Les marchés : Trump attaque l'Europe
La semaine débute brutalement pour la Bourse de Paris. Le CAC 40 décroche de 1,78% et retombe à 8 112 points, pénalisé par un regain de tensions commerciales. Marc vous en parlait ce matin, Trump envisage d’alourdir de 10% les droits de douane sur huit pays européens dès le 1er février, en réaction à leur soutien au Groenland. France, Allemagne, Pays-Bas ou encore pays nordiques sont directement visés, avec un relèvement potentiel des taxes à 25% le 1er juin. L’Europe évoque une riposte douanière pouvant atteindre 93 milliards d’euros. Un rappel que, pour Washington, les droits de douane restent avant tout une arme diplomatique, utilisée comme levier de négociation.
Les marchés gardent toutefois en mémoire que ce type de menace n’est pas toujours suivi d’effet. Par le passé, des annonces similaires avaient été rapidement assouplies après des tensions sur le marché obligataire américain, lorsque les investisseurs internationaux avaient commencé à se détourner de la dette américaine. C’est d’ailleurs ce risque qui alimente aujourd’hui un mouvement inattendu sur les devises. L’euro progresse face au dollar, gagnant 0,5%, alors même que ce type de discours protectionnistes pèse habituellement sur la monnaie européenne. Les investisseurs redoutent en réalité que l’escalade commerciale fragilise le financement des États-Unis, très dépendants des capitaux étrangers, notamment européens.
Dans ce climat de nervosité, les valeurs refuges sont logiquement recherchées. Les métaux précieux s’envolent, l’or inscrivant un nouveau record au-delà des 4 690$ l’once, tandis que l’argent dépasse pour la première fois les 94$. Wall Street, fermée ce lundi pour la journée de commémoration de la naissance de Martin Luther King, n’a pas participé aux échanges, laissant les marchés européens seuls face à cette montée des tensions.
Les valeurs : LVMH, Le secteur automobile, et Pizzorno
LVMH
Morgan Stanley estime que l’action LVMH offre aujourd’hui peu de potentiel en Bourse. La banque américaine juge le titre toujours cher et a donc abaissé sa recommandation, passant d’un avis positif à une position neutre. Après une baisse en début d’année 2025, l’action a fortement rebondi au second semestre, portée par l’espoir d’une reprise du secteur du luxe en 2026 et 2027 et par de bons résultats trimestriels. LVMH a ainsi profité de cet optimisme, contrairement à d’autres groupes plus défensifs. Toutefois, selon Morgan Stanley, les investisseurs sont peut-être allés trop vite en anticipant cette reprise. Plusieurs éléments pèsent désormais sur les perspectives. Les effets négatifs des taux de change, les droits de douane, notamment aux États-Unis et en Chine, ainsi que le ralentissement de la consommation chinoise pourraient freiner les résultats.
LVMH ne pourra pas compenser totalement ces difficultés en augmentant ses prix, au risque de perdre des clients aux revenus intermédiaires. Morgan Stanley reconnaît que la situation du groupe s’est améliorée par rapport à l’an dernier, avec des initiatives jugées positives dans la mode et la distribution, comme les changements créatifs chez Dior ou les investissements spectaculaires de Louis Vuitton en Asie. Malgré cela, la banque souligne que la valorisation boursière demeure élevée et que les marges risquent de souffrir, en particulier dans la division vins et spiritueux, confrontée à des difficultés structurelles. En somme, Morgan Stanley estime que les risques de déception sur les résultats sont plus importants que les chances de bonnes surprises. Les droits de douane annoncés par Trump ce week-end ont été le coup de grâce : l’action signe l’une des plus fortes baisses du CAC ce soir (-4,53% à 581,50€, -10% en janvier).
Le secteur automobile
Les secteurs fortement exportateurs sont les plus pénalisés en Bourse ce lundi. Le luxe, les spiritueux et les secteurs technologiques signent parmi les pires performances, aux côtés du secteur automobile. L’annonce de Trump pénalise sans surprise Stellantis (-1,9%) et Renault (-2,3%). La perspective de nouvelles taxes douanières inquiète bien sûr les investisseurs, car elle pourrait fortement réduire les marges des constructeurs et de leurs fournisseurs, déjà sous pression.
Au-delà des droits de douane, le secteur automobile fait face à un contexte déjà difficile, entre des règles européennes strictes sur le CO₂ et des accords commerciaux avec la Chine sur les véhicules électriques. Pour plusieurs bureaux d’étude, de nombreux risques sont déjà intégrés dans les cours de Bourse, mais il faudra une amélioration claire de la situation politique et économique pour redonner confiance aux investisseurs. En attendant, les tensions géopolitiques et les déclarations de Washington laissent présager une forte volatilité sur les marchés européens.
Ce matin, la chute de Stellantis nous a permis d’atteindre l’objectif de notre conseil baissier de court terme. Recommandée jeudi dernier à la Communauté Bourse Privée, l’opération se solde en gain de près de 10%*.
