Les marchés : Un contexte très tendu...
Les marchés avancent sans véritable élan ce mardi. Malgré une inflation américaine ressortie légèrement moins élevée qu’attendu, les Bourses mondiales peinent à réagir. À Paris, le CAC 40 recule de 0,14% à 8 347 points, pénalisé par les valeurs de concessions. Dans le même temps, l’or continue de jouer les valeurs refuges et inscrit un nouveau record pour la deuxième séance consécutive à 4 634$, signe que les investisseurs restent prudents malgré des statistiques macroéconomiques plutôt rassurantes.
Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation publié mardi confirme un scénario de stabilisation. L’inflation ressort inchangée à +2,7% sur un an en décembre, toujours au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale américaine. Bonne nouvelle en revanche sur l’inflation sous-jacente (hors prix de l’alimentation et de l’énergie), qui progresse un peu moins que prévu, à 2,6%. C’est suffisant pour nourrir l’espoir d’un ralentissement durable des tensions sur les prix, mais clairement insuffisant pour relancer les espoirs de baisses de taux à court terme. Le consensus estime que la Fed devrait en effet maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion des 27 et 28 janvier, avec une probabilité de statu quo estimée à plus de 95 % par le baromètre FedWatch.
À cette équation monétaire déjà complexe s’ajoute un facteur politique inédit. Nous vous en parlions hier, la Banque centrale américaine se retrouve au cœur d’une polémique après une citation à comparaître émanant du département de la Justice, un épisode que son président, Jerome Powell, a qualifié de pression politique mettant en cause l’indépendance de l’institution. De quoi entretenir l’incertitude sur les marchés… Ce soir, nous vous parlons d’une déclaration choc de Trump et de nos derniers arbitrages boursiers. Bonne lecture !
Les valeurs : Vinci, Saint-Gobain, Eiffage, Thales, Exail Technologies
Vinci, Saint-Gobain, et Eiffage
En attendant les publications annuelles des grands groupes, les actualités sont plutôt rares en ce début de semaine sur les valeurs françaises. Dans ces conditions, les avis et recommandations des banques et bureaux d’études animent fortement les spéculations. Aujourd’hui, Bank of America tacle Vinci, Saint-Gobain et Eiffage dans sa dernière note. La banque américaine se montre en effet plus prudente sur les entreprises françaises du secteur des concessions, en raison de risques fiscaux en France et de perspectives de croissance jugées faibles pour les années à venir.
Cette méfiance pèse sur l’ensemble du secteur : Vinci (-4,5%), Saint-Gobain (-3,6%) et Eiffage (-3,1%) signent les principales baisses journalières du CAC. Bank of America préfère désormais des groupes d’infrastructures davantage exposés aux États-Unis ou certains aéroports européens. En parallèle, Eiffage et Vinci sont pénalisés par le projet du gouvernement français de prélever plusieurs milliards d’euros auprès des concessionnaires autoroutiers pour financer des infrastructures, une mesure qui réduirait leurs bénéfices si elle était adoptée. Et on le sait, ces prélèvements “provisoires” ont très souvent tendance à devenir permanents…
Thales
En parallèle, Deutsche Bank a également corrigé sa recommandation sur Thales. Son action s’est envolée de près de 66% l’an dernier (+15% depuis le 1er janvier !), principalement portée par l’augmentation annoncée des budgets militaires en Europe. Cependant, cette hausse ne repose pas seulement sur les performances et les qualités propres de l’entreprise selon Deutsche Bank. Deux points faibles justifient la prudence de la banque allemande pour les mois à venir. D’abord, l’activité de cybersécurité de Thales traverse une période difficile, avec une baisse des revenus liée à un marché moins dynamique et à l’intégration complexe d’une entreprise récemment rachetée, un sujet déjà souligné par Barclays.
Ensuite, Thales dépend fortement du budget militaire français, qui représente environ un cinquième de ses ventes. Or, ce budget est aujourd’hui entouré d’une grande incertitude politique. Faute de loi de finances votée à temps, la France a reconduit provisoirement le budget de l’année précédente, ce qui pourrait limiter les dépenses de défense en 2026. Cette situation est jugée préoccupante, car elle complique le respect des engagements pris au sein de l’OTAN, qui prévoit une hausse importante des investissements militaires d’ici 2035. Tant que ces incertitudes persisteront, Thales pourrait avoir du mal à donner des perspectives claires à moyen terme, d’où la prudence actuelle de Deutsche Bank.
Thales cède 2,22% ce soir, à 264,20€ : ses variations à court terme dépendront grandement de l’évolution du contexte géopolitique mondial…
Exail Technologies
Le champion français des drones accélère sur le front financier. Exail annonce une opération destinée à renforcer son bilan et à sécuriser le financement du rachat d’iXblue, spécialiste des systèmes de navigation et des technologies marines avancées. Concrètement, le groupe a levé 200 millions d’euros grâce à des obligations de long terme, dans de bonnes conditions. Cette opération lui permet de sécuriser son financement pour les années à venir et de se donner de la flexibilité pour poursuivre son développement.
