Les marchés : Paris avance sans Wall Street
Le CAC 40 débute la semaine sans éclat mais en territoire positif, en légère hausse de 0,06% à 8 316 points. Une séance calme, marquée par des volumes réduits en raison de l’absence de Wall Street, fermée pour le Presidents’ Day. Faute de statistiques américaines, les investisseurs se sont tournés vers la production industrielle en zone euro, qui recule de 1,4% en décembre. Un chiffre certes mauvais, mais légèrement moins dégradé que prévu, ce qui limite l’impact négatif sur le marché.
Du côté des valeurs, le secteur bancaire européen continue d’attirer les investisseurs. À Paris, Société Générale signe l’une des meilleures performances du jour avec près de +3%, tandis que BNP Paribas progresse de 1,6% et Crédit Agricole de 1,4%. Ce dernier avance malgré une amende infligée par la BCE pour non-respect de certaines obligations liées aux risques climatiques et de gouvernance, un élément que le marché juge pour l’instant secondaire face à la bonne dynamique du secteur. À l’inverse, Dassault Systèmes poursuit sa descente et chute encore lourdement de près de 10% après avoir déjà décroché la semaine passée. Les résultats jugés décevants et les interrogations persistantes sur l’impact réel de l’intelligence artificielle dans le secteur des logiciels continuent de peser sur le titre.
Le contraste est frappant entre des valeurs cycliques et bancaires recherchées et un secteur technologique toujours sous pression. Une configuration qui illustre un marché prudent, en quête de nouveaux moteurs, dans un contexte économique où la croissance ralentit sans pour autant provoquer de véritable panique chez les investisseurs.
Les valeurs : Dassault Aviation, Maurel & Prom et Nicox
Dassault Aviation
Le constructeur aéronautique français progresse en Bourse, porté par l’espoir d’une méga-commande indienne. Le titre gagne 4,06% et clôture à 343,2€, alors que le marché anticipe l’officialisation prochaine d’une commande majeure de 114 avions Rafale par l’Inde, dans le cadre du renouvellement de sa flotte militaire. Selon Citi, un tel contrat pourrait représenter près de 30€ de valeur par action, en incluant la maintenance et les futures mises à niveau des appareils.
Cette perspective renforcerait la visibilité industrielle du groupe pour plusieurs années et pourrait accélérer la montée en cadence de production des Rafale. Dans un contexte mondial marqué par la hausse des budgets militaires, les investisseurs voient dans Dassault Aviation l’un des principaux bénéficiaires de ce cycle de défense, ce qui soutient aujourd’hui le titre en Bourse. Depuis le début de l’année, le titre progresse de 24%.
Maurel & Prom
Le groupe pétrolier français recule en Bourse après une déception sur le dossier vénézuélien. Le titre cède 1,42% et clôture à 7,63€ : le groupe ne figure pas parmi les compagnies autorisées par les États-Unis à reprendre pleinement leurs activités pétrolières au Venezuela. L’autorité américaine chargée des sanctions a délivré de nouvelles licences à plusieurs majors internationales, mais Maurel & Prom n’a pas été retenu dans cette première vague, alors même que le groupe espérait obtenir ce feu vert pour accélérer fortement sa production sur le champ d’Urdaneta Oeste. Le marché sanctionne donc ce contretemps, qui retarde un potentiel triplement de la production locale.
La société reste toutefois confiante et poursuit ses discussions avec les autorités américaines, tandis que la production actuelle se maintient. Les analystes estiment d’ailleurs qu’une future obtention de licence pourrait devenir un puissant catalyseur pour le titre, ce qui limite pour l’instant l’ampleur de la baisse en Bourse. Depuis le début de l’année, le titre progresse de 38%.
Nicox
L’action, éligible au PEA-PME, progresse de 6,46% à 0,41€ après une avancée positive aux États-Unis. La société, spécialisée dans les traitements pour les yeux, a reçu un avis favorable des autorités sanitaires américaines après une réunion préparant la future demande d’autorisation de vente de son médicament destiné à faire baisser la pression dans l’œil chez les patients souffrant de glaucome, une maladie de l’œil qui peut endommager progressivement le nerf optique et entraîner une perte de vision si elle n’est pas traitée.
Les autorités estiment que les résultats déjà fournis sont satisfaisants pour poursuivre le processus. Elles demandent seulement quelques informations complémentaires, qui seront obtenues dans une étude déjà en cours au Japon, sans retarder le calendrier. La demande d’autorisation de commercialisation reste donc prévue pour l’été 2026, ce qui rassure les investisseurs sur l’avancement du principal projet du groupe. Le titre progresse de 35% depuis le mois de janvier.
