Les marchés : Trump se dégonfle toujours !
Trump fait marche arrière sur le Groenland. Après avoir menacé l’Europe de droits de douane et créé de fortes tensions diplomatiques et boursières, il a annoncé à Davos les bases (très imprécises) d’un futur accord avec l’OTAN pour le Groenland et l’Arctique. En conséquence, il suspend les surtaxes prévues en février et en juin contre plusieurs pays européens, dont la France et le Danemark.
Ce recul rassure temporairement les investisseurs. Mais clairement, la politique américaine est plus que jamais imprévisible et les marchés pourraient rester très volatils dans les mois à venir. Tous les grands indices boursiers rebondissent ce jeudi : le CAC 40 gagne 0,99% à 8 149 points. Et un acronyme refait surface : TACO ! “Trump se dégonfle toujours” (voir lexique). Vous vous en souvenez sûrement, il était régulièrement évoqué l’an dernier, lors des nombreuses volte-face du président américain.
La séance a également été marquée par deux publications importantes en provenance des États-Unis. Les chiffres de croissance économique ont été révisés à 4,4% au troisième trimestre ! Quant à l'inflation, le tant attendu indice PCE Core dont nous vous parlions hier ressort en légère hausse d'un mois à l'autre, à +2,8% sur un an en novembre, contre +2,7% en octobre.
Bref ! La volatilité a été forte depuis le début de l’année : Venezuela, Iran, Groenland, résultats d’entreprises… Les sources de déstabilisation ne manquent pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais prenons un peu de hauteur, le CAC 40 perd 1,3% sur la semaine mais évolue à l’équilibre depuis le 1er janvier. Respectivement -1,1% et +2,2% pour l’Euro Stoxx 50, -0,2% et +1,2% pour le S&P 500.
Les valeurs : Orange, Ubisoft, et Ivision tech
Orange
La perspective d’une consolidation du marché télécoms français continue de soutenir le secteur en Bourse. Orange et Bouygues ont confirmé, aux côtés d’Iliad, l’existence de négociations avec Altice en vue d’un possible rachat d’une grande partie des activités de SFR. Même si aucun accord n’est encore trouvé à ce stade et que les négociations restent au stade de l’audit des comptes, le marché a immédiatement salué la perspective d’un retour à trois opérateurs, jugé plus favorable pour la rentabilité du secteur.
Résultat, Orange progresse de +3,97% ce soir et clôture à 14,94€, tandis que Bouygues gagne 2,4% au fixing. Les investisseurs parient déjà sur les synergies potentielles et surtout sur une moindre pression concurrentielle sur les prix, même si les obstacles réglementaires et politiques restent nombreux. En toile de fond, la lourde dette de SFR et l’hypothèse d’une offre avoisinant les 20 milliards d’euros maintiennent le dossier sous haute surveillance. Depuis le début de l’année, Orange progresse de près de 5% à la Bourse de Paris.
Ubisoft
Nouveau coup de massue pour Ubisoft ! L’éditeur de jeux vidéo a déclenché une importante alerte sur résultats, en abaissant drastiquement ses objectifs annuels, évoquant annulations de jeux, reports de sorties et un environnement de marché devenu nettement plus sélectif. Le groupe ne vise plus que 1,5 milliard d’euros de revenus issus des ventes de jeux et de contenus, contre près de 1,85 milliard auparavant. Il anticipe une perte opérationnelle d’environ 1 milliard d’euros, avec une forte consommation de trésorerie. Une remise à plat stratégique assumée, mais qui ressemble surtout à un aveu de difficultés structurelles et persistantes.
La sanction boursière a été immédiate et violente. L’action s’effondre de 39,83%, à 3,99€, signant la plus forte chute du marché parisien. Les investisseurs, déjà échaudés par un historique de prévisions manquées, s’inquiètent désormais de la visibilité à moyen terme et du risque financier, notamment à l’approche d’échéances de dette importantes. La direction d’Ubisoft veut revoir de fond en comble sa stratégie mais les éventuels bénéfices ne pourront se mesurer qu’à moyen, voire à long terme. Depuis le 1er janvier, le titre recule de 32%.
