Les marchés : Paris revient sur son record
La Bourse de Paris termine l’année sur une note dynamique, avec une dernière séance complète positive. Le CAC 40 progresse de 0,69% et vient tester le haut de son canal boursier dans lequel il évolue depuis mi-novembre, à 8 168 points, de retour à moins de 2% de son record historique. Le mouvement est clairement porté par le secteur bancaire : Société Générale s’impose en tête de l’indice avec un gain de 2,12%, suivie par BNP Paribas (+1,1%) et Crédit Agricole (+1%). Dans un marché de fin d’année peu animé, presque toutes les valeurs du CAC 40 clôturent dans le vert, EssilorLuxottica, Schneider Electric et Publicis font figure d’exception, avec des replis symboliques de 0,15% pour les deux premiers et de 0,04% pour le troisième.
De l’autre côté de l’Atlantique, Wall Street évolue avec davantage de retenue. Les indices américains sont à l’équilibre dans l’attente d’un rendez-vous clé : la publication, ce soir à 20 heures, du compte-rendu de la dernière réunion de la Fed. Ces « minutes » dont nous vous parlions hier soir seront scrutées de près, car elles devraient préciser la trajectoire monétaire envisagée pour 2026, notamment la possibilité d’une à deux baisses de taux après trois baisses cette année. Les investisseurs chercheront aussi à mesurer le degré de consensus au sein de la Fed, alors que trois gouverneurs s’étaient opposés aux baisses de taux lors de la dernière réunion de décembre.
Enfin, la dernière séance de l’année à Tokyo s’est conclue par un léger repli de 0,37% pour le Nikkei. Une baisse anecdotique au regard d’une performance annuelle spectaculaire : l’indice japonais affiche une hausse de plus de 26% en 2025, portée notamment par l’envolée des valeurs technologiques. Une année hors normes pour la Bourse nippone, et pour celle de Séoul, sur laquelle nous revenons dans cette édition. Bonne lecture !
Les valeurs : Airbus, L'Oréal, et Eutelsat
Airbus
Airbus vient de décrocher une importante commande en Chine, estimée à environ 8 milliards de dollars. Deux compagnies aériennes privées chinoises, Juneyao Airlines et Spring Airlines, ont annoncé l’achat de 55 avions de la famille A320, confirmant ainsi leur choix en faveur du constructeur européen. Cette décision a une forte portée stratégique dans un contexte de rivalités industrielles et géopolitiques croissantes. Juneyao Airlines a commandé 25 avions pour un peu plus de 4 milliards de dollars, tandis que Spring Airlines en a acheté 30 pour un montant comparable. Même si tous les détails de la transaction ne sont pas encore connus, Airbus s’est félicité de cette commande, qui renforce sa position sur le marché chinois.
Ce succès s’explique en grande partie par la présence industrielle d’Airbus en Chine. Le constructeur est le seul acteur étranger à y disposer d’une chaîne d’assemblage, située à Tianjin, un site stratégique actuellement en expansion. Cette implantation permet à Airbus d’apparaître comme un partenaire local aux yeux des autorités chinoises. D’ailleurs, la progression d’Airbus en Chine est spectaculaire : alors qu’il était marginal dans les années 1990, le constructeur compte aujourd’hui plus de 2 100 avions en service dans le pays. La Chine représente désormais entre 20% et 25% de la production annuelle d’Airbus, faisant d’elle un marché clé pour son développement. Ce soir, le titre signe l’une des meilleures performances du CAC : +1,50% à 198,94€ (+28,5%).
L'Oréal
L’action L'Oréal a moins bien performé que le CAC 40 en 2025 (+7,2% contre +10,7%), car la croissance du groupe a déçu par rapport à ses standards habituels et aux attentes élevées des marchés. Des résultats trimestriels jugés insuffisants et un discours prudent de son dirigeant Nicolas Hieronimus ont renforcé le scepticisme de nombreux bureaux d’analyse, dont plusieurs recommandent aujourd’hui la prudence ou la vente du titre, notamment en raison d’une valorisation jugée élevée. À contre-courant, Bank of America estime que le marché mondial de la beauté repartira nettement en 2026, porté par une amélioration en Chine et une dynamique plus favorable aux États-Unis, en particulier pour les produits haut de gamme.
Dans ce contexte, la banque américaine considère que L’Oréal est bien positionné pour accélérer sa croissance grâce à ses innovations et à ses lancements de nouveaux produits, ce qui pourrait redonner de l’élan à son action en Bourse. Elle juge en outre que la valorisation actuelle est redevenue raisonnable, comparable à celle de LVMH, et que L’Oréal continue malgré tout à croître plus vite que la majorité de ses concurrents cotés dans la beauté. Bank of America a relevé aujourd’hui son objectif sur le titre, à 440€, soit un potentiel de hausse de 20% par rapport au cours actuel. L’Oréal grappille 0,45% ce soir, à 366,95€.
