais elle devrait approcher les 600 milliards d'€ (-310 milliards de $ pour les US) et comme le dit régulièrement Jean-Marc Daniel, une balance des paiements courants excédentaire est le signe d'une économie puissante et saine.
... certes.
La principale c'est la croissance.
En dessous de 1%.
Mais avec un vrai potentiel de rebond si l'Allemagne "pivote".
Le chômage moyen reste élevé à 5.9% mais il s'améliore.
L'inflation baisse même si elle est encore à 2.7%, 2.4% seulement pour la zone euro.
L'Europe affiche des taux d'intérêt en baisse.
Largement inférieurs aux taux américains avec des taux à 10 ans pour le leader de la zone, l'Allemagne, à 2.45% contre 4.40% pour les États-Unis.
Et un euro relativement stable, à un niveau qui n'est pas handicapant pour le commerce extérieur et la croissance.
on y croit.
Le modèle européen n'est pas le modèle américain.
Il est moins dynamique mais il est plus "social" (trop peut-être...).
L'Europe doit être plus unie.
Elle doit sortir de sa naïveté vis-à-vis de la Chine.
Elle doit résister face à la pression américaine.
Et elle doit avoir conscience de sa puissance car elle est puissante et se faire respecter.
Prise en étau entre la Chine et les États-Unis, l'Europe a tout de même tout pour réussir.
Nous allons d'ailleurs relever lors de notre prochain comité d'investissement notre pondération des actions européennes.
On y croit !
>> Je découvre Pilot pour suivre les conseils de Marc Fiorentino et de son comité d'investissement
QUOI DE NEUF?
La question du réarmement de l'Europe déchaîne les passions. Pour Jean-Marc, il est urgent que l'Europe se protège, mais pas sans une réplique économique face aux États-Unis : "Il faut que l'Europe mette aussi des taxes importantes sur les achats de matériel en provenance des USA, sans cela nous allons encore une fois pénaliser les peuples européens et gaver les entreprises US."
Michel est encore plus radical : "Les États-Unis ne sont plus des alliés, ils font tout pour que l'Europe soit divisée car une Europe unie leur fait peur. Idem pour la Russie." Bertrand, lui, veut une indépendance stratégique totale : "L'Europe doit se lancer dans la course au réarmement, mais d'origine européenne, pour ne pas tomber dans une autre dépendance."
D'autres estiment que l'Europe doit aller encore plus loin. Frédéric milite pour "un parapluie nucléaire à travers la dissuasion française" et le retour d'un projet de communauté européenne de défense. Violetta, elle, veut remettre le service militaire obligatoire pour inculquer aux jeunes "le respect des supérieurs et des biens communs".
Mais tout le monde n'est pas d'accord. Gilles résume son point de vue en une phrase : "Je préfère que mes impôts et surtout la CSG aillent vers la santé et le logement des Français plutôt que vers la défense." Quant à Jean-Louis, il ironise sur la situation : "Quoiqu’il en coûte ? Ben voyons ! On va pas recommencer ! On a la bombe, ça calme."
Enfin, d'autres voient dans cette course à l'armement une menace pour la planète. Line regrette le passage d'une "économie de soi-disant transition écologique à une transition militaire", et s'inquiète des conséquences environnementales.
Le futur chancelier allemand, Friedrich Merz, se déclare favorable au relèvement du plafond maximal de déficit public.
Notamment pour permettre de financer le réarmement massif qu'il envisage.
Mais pour cela il faut modifier la constitution.
Et pour modifier la Constitution, il faut 2/3 des députés.
Mais l'extrême gauche et l'extrême droite représentent plus d'un tiers des députés et y sont opposées.
Ce n'est pas gagné.
Deuxième poste du budget de l'État avec 50.5 milliards d'€, une hausse de 7% en un an, derrière l'enseignement scolaire (64.3 milliards)
Et ça va continuer.
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Par Dorian Abadie, analyste Bourse Meilleurtaux Placement.
"La semaine commence dans le rouge pour la Bourse de Paris, -0,78% sur le CAC 40 hier. Les investisseurs digèrent les résultats des élections allemandes, et les valeurs de la défense continuent de grimper, profitant du contexte général de réarmement. Thales a gagné 1,89% hier soir (+34% cette année !). Dassault Aviation (+3,33% ce lundi, +23% en 2025) surfe également sur les perspectives d'une hausse des dépenses militaires allemandes, et plus largement européennes. Schneider Electric a toutefois pesé sur le CAC, avec une lourde chute de 6,92% sur fond d’inquiétudes autour de la demande des data centers. Désormais, toute l’attention est focalisée sur le géant Nvidia qui publiera demain soir ses résultats financiers.
Ce matin, le CAC ouvre en baisse de 0,33% à 8 064 points."
Dans la Tribune Dimanche, mon édito : "De la transition écologique à la transition militaire", et le conseil placement : "Quelles protections contre une correction" ; Les États-Unis refusent de mettre en cause la responsabilité de la Russie dans la guerre en Ukraine; L'économie américaine n'a jamais été aussi dépendante des 10% des ménages les plus riches qui représentent...50% des dépenses de consommation!; Apple annonce un plan d'investissement massif de 500 milliards de $ et l'embauche de 20 000 personnes aux États-Unis; J'ai vu en accéléré la première saison de "A thousand blows" sur Disney+, une série du réalisateur de Peaky Blinders, le pitch : une plongée dans l'East End Londonien au 19ème siècle, dans le monde de la boxe et des bas-fonds: bof, on est loin des Peaky Blinders, très loin même, mais à voir en cas de disette de séries; Bayrou condamne l'attitude "inacceptable" de l'Algérie (Le Figaro); La déclaration du jour : "La société se porterait mieux avec plus de rugby" (Florian Grill, président de la FFR); La star de la French Tech, Ynsect, demande son placement en redressement judiciaire après avoir englouti 570 millions d'€, no comment; Très bon dossier dans les Echos sur "Stellantis sous Tavares" ; Suivez-moi sur X et linkedin en cliquant sur les liens.