Trump promet une nouvelle vague de sanctions contre l’Iran.
Des mesures “jamais vues”, selon son secrétaire au Trésor Scott Bessent.
Mais Washington a déjà sanctionné plus de 1 000 personnes, navires et appareils liés à l’Iran depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche.
Le vrai problème est ailleurs.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
Pour réellement couper les revenus pétroliers de Téhéran, les États-Unis doivent s’attaquer à son principal acheteur : la Chine.
Plus de 80% du pétrole iranien expédié par mer lui était destiné en 2025. Pékin ne l’achète pas par sympathie pour Téhéran, mais parce qu’il est bon marché.
Avant la guerre, le brut iranien se négociait jusqu’à 10 dollars sous le Brent européen.
En 2025, Pékin en absorbait environ 1,4 million de barils par jour !
Les États-Unis ont déjà sanctionné plusieurs raffineries chinoises. En avril, Washington a notamment visé Hengli, l’une des plus importantes du pays, accusée d’avoir acheté pour plusieurs milliards de dollars de pétrole iranien.
Le Trésor américain traque aussi la flotte fantôme qui transporte ce brut en brouillant son origine : navires intermédiaires, faux documents, transbordements en pleine mer…
L’Iran a bâti tout un écosystème financier et maritime pour contourner les sanctions.
Ces petites raffineries ont toutefois une faiblesse… qui fait aussi leur force : beaucoup entretiennent peu de liens avec le système financier américain.
Les sanctionner peut leur faire mal, sans forcément les arrêter.
Un levier autrement plus puissant serait de frapper les banques chinoises qui facilitent les paiements. Washington aurait déjà averti deux grands établissements qu’ils risquaient des sanctions.
Cette fois, le choc changerait de dimension. Une banque coupée du dollar ou des marchés américains peut rapidement devenir radioactive pour ses partenaires internationaux.
C’est précisément ce qui rend l’équation explosive.
Frapper de grandes banques chinoises reviendrait à transformer la pression sur l’Iran en guerre financière avec Pékin.
Et la Chine dispose de moyens de riposte majeurs. Washington redoute en particulier de nouvelles restrictions sur les exportations de minerais critiques, indispensables aux semi-conducteurs, aux batteries et à de nombreuses technologies de pointe.
Trump pourrait aussi obtenir du Congrès de nouveaux pouvoirs pour taxer les pays commerçant avec l’Iran.
Mais plus les États-Unis resserrent l’étau autour de Téhéran, plus ils risquent de tendre leurs relations avec la deuxième économie mondiale.
C’est tout le paradoxe de la stratégie américaine.
L’Iran est déjà lourdement sanctionné, mais chaque entité blacklistée est rapidement remplacée : de nouvelles sociétés apparaissent pour remplacer les anciennes, dans un gigantesque jeu du chat et de la souris.
Pour vraiment assécher les revenus de Téhéran, Washington devra peut-être frapper ceux qui achètent son pétrole et financent ses échanges.
Pour les marchés, l’enjeu dépasse alors très largement l’Iran. Pétrole, banques, commerce mondial, minerais critiques et technologies pourraient être entraînés dans la bataille.
Trump veut étouffer Téhéran. Reste à savoir jusqu’où il est prêt à défier Pékin pour y parvenir.
Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement.
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ON S'EN FOUT ?
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