Vendredi 27 février

Les marchés : Le pire mois depuis un an ?

Les marchés boursiers sont hésitants en cette fin de mois de février. À Paris, le CAC 40 clôture en baisse de 0,47%, à 8 581 points, après une succession de records historiques ces derniers jours. Sur la semaine, le CAC signe une performance de 0,77%. +5,6% sur le mois. Pas mal !

Mais globalement, les investisseurs préfèrent rester prudents face aux nombreux sujets d’actualité, notamment les tensions géopolitiques et les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis. Les résultats des entreprises influencent aussi la tendance : certaines actions reculent après des perspectives jugées décevantes par le marché, comme Saint-Gobain (-0,7%) ou Teleperformance (-3,6%), à l’inverse de Biomérieux (+3,7%) dont les résultats sont globalement bons.

Aux États-Unis, la Bourse est plus chahutée. Le S&P 500 et le Nasdaq s’orientent vers leur pire mois depuis un an. Des baisses relativement symboliques, au moment où nous écrivons cette édition : -1% pour le S&P sur le mois, -3,1% pour l’indice technologique. Reste à savoir si cette baisse va se poursuivre en mars, la principale inconnue étant la géopolitique, avec l’Iran. En tout cas, la rotation géographique se poursuit en faveur de l’Europe : outre le CAC, l’Euro Stoxx 50 gagne 3,2% sur le mois.

Les valeurs technologiques sont particulièrement sous pression. Nous vous en parlons souvent, les investisseurs s’interrogent toujours sur le niveau très élevé de leurs valorisations et sur les retombées réelles des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Même Nvidia, pourtant en forte croissance, recule (-5,5% hier, -1,7% aujourd’hui), preuve du climat de méfiance actuel. Dans ce contexte, une partie des investisseurs se tourne vers des entreprises plus traditionnelles et jugées plus défensives, considérées comme moins risquées.

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Les valeurs : Téléperformance, Saint-Gobain, Cegedim

Téléperformance

Teleperformance cède 3,56% à 51,48€ après une publication annuelle qui ne rassure pas le marché, déjà très sceptique sur les acteurs de la relation client, jugés vulnérables face à l’essor de l’intelligence artificielle. Si les résultats de 2025 sont globalement en ligne avec les attentes, le quatrième trimestre a légèrement déçu, avec un recul organique du chiffre d’affaires de 0,6%, là où le marché attendait une légère hausse. La faiblesse persistante des activités spécialisées entretient aussi les doutes. Sur l’ensemble de l’exercice, le chiffre d’affaires recule de 0,7% à 10,3 milliards d’euros, pour une marge opérationnelle ramenée à 14,6%.

Le vrai point noir reste toutefois la trésorerie. Le spécialiste de la relation client externalisée vise un flux de trésorerie de 800 à 850 millions d’euros en 2026, en baisse sur un an, notamment à cause d’effets de change défavorables. Dans un dossier où les investisseurs réclament de la visibilité, ce signal l’emporte sur le reste. La nomination de Jorge Amar, expert reconnu de l’IA, au poste de directeur général à partir de mi-mars, marque bien une volonté d’accélérer la transformation du groupe, mais elle ne suffit pas encore à dissiper les inquiétudes sur la croissance, le cash et les perspectives du secteur. Depuis le début de l’année, le titre cède 16%.


Saint-Gobain

Le groupe de matériaux de construction abandonne 0,71% à 86,24€ après une publication correcte, mais sans l’élan suffisant pour rassurer le marché sur 2026. En 2025, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 46 milliards d’euros, en léger repli de 0,2%, pénalisé par une activité toujours difficile en Amérique du Nord. Si les prix ont soutenu l’activité, les volumes restent mal orientés, en baisse de 1,3% sur l’année, avec une dégradation marquée au quatrième trimestre sur le continent américain.

Mais la sanction boursière vient surtout des perspectives de 2026 ! La direction vise une marge d’exploitation supérieure à 15%, un objectif inférieur aux attentes du consensus, qui tablait plutôt sur 15,8%. Le groupe a en outre prévenu que le premier semestre serait affecté par des conditions météorologiques défavorables en Europe et en Amérique du Nord, ce qui alimente la crainte de révisions en baisse des prévisions. Dans un contexte où les investisseurs sont déjà attentifs au ralentissement du marché immobilier américain, ce discours prudent l’emporte sur des résultats pourtant solides, d’où le repli du titre en Bourse. Depuis le début de l’année, Saint-Gobain perd environ 1% à la Bourse de Paris.


Cegedim

Le marché ne pardonne pas ! Cegedim chute de 9,32% à 10,70€, fragilisé par une fuite de données. Son logiciel MonLogicielMedical.com, utilisé par environ 3 800 médecins en France, a été attaqué fin 2025, provoquant une fuite massive de données administratives de patients. Selon les informations relayées par les autorités et les médias, jusqu’à 15 millions de dossiers pourraient être concernés. Le groupe précise que les dossiers médicaux sont restés intègres, mais reconnaît la compromission de données dont des noms, coordonnées et commentaires administratifs.

Au-delà de l’aspect technique, le risque réputationnel et réglementaire pèse sur le dossier. Saisie de la CNIL, enquête judiciaire et exigences du ministère de la Santé alimentent l’incertitude. Malgré les commentaires du groupe, la fuite de données fragilise la confiance et explique la correction du titre en Bourse. Décidément, la France vit une période très difficile en matière de cyberattaques… Depuis le début de l’année, le titre éligible au PEA-PME cède un peu plus de 21%.


