Les marchés : Le krach des cryptos ?
Les actions reculent dans le monde entier ce jeudi, surtout dans le secteur technologique, après l’annonce de dépenses très élevées liées à l’intelligence artificielle. Google, via sa maison mère Alphabet, a surpris les investisseurs en prévoyant d’investir 185 milliards de dollars dans l’IA, ce qui fait chuter son action de près de 5% pour le moment, entraînant dans sa chute tout le compartiment technologique : le Nasdaq cède 0,86%. Le marché craint que ces investissements massifs ne se traduisent pas rapidement en résultats tangibles. Des promesses, mais pas de rentabilité immédiate.
Au total, le secteur a perdu des centaines de milliards de dollars de valeur ces dernières semaines. Mais l’inquiétude centrale du moment est ailleurs. Dans le même temps, l’argent perd 15% aujourd’hui, prolongeant une phase de grande volatilité sur les marchés des métaux précieux. L’or limite la casse à 2,5% environ, à 4 830$. Surtout, on parle de plus en plus de krach dans l’univers des cryptos… Nous y consacrons une partie de cette édition.
En Europe, l’attention s’est également portée sur les banques centrales. La BCE a décidé de maintenir ses taux d’intérêt inchangés, estimant que la situation économique reste globalement solide malgré les incertitudes géopolitiques et l’inflation. Sans surprise. Cette décision était en effet largement attendue. Pourtant, la BCE a toutes les raisons de baisser ses taux… Au moins, la question d’éventuelles baisses à venir reste ouverte selon Lagarde. Encore heureux. Ce soir, le CAC 40 clôture en perte de 0,29% à 8 238 points (+1,09% depuis le début de l’année).
Dans ce contexte de marchés chahutés, marqué par une forte volatilité et un manque de visibilité, les fonds long / short (voir lexique) s’imposent de plus en plus comme une solution particulièrement pertinente pour chercher de la performance tout en maîtrisant le risque. C’est le sujet central de cette édition. Bonne lecture à tous.
Les valeurs : BNP Paribas, Rheinmetall et Rising Stone
BNP Paribas
La première banque française a livré un quatrième trimestre solide, rassurant des investisseurs encore échaudés par les incertitudes récentes. Le bénéfice dépasse les attentes, porté par une activité bien orientée dans la banque de détail en Europe, le financement des entreprises et la location longue durée via sa filiale Arval. Les revenus progressent plus vite que les coûts, ce qui améliore la rentabilité et confirme la bonne tenue opérationnelle du groupe. BNP Paribas affiche par ailleurs une situation financière robuste et relève ses ambitions pour 2028, visant désormais un rendement des capitaux propres supérieur à 13%, tout en poursuivant ses efforts d’efficacité pour renforcer encore sa performance.
Malgré le bruit persistant autour du litige soudanais dont nous vous parlions ces dernières semaines, le marché retient surtout la solidité des fondamentaux et la capacité du groupe à poursuivre la croissance de ses bénéfices dans un environnement plus exigeant. Résultat, la Bourse salue ces annonces, l’action BNP Paribas progresse de 1,15% ce soir à 91,98€ et de 14% depuis le début de l’année, confirmant le retour progressif des investisseurs sur le titre depuis le début de l’année. Le titre fait partie de nos conseils de long terme, nous avons rehaussé hier notre objectif. C’est à découvrir ici.
Rheinmetall
Le géant allemand de l’armement recule nettement en Bourse après la présentation de perspectives jugées trop prudentes par le marché lors d’un échange avec des analystes. La direction a confirmé des objectifs solides pour 2025, mais ses premières indications pour 2026, notamment en matière de chiffre d’affaires et de marge, ressortent en dessous des attentes. Les bureaux d’analyse pointent une montée en puissance plus progressive de certaines activités ainsi que des retards sur des programmes navals, alimentant les doutes à court terme sur la dynamique de rentabilité.
Malgré des carnets de commandes toujours très fournis et une génération de trésorerie robuste grâce aux acomptes sur de grands contrats militaires, les investisseurs ont préféré sécuriser leurs gains après la forte envolée du titre ces derniers mois. L’action Rheinmetall cède ainsi 6,79% ce soir, et clôture à 1 565,50€, signant l’un des plus forts replis de l’indice allemand DAX. Depuis le début de l’année, le titre est à l'équilibre après avoir progressé de plus de 150% en 2025 !
