Mercredi 25 mars

La guerre au Moyen-Orient a provoqué un choc sur les marchés.
Il n’est pas seulement pétrolier, il est aussi obligataire.
Le premier est évident, avec un baril en hausse de 35%, à 100$.
Le second l’est beaucoup moins mais tout aussi dangereux.
C’est celui qui peut coûter le plus cher.
Et il a déjà commencé.

Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement

RÉÉCRIRE LE SCÉNARIO

Le marché obligataire déteste une chose : devoir réécrire son scénario.
Il espérait une détente, une baisse des taux.
Il table désormais sur trois hausses des taux d’intérêt de la BCE cette année.
Il redoute en effet un regain d’inflation, ou au moins une désinflation plus lente.
Résultat, les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter aux États.
C’est la mécanique de base du taux de référence, celui à 10 ans.
Plus le doute monte, plus le rendement exigé grimpe pour cette obligation incontournable.

AU PLUS HAUT DEPUIS 2009

Le 10 ans français est ainsi passé de 3,2% à 3,8% en moins d’un mois.
Il a même atteint un pic à 3,87% lundi matin, au plus haut depuis juillet 2009.
En Allemagne, le taux de référence est passé de 2,65% à un peu plus de 3%. Un record depuis 2011.
La hausse est également marquée aux États-Unis (de 3,95% à 4,40%).
Avec, à la clé, une facture très variable selon la durée du conflit.
Mais on parle a minima de plusieurs milliards.

L’ALERTE DU SPREAD

Pour la France, le sujet est sensible.
L’écart de taux (le “spread”) avec l’Allemagne atteint environ 80 points de base.
C’est un niveau élevé et souvent considéré comme une alerte par le marché.
Quand cet écart se creuse, la confiance envers la France diminue.
Le marché fait le tri et dans le doute, il préfère Berlin à Paris.
Dans les périodes calmes, cela se voit peu.
Dans les périodes de tension, cela se paie tout de suite.

LE SUJET DE FOND

La guerre n’explique pas tout.
Aux États-Unis comme en Europe, le problème de fond était déjà là bien avant le conflit : des montagnes de dette à refinancer, des émissions obligataires massives, et partout, ou presque, une incapacité politique à freiner la dépense publique.
La guerre met de l’essence sur un feu qui couvait déjà.
Elle accélère le mouvement. Elle ne le crée pas seule.

UN RAPPEL BRUTAL…

mais nécessaire pour Paris.
Le marché exige davantage pour financer les États les plus fragiles.
Et clairement, la France en fait partie.
Une guerre à plusieurs milliers de kilomètres peut ainsi produire un effet très concret ici : une dette de plus en plus chère pour les derniers de la classe.

LE CHOC INVISIBLE

Le baril, tout le monde le regarde.
Le taux à 10 ans, beaucoup moins.
Pourtant, c’est souvent lui qui finit par présenter l’addition.
Une source d’espoir tout de même : quand le conflit sera terminé, les taux vont rebaisser.
Probablement moins vite que le pétrole car la prime de risque met plus de temps à disparaître sur le marché obligataire.
Sur les taux comme sur le pétrole, tout repose donc sur la durée du conflit…
Une seule certitude : Trump ne peut pas laisser les taux déraper trop longtemps.

À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?

LES ACTUS DE LA NUIT…

vont plutôt dans le bon sens, mais appellent à la prudence.
Les États-Unis ont transmis un plan de paix en 15 points à l'Iran.
Ils proposent un cessez-le-feu d’un mois.
De son côté, Téhéran va laisser passer les navires “non hostiles” par le détroit d'Ormuz.
Les médias américains précisent toutefois que 3 000 parachutistes arrivent en renfort au Moyen-Orient.
Israël annonce poursuivre ses frappes en Iran et au Liban.
Et Téhéran a envoyé ces dernières heures de nouveaux missiles vers Israël.
Sur le terrain, la situation est donc toujours très tendue…

PREMIER IMPACT

Hier, de premiers indicateurs ont officialisé le ralentissement économique provoqué par la guerre.
Sans surprise, elle a commencé à freiner l’activité de la zone euro en mars.
La hausse des prix de l’énergie et les perturbations d’approvisionnement pèsent, même si l’activité reste globalement en (légère) croissance.
Le ralentissement est plus marqué en France qu’en Allemagne, qui résiste un peu mieux grâce au plan de relance de Merz.
C’est le coup de frein le plus important depuis 2022 et le début de l’invasion russe en Ukraine.