Eutelsat
Dans un contexte où les valeurs liées à la défense et aux infrastructures critiques sont sous surveillance, Eutelsat avance ses pions. L’opérateur satellitaire français a déployé sa connectivité OneWeb à bord d’un navire de la Marine indienne, garantissant des communications fiables et en temps réel, tout en annonçant l’équipement des trains de passagers au Gabon en haut débit satellitaire, en partenariat avec Airtel Gabon. Deux projets très concrets, à la frontière du civil et du stratégique, qui renforcent la crédibilité technologique du groupe. Mais… pas de quoi convaincre les rares investisseurs actifs aujourd’hui ! Le titre éligible au PEA-PME progresse ce soir de 0,24% à 1,69€ (-5% sur l’année).
La recommandation du jour :Sous le capot de Ferrari
Icône automobile et boursière, Ferrari a connu une année 2025 bien en deçà des attentes. Entre une saison blanche en Formule 1 et un plongeon de 23% en Bourse, le groupe italien a vu sa réputation d’excellence mise à mal. Le point d’orgue ? Une journée investisseurs en octobre qui a refroidi les marchés : objectifs jugés trop prudents, trajectoire de croissance révisée à la baisse… et sanction immédiate du titre. Faut-il y voir une remise en cause du modèle économique de Ferrari ou simplement un excès de nervosité ?
Nous avons décortiqué tout cela dans un article réservé aux membres Bourse Privée, en croisant les éléments de fond (carnet de commandes, rentabilité, image de marque) avec les dernières notes des grands bureaux d’étude. L’action est-elle injustement sanctionnée ? Découvrez ici notre décryptage exclusif pour mieux comprendre les enjeux et notre recommandation boursière sur le fleuron italien.
Le placement du mardi : Financières, la sélection bourse privée
En cette fin d’année, nous testons un nouveau format auprès de la Communauté Bourse Privée et nous espérons qu’il vous plaira. N’hésitez pas à nous faire part de vos retours. C’est un point important, on compte sur vous pour nous partager vos retours via votre espace habituel de questions / réponses. Un nouveau format donc, qui viendra compléter un autre service, exclusif, que nous lancerons courant 2026. Mais c’est encore une surprise !
Ces derniers temps, vous avez été nombreux à nous demander quelles sont les valeurs financières européennes (pour éviter le risque de change) qui ont encore du potentiel en Bourse, dans le secteur de la finance (banques, assurances, gestionnaires d’actifs etc.). Voici une sélection de 8 titres incontournables, ainsi qu’un objectif à horizon un an, pour vous donner des pistes de réflexion. C’est un contenu avant tout dédié aux investisseurs actifs. Mais si vous préférez les ETF, nous en listons deux en fin d’article : un à visée internationale, l’autre à visée européenne. Bonne lecture !
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Le monde d'après : L'Asie prend le pouvoir
Le Japon et surtout la Corée du Sud bouclent 2025 sur un millésime boursier spectaculaire. Le Nikkei gagne 26% sur l’année, le Kospi flambe de 76%, largement au-dessus des performances occidentales. Le principal moteur de cette performance reste la technologie, avec en première ligne les semi-conducteurs directement exposés à l’essor de l’intelligence artificielle. Puces, mémoires, équipements pour data centers… l’Asie du Nord s’est retrouvée au cœur du boom mondial de l’IA, au moment même où Wall Street battait record sur record.
À Tokyo, l’année n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Après un printemps chahuté par les craintes liées aux droits de douane américains, le marché s’est redressé avec la détente commerciale et surtout l’envolée des valeurs liées aux semi-conducteurs. Advantest, Tokyo Electron ou SoftBank ont servi de locomotive à un indice redevenu confiant, aidé en fin d’année par un contexte politique plus lisible et des promesses de relance budgétaire renforcée. Le message est passé, le Japon veut rester dans la course technologique mondiale.
À Séoul, le scénario est encore plus spectaculaire. Samsung Electronics et SK Hynix ont littéralement propulsé le Kospi, tiré par la demande explosive en mémoires pour l’IA. La normalisation politique après la présidentielle de juin et les promesses de réformes de gouvernance ont fait le reste. Dans le monde d’après, l’Asie technologique apparaît comme l’un des grands gagnants structurels de la révolution de l’IA. Les excès sont possibles, les rythmes ralentiront peut-être, mais une chose est acquise, Tokyo et Séoul se sont imposées comme des places incontournables du nouveau cycle technologique mondial.
Demain à la Une : La dernière séance de 2025
Demain, les marchés vivront une séance écourtée et animée par de faibles volumes boursiers. Les principales places mondiales fermeront leurs portes plus tôt que d’habitude et ne les rouvriront que vendredi. La Bourse de Paris sera fermée à partir de 14h demain, nous en profiterons dans le dernier Journal de la Bourse de l’année pour faire une rétrospective, et notamment le Top / Flop des actions françaises en 2025.
Le lexique : Les journées investisseurs
Les journées investisseurs sont des événements organisés par une entreprise à destination des investisseurs et analystes, au cours desquels la direction présente sa stratégie, ses perspectives financières et ses projets de développement, afin d’améliorer la compréhension du modèle économique, renforcer la transparence et favoriser un dialogue de long terme avec les marchés financiers.