Mercredi 02 avril

Les marchés : Un enjeu majeur, une issue imprévisible

Dans l’attente des annonces de Trump, la Bourse retient son souffle. Les marchés européens cèdent un peu de terrain ce soir, le CAC 40 perd 0,22% à 7 859 points, après un rebond de plus de 1% hier, lesté par l’incertitude entourant les annonces sur les droits de douane américains. Ce soir, le président américain doit détailler sa nouvelle politique commerciale, présentée comme une victoire pour l’emploi et l’industrie aux États-Unis. On y revient largement dans cette édition.

L’ampleur et la répartition des surtaxes restent floues, mais leur impact négatif pour la croissance mondiale et les marchés est particulièrement redouté. On assiste tout de même à un petit rebond de Wall Street dans ses premières heures d’échange. +0,4% pour le S&P 500, +0,5% pour le Nasdaq.

Côté valeurs, Pernod Ricard (+1,56%) et Engie (+1,46%) brillent au sein du CAC grâce à des relèvements de recommandations de banques, tandis qu’Obiz dévisse de 13,9% après un avertissement sur ses résultats. En attendant la tempête Trump, les investisseurs ont également surveillé les créations d’emplois aux États-Unis, avec une publication ADP plutôt rassurante sur le front du marché du travail. C’est une première estimation, avant le verdict officiel de vendredi fourni par le département du Travail.


Les valeurs : Airbus, Amundi et Obiz

Airbus

On en reparle ! Après les bonnes nouvelles d’hier, place au doute. Le géant européen de l’aéronautique redécolle moins vite que prévu. Le titre perd 3,17% à 162,74€ malgré des livraisons en hausse en mars (+11% sur un an). Pourquoi cette sanction ? Parce que le marché ne regarde pas le dernier vol, mais la trajectoire complète.

Avec 135 avions livrés au premier trimestre, Airbus reste en retard sur l’an dernier (142 avions), alors que son objectif annuel est ambitieux (820 appareils). En cause, la pénurie persistante de moteurs, en particulier chez son principal fournisseur, CFM International. Un goulot d’étranglement qui freine la production malgré une demande au beau fixe. Résultat, les investisseurs s’inquiètent déjà de la capacité d’Airbus à tenir ses promesses sur 2025. Le titre préserve tout de même 5% de gain depuis le 1er janvier.


Amundi

C’est un coup de billard à trois bandes qui fait plier Amundi en Bourse. Le géant européen de la gestion d’actifs chute de 6,79% à 68€, pris en étau entre UniCredit et Crédit Agricole dans la guerre de consolidation bancaire en Italie. Alors que Crédit Agricole monte en puissance dans Banco BPM, UniCredit contre-attaque avec une OPA géante à 14 milliards d’euros pour racheter la totalité des actions. Et en coulisse, la tension monte.

Le problème, c’est l’Italie. Amundi distribue ses fonds via UniCredit dans la péninsule, un accord stratégique valable jusqu’en 2027. Mais selon Bloomberg, UniCredit chercherait à rompre ce partenariat, histoire de saboter l’influence du rival Crédit Agricole, maison-mère d’Amundi. Le marché n’apprécie pas l’incertitude. En cas de rupture, Amundi perdrait une vitrine commerciale de premier ordre dans son deuxième marché européen. L’affaire BPM devient donc un test grandeur nature pour la solidité de ses relais de distribution. L’action Amundi gagne 6% en 2025.


Obiz

Premier avertissement depuis son IPO. Le groupe de fidélisation client dévisse de 13,89% à 4,65€ après avoir prévenu que son objectif de rentabilité pour 2024 ne serait pas tenu. Son EBITDA (voir lexique) devrait être inférieur aux 2,2 millions d’euros enregistrés en 2023, et bien loin des 3,5 millions initialement visés. En cause, les ajustements tarifaires de ses partenaires de billetterie, qui ont pesé lourdement sur l’activité e-commerce, cœur du modèle (94% du chiffre d’affaires).

