
PNRR italien, le dernier train est-il déjà passé ?
par Renan Kerourio, analyste chez Euroland Corporate
Le PNRR italien, Plan national de relance et de résilience, est le programme d’investissement et de réformes mis en place par l’Italie dans le cadre de NextGenerationEU après la crise sanitaire. Lancé en 2021 et révisé à six reprises, il constitue le plus important plan national financé par la Facilité européenne pour la reprise et la résilience, avec une enveloppe totale de 194,4 Md€, répartie entre 71,8 Md€ de subventions et 122,6 Md€ de prêts européens.
À l'approche de sa clôture, avec une échéance fixée au 31 août 2026 pour la réalisation des jalons et objectifs, et au 30 septembre 2026 pour le dépôt de la dernière demande de paiement, la vraie question pour l'investisseur n'est plus tant de savoir combien Rome a obtenu que quels secteurs ont déjà bénéficié du plan et où l'activité peut encore se prolonger.

Une partie des grands gagnants est désormais connue. La dernière révision a notamment renforcé de 4,7 Md€ Transizione 4.0, permettant de financer des crédits d'impôt liés à des investissements réalisés entre 2020 et 2025. Pour les fournisseurs italiens de machines, d'automatisation et de biens d'équipement, une partie significative de l'effet PNRR appartient donc déjà aux exercices passés. À l'inverse, Transizione 5.0 a été réduit de 3,8 Md€. Mais la fin réglementaire du PNRR ne signifie pas l'arrêt brutal des dépenses. L'UPB identifie 23,8 Md€ de ressources affectées à des mesures permettant de poursuivre certaines dépenses au-delà de 2026. Au 30 janvier, moins de 2,3 Md€ avaient effectivement été dépensés sur ces dispositifs. Les facilities, les instruments financiers et certains programmes pluriannuels permettent ainsi de dissocier le calendrier européen des décaissements de celui de l'investissement réel.

Et c'est là que la lecture boursière devient intéressante. Près de 60% de ces 23,8 Md€ sont concentrés dans la transition verte, avec 14,1 Md€. On y retrouve notamment 4 Md€ pour les contrats de filière agroalimentaire et agricole et 3,9 Md€ pour le soutien aux technologies net zéro et aux chaînes d'approvisionnement stratégiques. Le ferroviaire reste également à surveiller, avec plusieurs investissements regroupés dans un programme de 6,59 Md€. Le PNRR touche donc à sa fin administrativement, mais pas nécessairement dans les comptes des entreprises. Pour les small et mid caps italiennes, l'enjeu est désormais d'identifier les carnets de commandes encore exposés aux projets dont l'exécution se poursuivra plusieurs années, plutôt que les valeurs ayant simplement profité de la première vague de crédits d'impôt.
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