La recommandation du jour : L'Oréal retrouve des couleurs
Après deux publications trimestrielles jugées décevantes, L’Oréal tente de reprendre l’initiative en Bourse. Le groupe a enregistré une croissance de 6% au quatrième trimestre, légèrement inférieure aux attentes, pénalisée surtout par le ralentissement du travel retail en Asie, notamment dans les aéroports chinois. Cette faiblesse, jugée temporaire par la direction, a entraîné une sanction rapide du titre d’environ 5%, avant de reprendre 3,4% ce lundi.
Plusieurs analystes, dont UBS, estiment toutefois que le marché doit regarder au-delà de ce trou d’air. Hors impact du travel retail, la croissance reste solide dans l’ensemble des régions, portée par la beauté dermatologique, les marchés émergents et un programme d’innovations toujours très actifs. Le groupe continue également de gagner des parts de marché dans un secteur qui demeure structurellement porteur.
Dans ce contexte, plusieurs bureaux d’analyse estiment que le potentiel du titre reste intact à moyen et long terme. Pour découvrir en détail notre analyse et notre objectif sur la valeur, cliquez ici pour accéder à notre recommandation complète.
Le monde d'après : Chatbots, la bataille à 550 millions
À l’approche du Nouvel An chinois, les géants technologiques du pays ont déclenché une offensive inédite pour attirer les utilisateurs vers leurs chatbots d’intelligence artificielle. Baidu, Tencent, Alibaba et ByteDance distribuent près de 550 millions d’euros sous forme d’enveloppes rouges numériques, tradition revisitée pour inciter les internautes à tester et adopter leurs assistants IA. Dialoguer avec un chatbot, partager l’application ou commander des produits via l’IA permet ainsi de recevoir des coupons ou des récompenses, dans une bataille commerciale qui rappelle les grandes campagnes de conquête des paiements mobiles il y a une décennie.
La compétition a véritablement changé d’échelle avec Alibaba, qui a injecté à lui seul l’équivalent de 365 millions d’euros pour promouvoir son modèle, provoquant même un afflux massif de commandes dans certaines chaînes de boissons partenaires. ByteDance et Tencent ont rapidement suivi, multipliant tirages au sort et récompenses pour capter l’attention des utilisateurs.
Derrière cette pluie de promotions se joue une bataille stratégique majeure : ne pas laisser le marché de l’IA conversationnelle à la start-up montante DeepSeek. Dans un marché où le modèle économique repose encore largement sur la gratuité, les groupes technologiques n’hésitent plus à brûler des centaines de millions pour conquérir des utilisateurs. Mais le vrai défi reste à venir, convertir cette ruée promotionnelle en usages durables, car dans la course à l’IA, gagner des utilisateurs est une chose, les garder en est une autre.
L'agenda du lundi : Semaine test pour les marchés
Cette semaine, les investisseurs devront composer avec des marchés asiatiques largement fermés pour le Nouvel An chinois, ce qui pourrait réduire les volumes en début de semaine. Mardi, l’attention se portera surtout sur l’inflation en Allemagne, ainsi que sur l’indice ZEW, qui mesure le moral des investisseurs allemands. Côté entreprises, les résultats de Coca-Cola et Palo Alto Networks seront également surveillés. Mercredi, toujours marqué par des fermetures en Chine et à Hong Kong, les marchés suivront l’inflation en France.
La fin de semaine s’annonce beaucoup plus dense. Vendredi concentrera l’essentiel de l’attention avec les indices PMI en France, en Allemagne, en Europe et aux États-Unis, qui permettront de prendre le pouls de l’activité économique, ainsi que la publication du PIB américain, indicateur clé de la santé économique mondiale. Côté entreprises, cette semaine de nombreux groupes français publieront leurs résultats, dont Air Liquide, Danone, Renault, Carrefour, Euronext, Aéroports de Paris, Orange, GTT, Nexans ou encore FDJ.
Demain à la Une : L'Asie en pause
Demain, une partie de l’Asie tournera au ralenti avec la fermeture des Bourses de Chine, Hong Kong et Taïwan à l’occasion du Nouvel An chinois, ce qui devrait réduire l’activité sur les marchés en début de séance. L’attention des investisseurs se déplacera donc vers l’Europe, et plus particulièrement vers l’Allemagne, avec la publication de l’inflation (IPC) et de l’indice ZEW, qui mesure le moral des investisseurs et analystes financiers. Deux indicateurs importants pour évaluer la dynamique économique de la première économie européenne et prendre la température des marchés en ce début d’année.
Le lexique : Les valeurs cycliques
Les valeurs cycliques sont des actions d’entreprises dont l’activité dépend fortement de la santé de l’économie. Quand la croissance accélère, que la consommation et l’investissement repartent, leurs ventes et bénéfices ont tendance à progresser rapidement, ce qui peut soutenir le cours de Bourse. À l’inverse, en période de ralentissement, elles sont souvent plus vulnérables car la demande se contracte et leurs résultats se dégradent plus vite.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.