En Bourse, la réaction est très mitigée ! Le titre éligible au PEA-PME recule de 7,32% à 103,80€. C’est surtout un mouvement technique après une envolée spectaculaire. L’action reste en effet en hausse d’environ 30% depuis le début de l’année et affiche plus de 400% de hausse sur un an. Le marché digère donc cette opération financière, sans remettre en cause la dynamique de fond du groupe, portée par de solides succès commerciaux et par la forte demande en équipements de défense et de robotique dans un contexte géopolitique toujours extrêmement tendu…
La recommandation du jour : Long terme, court terme
Après +6,5% en 2025, la minière française Eramet s’envole de près de 35% depuis le début de l’année ! +6,5% pour la seule séance du 5 janvier et +7% aujourd’hui. Le contexte géopolitique et commercial mondial est très porteur en ce moment pour les métaux critiques…
Eramet fait partie de notre portefeuille sportif de long terme, composé d’actions volatiles. C’est l’opposé de notre portefeuille défensif. Après cette hausse fulgurante, notre objectif boursier était très proche ce matin. Nous l’avons donc rehaussé en mettant à jour notre analyse dans cet article réservé à la Communauté Bourse Privée.
Ce mardi, nous avons également envoyé un nouveau conseil de court terme à la Communauté. Nous visons le rebond d’un grand groupe français, avec un potentiel de gain de près de +9%* à horizon un mois. Le titre a été malmené ces dernières semaines et nous pensons qu’il est de retour sur un prix très intéressant !
Le placement du mardi : Moins de volatilité, plus d'efficacité
2025 a été une année mouvementée sur les marchés ! En particulier à cause du dollar. Une allocation robuste était nécessaire, et le sera encore en 2026, pour limiter le risque. C’est exactement la promesse tenue par Pilot, la gestion pilotée de Meilleurtaux Placement bâtie autour des convictions de Marc Fiorentino et son équipe : surperformer les gestions pilotées concurrentes avec un risque inférieur. Découvrez dans cet article notre bilan de 2025 et nos conseils pour 2026.
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Le monde d'après : Les records asiatiques
Les Bourses asiatiques entament la semaine sur une note très positive, avec un Japon en pleine démonstration de force. À Tokyo, le Nikkei a signé un nouveau record historique cette nuit, en hausse de près de 5%, porté par un cocktail désormais bien connu des investisseurs : yen faible, valeurs technologiques en feu et spéculations politiques. La perspective d’élections législatives anticipées, perçues comme le prélude à une relance budgétaire musclée (plan massif de relance économique), a ravivé l’appétit pour le risque. Résultat, les exportateurs et les valeurs liées aux semi-conducteurs ont servi de locomotive, Toyota (+7,5%), Advantest (+8,5%) ou Tokyo Electron (+8,2%) s’offrant des progressions spectaculaires.
Dans un contexte géopolitique mondial tendu, les marchés internationaux ont aussi opéré un mouvement de rotation vers l’Asie, considérée comme une zone de relative stabilité. Le yen, tombé à des plus bas historiques face au dollar, à l’euro et au franc suisse, a tiré mécaniquement les bénéfices attendus des grands groupes japonais (voir lexique). En parallèle, la hausse brutale des rendements obligataires japonais, notamment sur les maturités longues, reflète les craintes d’un énième dérapage budgétaire, mais n’a pas freiné l’enthousiasme boursier, bien au contraire.
Ailleurs en Asie, le tableau est également positif. La Chine signe un plus haut de quatre ans. La Corée du Sud et Taïwan signent également des pics historiques, confirmant une tendance à surveiller dans les mois à venir : l’Asie capte une partie croissante des flux mondiaux à la recherche de rendement et de visibilité, au moment où les tensions géopolitiques rebattent les cartes.
Demain à la Une : "De l'aide est en route"
Le calendrier économique de demain est plutôt chargé. Le marché attend les ventes au détail réalisées aux États-Unis et la balance commerciale chinoise. Le Livre Beige de la Fed sera également publié : c’est un rapport périodique qui dresse un état qualitatif de l’économie américaine, région par région, à partir d’informations recueillies auprès d’entreprises et d’acteurs locaux. Le marché devra aussi digérer les résultats annuels de JPMorgan, dévoilés ce soir après la clôture, et avant ceux de plusieurs autres banques américaines demain soir.
La géopolitique pourrait par ailleurs repasser au cœur des préoccupations. À propos de l’Iran, Trump vient d’annoncer sur son réseau social : “de l’aide est en route”. Il a également appelé les Iraniens à prendre le contrôle des institutions du pays. Stratégiquement, l’attaque sur le Venezuela avait eu lieu durant la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, lorsque les marchés étaient fermés. Pour ne pas les affoler ? C’est probable, on ne le saura sans doute jamais. Affaire à suivre de près !
Le lexique : Pourquoi...
un yen faible augmente mécaniquement les bénéfices des grands groupes japonais ? Quand le yen est faible, les grands groupes japonais gagnent mécaniquement plus d’argent car une grande partie de leurs ventes se fait à l’étranger. Les revenus réalisés en dollars ou en euros, une fois convertis en yens, valent davantage, ce qui gonfle automatiquement le chiffre d’affaires et les bénéfices comptables sans vendre plus.
Par ailleurs, leurs produits deviennent moins chers pour les clients étrangers, ce qui améliore leur compétitivité et peut augmenter les volumes de ventes. Enfin, comme une grande part de leurs coûts (salaires, usines, services) est payée en yens, la hausse des revenus en devises améliore directement leurs marges.