L’EUROPE JOUE GROS

Après huit ans de négociations, l’UE et l’Australie ont bouclé un accord de libre-échange.
Pour Bruxelles, le principal objectif est de sécuriser l’accès aux minerais stratégiques australiens, indispensables à l’industrie, à la transition écologique et à la réduction de la dépendance à la Chine.
En contrepartie, l’UE ouvre davantage son marché agricole, notamment au bœuf australien.
C’est là que le pari devient risqué.
Les éleveurs européens, surtout français, redoutent une pression supplémentaire sur une filière déjà fragile, quelques semaines après la signature du Mercosur.
La Commission promet des garde-fous, des quotas encadrés et des exigences sanitaires, environnementales et de bien-être animal.
Mais pour sécuriser un intérêt stratégique de long terme, Bruxelles est prêt à accepter un peu plus de tensions politiques à court terme.

DU CÔTÉ DE VOTRE ARGENT

Par MoneyVox, le spécialiste de l'information sur l'argent (banque, crédit, impôt, etc.).
Les réserves d'or de la Banque de France atteignent 283 milliards d'euros, un record.
Plus de 2 400 tonnes d'or. La valeur de la réserve d'or de l'Etat, la quatrième la plus importante du monde, voit sa valeur flamber, selon la Banque de France qui gère ce précieux magot.
>> Lire cet article sur MoneyVox.fr

DU CÔTÉ DES PLACEMENTS

Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement.
"Les livrets d’épargne réglementée comme le livret A, le LDDS ou le LEP jouent un rôle clé dans l’économie. Comme détaillé dans cet article, une partie des fonds finance notamment le logement social et d’autres projets d’intérêt général, et leur utilisation est appelée à évoluer. Et si vous souhaitiez que votre argent serve à d’autres priorités ?
Les livrets conservent un rôle central pour sécuriser une épargne disponible à tout moment.
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DU CÔTÉ DES MARCHÉS

Par Sélina Seremet, Analyste Bourse Meilleurtaux Placement.
"Le marché veut y croire… encore. Le CAC 40 bondit de 1,5% ce mercredi, porté par un regain d’optimisme autour d’une possible désescalade au Moyen-Orient, alors que Wall Street est elle aussi attendue en hausse et que les cours du pétrole reculent. Les investisseurs se raccrochent à l’existence d’un plan américain en 15 points transmis à Téhéran pour tenter de mettre fin au conflit, évoquant notamment un cessez-le-feu temporaire et des engagements sur la sécurité régionale et le programme nucléaire iranien. Sans confirmation officielle détaillée à ce stade, ce signal suffit néanmoins à apaiser les tensions sur les marchés. Le Brent recule de plus de 3% après avoir frôlé les 100 dollars, favorisant un rebond généralisé des places asiatiques. Tokyo gagne près de 3%, tandis que les indices chinois et coréens progressent également. Les obligations souveraines se détendent légèrement, traduisant un reflux des anticipations inflationnistes et une accalmie, au moins provisoire, sur le front énergétique."

ON S'EN FOUT ?

Cuba propose d’indemniser les Américains dont les biens ont été nationalisés pour environ 9 milliards de dollars. En plein bras de fer, La Havane veut solder 60 ans d’histoire… mais sans avoir vraiment les moyens de payer la facture ; La Russie a lancé hier près de 1 000 drones sur l’Ukraine, dans l’une des attaques les plus intenses du conflit ; Israël envisage de prendre le contrôle militaire d’une partie du Sud du Liban ; TF1 arrêtera son émission dominicale Téléfoot en juin, près de 50 ans après sa création. La fin d’une époque ; Le ciel leur est tombé sur la tête… Un fragment de météorite a traversé le toit d’une maison au Texas, sans faire de blessés ; Le gouvernement planche sur des mesures pour soutenir les “grands rouleurs” confrontés à la hausse des carburants. En France, on n’a toujours pas de pétrole mais on a des idées…

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