Rising Stone
Connaissez-vous Rising Stone ? Nous non. En tout cas, jusqu’à ce matin. Le promoteur savoyard spécialisé dans l’immobilier de luxe en stations de montagne, a lancé son introduction en Bourse sur Euronext Growth, devenant la première société à tenter une cotation à Paris en 2026. L’opération vise à lever environ 25 millions d’euros pour financer de nouveaux projets, avec un montant total pouvant atteindre près de 39 millions d’euros en cas d’extension. La demande apparaît déjà solide, une grande partie de l’opération étant sécurisée auprès d’investisseurs.
Fondé en 2016, le groupe développe des chalets et appartements haut de gamme dans des stations comme Méribel, Courchevel ou Megève, avec une offre complète incluant gestion et services premium. Positionné sur un marché peu affecté par la crise immobilière, Rising Stone dispose d’un portefeuille de projets dépassant 1 milliard d’euros d’ici 2030 et vise une forte croissance dans les prochaines années, avec l’ambition d’augmenter rapidement son chiffre d’affaires tout en instaurant une politique de dividende dès 2026. Affaire à suivre pour cette pépite française prometteuse !
La recommandation du jour : L'investissement qui ne craint pas les tempêtes
Dans un contexte boursier chahuté où la visibilité est limitée, la recherche de performance sans prise de risque excessive devient un véritable défi. C’est dans ce type d’environnement que les fonds long / short se distinguent.
Méconnu du grand public, ils permettent de tirer parti des mouvements de marché dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse, tout en limitant l’exposition au risque global. Retour sur un fonds long / short qui s’est particulièrement distingué en 2025, avec un rendement de 17,98%*.
Et depuis le 1er janvier ? +4,68%*, à la clôture du 2 février.
Comment investir dessus ?
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Le monde d'après : Bitcoin, le krach ?
La nervosité gagne à nouveau le marché des cryptomonnaies, avec un bitcoin qui retombe autour des 67 000$, soit un recul de 24% en 2026, après -6,3% en 2025. Clairement, le climat de défiance ravive les souvenirs des grandes crises financières. Lors d’une audition au Sénat américain, Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, a fermé la porte à toute idée de sauvetage public en cas de krach du bitcoin. Une déclaration lourde de sens pour un marché qui s’interroge sur le rôle éventuel de l’État fédéral en cas de nouvelle secousse majeure. D’autant que Trump s’est montré pro-crypto durant la dernière élection.
Le message de Washington est clair : le bitcoin n’est pas considéré comme un actif systémique pour l’économie américaine. Malgré une capitalisation globale des cryptos dépassant les 2 400 milliards de dollars, un effondrement du marché provoquerait surtout des dégâts au sein de l’écosystème crypto lui-même, sans menacer directement la stabilité financière mondiale, contrairement à la faillite de Lehman Brothers en 2008. Les banques, désormais présentes sur ce segment, restent prudentes et peu exposées dans leurs bilans.
En revanche, le vrai risque pourrait plutôt venir des stablecoins, adossés en partie à des obligations américaines. Pour rappel, un stablecoin est une cryptomonnaie conçue pour conserver une valeur stable dans le temps, généralement indexée sur une monnaie comme le dollar ou l’euro, afin de faciliter les paiements et les échanges sans subir la forte volatilité des autres cryptos.
Une crise majeure dans ce segment pourrait provoquer des ventes massives de dette américaine et tendre les marchés obligataires. En toile de fond, une menace quasi-existentielle demeure : si le bitcoin devait un jour être soutenu par un État (notamment via un plan de sauvetage), il perdrait sans doute ce qui fait sa raison d’être, son indépendance. Les prochaines séances seront déterminantes pour l’écosystème crypto. Pour l’instant, le marché comprend qu’en cas de tempête, chacun devra se débrouiller seul.
Demain à la Une : Amazon, Sogé et l'Iran
La saison de publication des résultats se poursuit. Après la clôture de ce soir, Amazon présentera son bilan annuel : le marché devra le digérer demain. Les investisseurs surveilleront également les résultats de Société Générale et Ayvens, sa filiale de location longue durée de véhicules. Enfin, le calendrier économique sera plutôt léger, Wall Street surveillera principalement un indice de confiance des consommateurs américains. Sur le front géopolitique, les négociations “de la dernière chance” doivent avoir lieu demain à Oman entre les États-Unis et l’Iran.
Le lexique : Les fonds long / short
Un fonds long / short est un fonds d’investissement qui cherche à générer de la performance en prenant à la fois des positions acheteuses (longues) sur des titres jugés sous-évalués et des positions vendeuses (courtes) sur des titres considérés comme surévalués. Cette stratégie permet de profiter des écarts relatifs de valorisation entre différents actifs, tout en réduisant l’exposition globale aux fluctuations du marché. L’objectif principal est d’obtenir un rendement positif, quel que soit le sens d’évolution des marchés, en misant davantage sur la sélection des titres que sur la tendance générale.