Les marchés : Une séance nerveuse !
La Bourse de Paris termine la séance en légère hausse, le CAC 40 progressant de 0,08% à 8 069 points, dans un climat toujours dominé par les tensions géopolitiques. Les investisseurs ont suivi de près l’arrivée et le discours de Trump au Forum économique mondial de Davos, dans un contexte rendu électrique par ses déclarations sur le Groenland.
Le président américain a ravivé les inquiétudes en menaçant d’augmenter les droits de douane à l’encontre des pays qui refuseraient de soutenir son projet, tout en multipliant les attaques verbales contre l’Europe et le Danemark. Une rhétorique offensive qui fragilise un peu plus l’équilibre déjà précaire des relations transatlantiques. Il semble toutefois écarter le recours à la force, faisant basculer les indices européens dans le vert, après une matinée baissière. On en reparle dans cette édition.
À Wall Street, les indices rebondissent dans les premières heures d’échange, après leur pire séance en trois mois hier, mais les doutes persistent quant aux conséquences économiques et stratégiques de cette séquence politique. L’incertitude géopolitique vient s’ajouter à une semaine déjà chargée sur le plan macroéconomique. Les investisseurs attendent plusieurs indicateurs majeurs aux États-Unis, dont le PIB, les indices d’activité économique de janvier et surtout l’inflation PCE, la jauge privilégiée de la Réserve fédérale.
En parallèle, la saison des résultats se poursuit. Netflix a publié des comptes légèrement supérieurs aux attentes, mais l’annonce d’une possible suspension de ses rachats d’actions, dans un contexte de recomposition du secteur des médias, a été mal accueillie par le marché, entraînant un recul de 5% de son action. Dans un environnement tendu, la moindre déception peut clairement suffire à faire basculer le marché !
Les valeurs : Danone, Edenred et Pluxee, et Atos
Danone
Grosse alerte sanitaire, grosse sanction boursière. Bon dernier du CAC et du SBF ce soir, Danone décroche de 8,42% à 67,40€ après l’annonce par les autorités singapouriennes du rappel de laits infantiles, dont la marque Dumex, propriété du groupe. Même si Danone assure qu’il s’agit d’un blocage purement préventif, limité à un lot destiné au marché local, le marché n’a rien voulu savoir. L’action a donc violemment chuté ce mercredi, pénalisée par la crainte d’un risque réputationnel sur une activité clé du géant français.
Les investisseurs s’inquiètent surtout de l’exposition du groupe à la nutrition spécialisée, un segment stratégique qui représente plus de la moitié de ses bénéfices. Même si Dumex reste une marque de taille modeste, l’épisode ravive les craintes autour du lait infantile, déjà sous pression au niveau mondial, et rappelle à quel point ce moteur de croissance est aujourd’hui scruté de près par le marché. Après +18% en 2025, Danone cède 11% depuis le 1er janvier.
Edenred et Pluxee
Les actions d’Edenred (+10,47%) et de Pluxee (+7,05%) rebondissent fortement après une bonne nouvelle venue du Brésil. Un juge a décidé de suspendre temporairement un décret du gouvernement brésilien qui pénalisait le secteur des titres-restaurant. Cette suspension ne concerne pour l’instant qu’Edenred. La décision a rassuré les investisseurs, qui craignaient un durcissement durable de la réglementation. Ces deux entreprises sortent pourtant d’une période très difficile, avec de lourdes pertes en Bourse liées à des risques réglementaires en Italie, en France et surtout au Brésil.
En novembre, un décret signé par le président Lula avait en effet inquiété le marché, car il limitait les commissions facturées aux commerçants, raccourcissait les délais de remboursement et rendait le marché plus concurrentiel, ce qui aurait pesé lourdement sur les résultats des deux acteurs français. La suspension partielle du décret change donc la perception du risque. Le marché estime désormais que la réglementation pourrait être moins sévère que prévu, même si la situation reste globalement incertaine. Le gouvernement brésilien peut encore faire appel et la décision définitive sur le fond n’est attendue que fin 2026, voire début 2027. En attendant, cette éclaircie a suffi à redonner de l’élan aux deux titres, le Brésil étant un marché clé pour Edenred et Pluxee.
Atos
Après plusieurs années de turbulences, Atos crée la surprise et retrouve un peu d’oxygène en Bourse. Le groupe de services informatiques a annoncé des résultats conformes aux attentes en termes de chiffre d’affaires, autour de 8 milliards d’euros, mais surtout une meilleure rentabilité que prévu. Grâce à la sortie volontaire de contrats peu rentables et à une discipline renforcée sur les coûts, Atos dépasse son objectif avec une marge opérationnelle supérieure à 340 millions d’euros, soit plus de 4% du chiffre d’affaires. Les prises de commandes du quatrième trimestre, jugées rassurantes, confirment une amélioration progressive de la dynamique commerciale.