La recommandation du jour : L'analyse de vos actions

On termine ce soir notre tour d’horizon de Meilleurtaux Bourse Privée. Avec un service qui a été intégralement refondu ces dernières semaines : tant sur la forme que sur le fond. Celui des analyses : analyses de portefeuilles, analyses graphiques.

Concrètement, nos experts analysent votre portefeuille boursier. Ils vous donnent leur avis sur chaque action que vous détenez, leur pondération, un objectif boursier, ainsi que la diversification globale de votre sélection. Et bien sûr, ils mentionnent des titres qui pourraient compléter votre portefeuille.

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Le résultat du vendredi : 110 milliards

OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, vient de réaliser une levée de fonds gigantesque de 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Nvidia et SoftBank. Cette opération valorise désormais la société à 730 milliards de dollars avant même l’arrivée de cet argent. L’objectif est clair : répondre à l’explosion mondiale de la demande en intelligence artificielle en investissant massivement dans la puissance informatique, la diffusion de ses outils et le financement de ses infrastructures.

Dans ce cadre, OpenAI renforce fortement ses partenariats avec les grands acteurs du cloud et des semi-conducteurs. Avec Amazon, un accord stratégique prévoit la création d’un environnement permettant aux entreprises de développer facilement des applications d’IA à grande échelle. OpenAI utilisera aussi les infrastructures d’Amazon pour faire tourner ses modèles, ce qui doit réduire les coûts et accélérer leur déploiement. En parallèle, la collaboration avec Nvidia s’intensifie pour disposer de capacités de calcul encore plus importantes, indispensables pour entraîner et faire fonctionner des modèles toujours plus puissants.

Malgré ces nouveaux accords, le partenariat historique avec Microsoft ne change pas. Azure reste l’infrastructure principale pour une partie essentielle des services d’OpenAI, et Microsoft conserve des droits exclusifs sur certaines technologies. Les deux entreprises continuent donc de travailler étroitement ensemble, même si OpenAI multiplie les alliances pour accompagner sa croissance.

Cette stratégie s’appuie sur une adoption massive de ses outils : ChatGPT compte des centaines de millions d’utilisateurs actifs et plusieurs millions de clients professionnels payants. De plus en plus d’entreprises, de startups et même d’administrations utilisent la plateforme pour automatiser des tâches, améliorer leur productivité et créer de nouveaux services. Avec ces investissements colossaux, OpenAI veut devenir l’infrastructure centrale de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale et soutenir la prochaine génération d’applications basées sur l’IA.

Nous vous en parlions ces derniers jours, le marché attend désormais avec impatience l’entrée en Bourse d’OpenAI, prévue d’ici la fin de l’année.


Le monde d'après : Netflix gagne en renonçant

Netflix rassure Wall Street en renonçant à racheter Warner Bros Discovery. Pourtant favori, le groupe de streaming a confirmé qu’il ne s’alignerait pas sur l’offre relevée de Paramount à 31$ par action, jugeant l’opération non créatrice de valeur pour ses actionnaires. À ce prix, Warner est valorisé autour des 110 milliards de dollars. Une décision saluée par le marché : le titre bondit d’environ 8% à New York, mettant fin à plusieurs mois d’incertitudes qui avaient pesé sur l’action, en repli de près de 40% depuis les premières rumeurs de rapprochement.

Pour Netflix, la discipline financière prime. Au prix exigé pour surenchérir, le risque de surpayer un actif complexe à intégrer entre studios, chaînes télévisées et plateforme HBO Max, devenait trop élevé. En prime, le groupe percevra 2,8 milliards de dollars d’indemnités de rupture, renforçant sa trésorerie. La direction a d’ores et déjà annoncé la reprise des rachats d’actions, signal clair envoyé aux investisseurs sur la priorité donnée à la création de valeur organique (voir lexique).

Certes, l’abandon prive Netflix d’un catalogue prestigieux et qui aurait consolidé sa domination dans la guerre du streaming. Mais le marché préfère voir le groupe se concentrer sur ses fondamentaux : pouvoir de fixation des prix, marges solides et capacité d’exécution. En évitant une coûteuse bataille d’enchères, Netflix gagne en flexibilité financière et rassure les investisseurs, désormais plus attentifs à la rentabilité qu’à la croissance à tout prix.


Demain à la Une : C'est votre argent exceptionnel

La Bourse : acheter ou vendre ? Quelles actions choisir ? Quel est le placement de la semaine ?

Trump a-t-il embelli l'état de l'économie américaine ? Faut-il baisser les taux drastiquement ?

Avec nos Jedi de l'économie et de la finance réunis autour de Marc Fiorentino : Hervé Goulletquer d'Accuracy, Eric Lewin de Bourse Direct, Andrzej Kawalec de Moneta et le MONUMENTAL Jean-Marc Daniel.

À ne pas manquer !

Sur BFM Business, ce soir à 20h et en replay samedi à 9h, et dimanche à 11h et 21h.

Et en podcasts sur toutes les grandes plateformes.


Le lexique : Valeur organique

La valeur organique désigne la croissance réelle d’une entreprise issue de son activité propre, sans tenir compte des effets liés aux acquisitions, aux cessions ou aux variations de change. Autrement dit, elle mesure la progression “naturelle” du chiffre d’affaires ou des bénéfices grâce au développement des ventes, à l’innovation, aux gains de parts de marché ou à l’amélioration des prix. Pour l’investisseur, c’est un indicateur précieux car il permet de savoir si une société crée de la richesse par elle-même, de façon durable, et non simplement en rachetant d’autres entreprises. On parle aussi de “croissance organique”.

* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.

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