Pizzorno
Le groupe Pizzorno se distingue en Bourse ce lundi ! L’action du spécialiste de la valorisation des déchets bondit de 9,3%, clôturant à 61,20€. La famille Pizzorno-Devalle a décidé d’activer la promesse d’achat prévue dans le pacte d’actionnaires signé avec Paprec, autre acteur de la gestion des déchets, en 2021, ouvrant la voie à une prise de contrôle du groupe. Dans le détail, Paprec pourrait porter sa participation à 50,64% du capital, tandis que la famille fondatrice resterait actionnaire de référence.
Le prix proposé fait ressortir une prime d’environ 11,6% sur le dernier cours de clôture, jugée raisonnable compte tenu du fort parcours boursier du titre ces dernières années et de l’amélioration récente de la situation financière du groupe après le règlement de ses principaux litiges. Après -26% en 2025, l’action éligible au PEA-PME rebondit de 6% depuis le 1er janvier.
La recommandation du jour : Krach boursier...
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La tension est forte sur les marchés. Entre les nouveaux droits de douane de Trump, le risque de bulle dans l’IA, la crise politique en France, et les tensions géopolitiques, l’incertitude domine. On ne s’attend pas forcément à un krach dans l’immédiat, mais face au contexte actuel, vous êtes nombreux à nous demander quelles sont nos solutions d’investissement.
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Le monde d'après : La ligne rouge européenne
L’Europe se crispe face à l’escalade américaine sur le Groenland. Les menaces répétées de Trump, mêlant pressions douanières et velléités d’annexion du territoire danois, ont déclenché une mobilisation d’urgence à Bruxelles. Réunis ce week-end, les représentants des Vingt-Sept ont acté que le dossier dépasse largement le cadre commercial : il touche à l’intégrité territoriale de l’Union et à sa crédibilité géopolitique. Le ton est grave, comparable à celui adopté au début de la guerre en Ukraine. En coulisses, Paris et Berlin figurent parmi les plus offensifs, alors que l’Allemagne s’était jusque-là montrée prudente vis-à-vis de Washington.
Sur la table, deux leviers. D’abord, la remise en route de contre-mesures douanières gelées depuis l’été, portant sur 93 milliards d’euros de produits américains. Ensuite, l’activation de l’instrument anti-coercition, véritable « arme nucléaire » commerciale de l’UE, permettant de restreindre l’accès aux marchés publics européens ou de bloquer certains investissements. Un outil jamais utilisé, mais désormais sérieusement envisagé. L’objectif n’est pas l’affrontement immédiat, mais de muscler le rapport de force avant les discussions diplomatiques, notamment à l’occasion du forum de Davos qui débute aujourd’hui.
Pour les marchés, le message est limpide : la relation transatlantique entre dans une zone de turbulences durables. Derrière le Groenland se joue un débat plus large sur la sécurité européenne, le réarmement du continent et l’autonomie stratégique de l’UE. Les dirigeants européens veulent encore croire à la désescalade, mais se préparent désormais à l’idée que la confrontation économique et politique avec Washington n’est plus un scénario théorique… Est-ce que l’Europe sera à la hauteur de l’enjeu ? C’est toute la question désormais !
L'agenda du lundi : Bras de fer USA-Europe
Après ce lundi férié aux États-Unis, Wall Street rouvrira ses portes demain. Les volumes investis en Bourse seront donc plus forts et ce sera l’occasion pour les marchés américains d’intégrer le bras de fer actuel, imposé par Trump. Peu de données économiques seront à l’honneur ce mardi, le marché attend principalement l’indice allemand ZEW sur le climat des affaires. Netflix et Alstom passeront sur le gril des résultats annuels. Reste à savoir si les indices boursiers poursuivront leur dégringolade… Affaire à suivre !
Demain à la Une : Nerflix et Alstom
Ce mardi sera en effet marqué par les derniers chiffres d’inflation aux États-Unis. Tous prix confondus, le marché s’attend à ce qu’elle reste stable d’un mois à l’autre, à +2,7% sur un an. En cas de résultat inférieur, Wall Street devrait faire le pari que la Fed abaissera ses taux plus tôt que prévu dans les prochains mois, avec possiblement à la clé une nouvelle hausse des indices boursiers. Après la clôture des marchés, JPMorgan publiera demain soir ses résultats financiers de 2025 et donnera le coup d’envoi officiel de la saison des résultats. Comme le veut la tradition, d’autres grandes banques suivront le mouvement dans le courant de la semaine. On en reparle vite !
Le lexique : Les indices PMI
Les indices PMI sont des indicateurs économiques qui servent à prendre le pouls de l’activité des entreprises. Ils sont calculés à partir d’enquêtes menées chaque mois auprès de dirigeants d’entreprises, qui indiquent si leur activité progresse, stagne ou recule. Un indice PMI au-dessus de 50 signale une expansion de l’économie, tandis qu’un niveau inférieur à 50 indique un ralentissement. Simples à lire et publiés très rapidement, les PMI sont largement suivis par les investisseurs car ils donnent une vision précoce de la santé économique d’un pays ou d’un secteur.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.