L’action éligible au PEA-PME s’envole de 6,03% à 57,01€, portée par le sentiment que l’année 2025 a enfin marqué un vrai tournant dans la restructuration du groupe. Les investisseurs restent prudents, faute de prévisions détaillées pour 2026, mais ce dépassement des objectifs de rentabilité redonne de la crédibilité au plan stratégique et ouvre la voie à une potentielle reconquête de la confiance des investisseurs. Depuis le début de l’année, le titre progresse de 14%.
La recommandation du jour : +17,1%*!
Puisque le contexte actuel est particulièrement tendu, nous vous parlons ce soir de notre sélection d’actions défensives (voir lexique). Elle n’a pas vocation à briller lorsque les marchés sont euphoriques mais à tenir bon lorsqu’ils vacillent, comme en ce moment.
Quel est le bilan de notre portefeuille défensif ? +17,14%* en 2025 contre +10,42% pour le CAC 40 hors dividendes (+14,28% dividendes inclus).
Ce portefeuille est actuellement composé de 16 valeurs françaises éligibles au PEA, dont de grands noms comme Air Liquide, Danone ou encore Total. Des sociétés connues pour la résilience de leurs modèles économiques, leur capacité à générer des flux de trésorerie solides, et leur politique de dividende régulière.
Autre pilier de notre stratégie défensive : la diversification sectorielle. Des infrastructures à la santé, en passant par l’énergie, la consommation ou les services publics, chaque secteur a été choisi pour sa capacité à amortir les chocs.
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L'événement du mercredi : "Pas envie d'utiliser la force"
Trump est de nouveau au centre des tensions internationales à l’occasion du Forum économique mondial de Davos en Suisse, où il a réaffirmé son souhait que les États-Unis prennent le contrôle du Groenland. Les marchés se contentent de peu pour sauver les meubles ce mercredi, Trump ayant affirmé “Je n’ai pas envie d’utiliser la force” pour prendre le contrôle du vaste territoire arctique autonome appartenant au Danemark.
Toutefois, il a rappelé son souhait d’engager immédiatement des négociations pour l’acheter, en expliquant que les États-Unis seraient les seuls capables de garantir la sécurité de cette région stratégique. Ses déclarations ont provoqué de nouvelles réactions des dirigeants européens qui ont promis une réponse ferme, estimant que ces tensions entre alliés pourraient encourager les adversaires communs comme la Chine et la Russie.
Macron et d’autres responsables ont ouvertement critiqué l’attitude de Trump, et certaines démarches, comme la ratification d’un accord commercial avec les États-Unis, ont même été suspendues en signe de protestation. Trump insiste sur le rôle stratégique du Groenland entre les grands acteurs mondiaux comme les États-Unis, la Chine et la Russie, et dit ne pas viser les ressources naturelles mais plutôt la défense américaine… Pas très convaincant.
Autre citation de son allocution à Davos : « Ce que je demande c'est un bout de banquise froid, dans un endroit pas si bien. Ce n'est pas grand-chose par rapport à ce que nous leur avons donné depuis des décennies […] C'est un bloc de glace contre la protection du monde […] Vous pouvez dire oui et on appréciera, ou vous pouvez dire non et on s'en souviendra. » Pour le moment, l’ambiance reste donc… glaciale !
Demain à la Une : PIB et inflation US
Nous vous en parlions hier, ce jeudi sera marqué par deux actus américaines. Outre les déclarations choc et quasi-quotidiennes de Trump, le marché attend la révision de la croissance et de nouvelles données sur l’inflation des États-Unis. En l’occurrence, il s’agit du PCE Core : la jauge d’inflation préférée de la Fed. Comme toujours, sa publication devrait relancer les spéculations sur les prochaines baisses de taux de l’institution américaine. En parallèle, les résultats d’entreprises seront très peu nombreux avant l’avalanche de la semaine prochaine.
Le lexique : Valeurs défensives
On vous parle souvent de valeurs défensives, mais de quoi s’agit-il ? Les valeurs défensives sont des actions d’entreprises dont l’activité reste relativement stable, même lorsque l’économie ralentit ou que les marchés financiers deviennent agités. Elles opèrent généralement dans des secteurs essentiels du quotidien, comme l’alimentation, la santé ou l’énergie, ce qui fait que leurs produits ou services continuent d’être consommés quelles que soient les conditions économiques. Pour les investisseurs, ces valeurs sont souvent perçues comme plus rassurantes, car elles ont tendance à moins chuter en période de crise et à offrir une certaine régularité dans leurs résultats.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.