Ivision tech
Effet Davos spectaculaire pour iVision Tech. L’action du fabricant italien de lunettes voit son action s’envoler en Bourse. En cause, Macron et ses lunettes de soleil au Forum économique mondial de Davos. Oui, il en faut peu parfois… C’est déconcertant mais ses lunettes aviateur sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Le modèle en question a déclenché un véritable emballement médiatique, nourri de comparaisons avec Top Gun et largement commenté, notamment aux États-Unis.
Cette exposition soudaine a entraîné un afflux massif de visites sur le site du lunettier et ravivé l’intérêt des investisseurs pour une valeur jusqu’ici très discrète. À la clôture de Milan, l’action bondit de 31,66% ce soir, à 2,10€, après une progression de 6% hier. Le titre a connu plusieurs suspensions de cotation en séance. Cette envolée fulgurante représente un gain de plusieurs millions d’euros de capitalisation pour le groupe. Depuis le début de l’année, son action éligible au PEA-PME progresse de 12%.
La recommandation du jour : +43%* en 3 ans !
Connaissez-vous Trigano ? C’est le grand spécialiste français des camping-cars. Le groupe a dévoilé en début d’année de solides résultats financiers, dont un chiffre d’affaires en hausse de 8,3% sur un an, à 833 millions d’euros, porté par ses ventes de véhicules de loisir et par l’acquisition de BIO Habitat. Grâce à cette bonne publication, notre objectif de long terme a été atteint !
Nous avions recommandé l’achat du titre le 17 février 2023. Depuis, notre conseil a généré un gain de 43,10%* (dividendes inclus). Nous avons donc prévenu la Communauté Bourse Privée cet après-midi : nous sortons de l’action et prenons nos bénéfices. Surtout, un nouveau conseil de long terme vous sera envoyé la semaine prochaine ! On en reparle vite.
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Demain à la Une : Un vendredi calme ? Pas sûr...
En théorie, ce vendredi devrait être calme sur les marchés. Mais avec Trump, on n'est jamais à l'abri de nouvelles surprises, bonnes ou mauvaises ! Sur le plan des statistiques, les investisseurs attendent surtout une nouvelle salve d'indices PMI sur l'activité des industries et des services, en zone euro et aux États-Unis. Wall Street surveillera également un indice de confiance des consommateurs américains, calculé par l'université du Michigan.
Cette nuit, la Banque centrale japonaise devrait maintenir ses taux inchangés. Il s'agira du dernier rendez-vous monétaire avant la prochaine réunion de la Fed, prévue mardi et mercredi. Enfin, aucun résultat d'entreprise majeure n'est attendu demain, mais ce ne sera qu'un bref répit avant la semaine prochaine, marquée par une accélération de la saison de publication.
Le lexique : Taco trade
Le « TACO Trade » est une stratégie d’investissement fondée sur l’idée que Trump adopte fréquemment des positions publiques agressives, notamment en matière de droits de douane et de politique commerciale, avant de faire marche arrière ou d’en atténuer fortement la portée face aux réactions des marchés, des entreprises ou de ses partenaires internationaux. L’acronyme « TACO » signifie Trump Always Chickens Out (« Trump se dégonfle toujours »).
Marc Fiorentino évoque régulièrement cette méthode de négociation, à la fois basique et revendiquée par Trump dans son livre The Art of the Deal : annoncer d’abord le pire, puis négocier un compromis. Réclamer 100 pour obtenir 20. Les investisseurs exploitent ce schéma récurrent en anticipant une volatilité initiale provoquée par ces annonces, suivie d’un rebond des marchés lorsque les mesures sont reportées, négociées ou abandonnées.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.