La croissance est là, mais la rentabilité patine. Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 52%, aucun effet de levier sur les résultats. Une douche froide pour les investisseurs, d’autant plus que la publication des résultats est repoussée au 29 avril. Obiz tente de rassurer en maintenant ses ambitions pour 2027 en misant sur de nouveaux contrats (Decathlon, Air France, Macif...) et une meilleure maîtrise des coûts. Mais pour l’instant, la confiance est mise à rude épreuve et le titre, éligible au PEA-PME, cède 18% sur un an.


L'évènement du mercredi : La bataille commence

Ce soir, Trump va annoncer de nouveaux droits de douane censés inaugurer un « âge d’or » pour l’Amérique. Une démonstration de force qui inquiète les partenaires commerciaux des États-Unis et fait tanguer les marchés depuis plusieurs semaines. Pour l’heure, Washington reste flou sur l’ampleur exacte du projet. Une taxe unique de 20% sur toutes les importations ? Des mesures ciblées par pays ? Clairement, la Maison-Blanche entretient le mystère.

Trump voit dans ces tarifs une arme pour réindustrialiser les États-Unis, réduire le déficit et renforcer son électorat. Mais leurs conséquences pourraient être totalement inverses en cas de maintien dans la durée. Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Ottawa parle de « mesures injustifiées » mais prépare une riposte. L’Union européenne se dit prête à réagir si nécessaire. Pendant ce temps, Londres tente d’éviter la tempête en négociant un accord bilatéral avec Washington.

Sur les marchés, l’incertitude règne. Wall Street a clôturé en ordre dispersé mardi, l’impact des nouvelles taxes restant inconnu. Goldman Sachs met en garde : une avalanche de droits de douane, c’est un impôt déguisé qui pourrait peser sur la consommation et la croissance. Une seule certitude, demain, 25% de taxes supplémentaires sur les voitures importées et leurs pièces détachées seront appliquées. Le message est clair, l’Amérique d’abord, coûte que coûte. Verdict ce soir, après la clôture de Wall Street, pour connaître l’ampleur de la sanction douanière.


Demain à la Une : Pile ou face

Sur les marchés, cette fin de semaine sera largement dominée par l’impact de ces fameux droits de douane. Marc Fiorentino le rappelait ce matin, deux visions s’opposent. Ceux qui pensent que Trump utilise ces tarifs pour négocier et décrocher des accords avec ses partenaires. Et ceux qui pensent que la guerre commerciale ne fait que commencer, avec de nombreuses mesures de rétorsion à la clé et une baisse de la croissance mondiale.

Mais à court terme, seule la portée des mesures sera jugée par les opérateurs boursiers. Quels secteurs ? Quels pays ? Quel taux ? On a vraiment l’impression de jouer à pile ou face. Pile, des annonces clémentes et un rebond des indices boursiers. Face, des annonces hostiles et une poursuite de la baisse. Du côté du calendrier économique, une batterie d’indicateurs sur l’activité des services européens et américains sera au programme ce jeudi, aux côtés du dernier compte-rendu de politique monétaire de la BCE.


Le lexique : EBITDA

On vous parle souvent d’EBITDA dans notre rubrique “les valeurs”, mais de quoi s’agit-il exactement ? L'EBITDA est une mesure de la performance financière d'une entreprise qui désigne son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement. En anglais, c’est l’acronyme d’“Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization”. Cet indicateur se concentre sur la rentabilité opérationnelle en ne tenant compte que des revenus et dépenses liés à la production de biens et de services.

L'EBITDA est très utile pour comparer la performance des entreprises d'un même secteur, mais ne prend pas en compte les dépenses en capital ni certaines transactions comptables. Il doit donc être utilisé en complément d'autres indicateurs financiers pour avoir une vue plus complète de la santé financière d’une entreprise.

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