La pression remonte brutalement sur les marchés. Le CAC 40 perd ce soir 1,22%, à 7 769 points, après son fragile rebond de 0,40% d’hier. Deux vieilles connaissances reviennent hanter les investisseurs : le pétrole et les taux d’intérêt. Le Brent évolue autour de 102$ le baril, soutenu par de nouvelles tensions au Moyen-Orient, tandis que le rendement de l’obligation américaine à dix ans remonte autour de 5,3%, proche de ses plus hauts depuis 2002. L’OAT française à dix ans reste elle aussi sous forte pression, autour de 4,8%.
Vous connaissez la chanson : un pétrole plus cher entretient l’inflation et renforce le risque de voir les banques centrales maintenir des taux élevés plus longtemps. Résultat, les valeurs financières et technologiques souffrent particulièrement. Société Générale chute de 5%, tandis que les semi-conducteurs européens reculent nettement.
Wall Street n’échappe pas au mouvement. Dans les premières heures d’échange, le S&P 500 cède 0,5% et le Nasdaq 0,6%, au lendemain de nouveaux records historiques. Le grand rendez-vous arrivera à 20h avec le compte rendu de la dernière réunion de la Fed. Après plusieurs séances durant lesquelles l’intelligence artificielle semblait capable de faire oublier tous les risques, le pétrole et les obligations rappellent que le prix de l’argent reste déterminant.
Dans la suite de cette édition, nouveau coup de projecteur sur les ETF équipondérés. Bonne lecture !
EURO STOXX 50
6 175 pts
-1,55%
DAX
25 091 pts
-1,41%
NASDAQ
27 375 pts
-0,64%
OAT 10 ANS
4,86 %
+2,55%
NIKKEI
70 036 pts
-0,92%
BITCOIN
83 304 $
-3,24%
LES VALEURS
ORANGE
JPMorgan redonne des couleurs à Orange ! Le titre gagne 1,32% ce mercredi à 14,25€, parmi les meilleures performances du CAC 40. Pour la banque américaine, le recul d’environ 25% depuis les récents sommets est allé trop loin et offre désormais un point d’entrée intéressant. Elle reste positive sur l’opérateur français et relève légèrement son objectif de cours de 22,50 à 22,60€ (soit un potentiel de hausse de près de 60%). Surtout, JPMorgan s’attend à une bonne surprise lors des résultats du 27 octobre, avec la possibilité qu’Orange relève encore ses objectifs pour 2026.
Et un autre dossier pourrait soutenir le titre : SFR. Orange pourrait en effet s’associer à Bouygues Telecom et Iliad pour reprendre une partie du groupe de Patrick Drahi, une opération qui réduirait de facto la concurrence sur le marché français. Pour la suite, JPMorgan table sur une croissance moyenne de 15% par an du bénéfice par action entre 2025 et 2028. Entre des résultats attendus solides, une valorisation redevenue attractive et le dossier SFR, Orange retrouve plusieurs arguments pour séduire les investisseurs. Depuis le 1er janvier, le titre est à l’équilibre (hors dividendes).
LE SECTEUR AUTOMOBILE
Renault et Stellantis accélèrent en tête du CAC 40. Renault bondit de 3,72% à 26,76€ et Stellantis de 1,57% à 4,13€, portés par une possible riposte de Bruxelles face aux constructeurs chinois. La Commission européenne étudierait des mesures pour freiner les importations de voitures hybrides fabriquées en Chine, dont les ventes progressent à toute vitesse en Europe. BYD a par exemple vu ses immatriculations bondir de 129% en août, tandis que celles de Chery et Leapmotor ont plus que triplé.
Pour Renault et Stellantis, la perspective est évidemment favorable, limiter les volumes importés ou imposer des droits de douane supplémentaires réduirait la pression exercée par leurs concurrents chinois, particulièrement agressifs sur les prix. Rien n’est encore décidé, mais après les voitures électriques, déjà davantage taxées à l’entrée de l’Union européenne, Bruxelles pourrait donc étendre sa protection aux hybrides. Une perspective qui redonne un peu d’air aux constructeurs européens en Bourse. Désormais, Renault et Stellantis cèdent respectivement 24% et 56% en 2026 à la Bourse de Paris.
Palmarès SBF 120
PLUS FORTES HAUSSES
RENAULT
26,76€
+3,72%
IPSEN
145,00€
+3,13%
REMY COINTREAU
42,70€
+2,99%
PLUS FORTES BAISSES
MERSEN
40,38€
-6,79%
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
63,94€
-5,01%
LEGRAND
141,15€
-4,89%
LE COIN DES SMALLS
LA FRANÇAISE DE L’ÉNERGIE
Grosse sanction pour La Française de l’Énergie, qui s’effondre de 18,92% à 14,48€ ce soir. Le producteur d’énergie bas carbone paie une erreur dans sa stratégie de couverture sur le gaz. L’entreprise avait sécurisé à l’avance davantage de ventes de gaz que ce qu’elle pouvait réellement produire et doit maintenant racheter une partie de ces contrats. Aux prix actuels, la perte potentielle atteint 25,8 millions d’euros, même si ce montant peut encore évoluer avec les cours du gaz. La perte déjà enregistrée atteint 7,6 millions d’euros à fin septembre.
L’incident oblige surtout la direction à revoir ses priorités. Elle veut préserver sa trésorerie en réduisant ses coûts, en vendant plusieurs actifs et en ralentissant certains investissements pour se concentrer sur les projets les plus rapidement rentables. Le bureau d'analyse TP ICAP Midcap estime même que le programme d’investissement pourrait être réduit de près de moitié et suspend sa recommandation à l’achat ainsi que son objectif de cours. Le groupe présentera de nouvelles ambitions à horizon 2032 le 10 décembre, mais en attendant, la perte de visibilité inquiète fortement le marché. Depuis le début de l’année, le titre cède 54%...
LE POINT SECTORIEL
Une rentrée difficile. En septembre les marchés boursiers ont été chahutés dans un contexte macroéconomique globalement adverse, entre hausses des taux, inflation et tensions géopolitiques. En France, le CAC 40 a perdu -4,5% et s’établit désormais à 7 959 pts. De son côté, le CAC Mid & Small a mal résisté et a cédé -5,8% pour atteindre 13 765 pts.
Le S&P 500 est incontournable. Mais sa concentration croissante sur quelques géants technologiques constitue un risque important. Une alternative permet de rester exposé aux 500 mêmes entreprises, tout en réduisant fortement cette dépendance : le S&P 500 Equal Weight (S&P 500 équipondéré en français) où chaque société pèse le même poids dans l’indice. Résultat, une exposition plus équilibrée à l’économie américaine, moins dominée par les méga-capitalisations technologiques.
L’ETF Amundi S&P 500 Equal Weight (ISIN : LU2991918421) constitue une piste d’investissement très intéressante. Il réplique cet indice pour seulement 0,12% de frais de gestion par an. Et dans un marché volatil, inutile de chercher à tout prix le point d’entrée parfait. Les versements programmés (mensuels ou trimestriels) permettent d’investir progressivement et de lisser son prix d’achat dans le temps. Attention toutefois, “équipondéré” ne veut pas dire dépourvu d’actions technologiques : elles représentent 16% de l’indice, contre 40% dans sa version classique.
Lancé en mars 2025, cet ETF est éligible à notre assurance-vie Meilleurtaux Liberté Vie.
Voici ses performances récentes, à la clôture du lundi 5 octobre : +16,50%* en 2026 +16,95%* sur un an
Rendez-vous à 20h. La Fed publiera le compte rendu de sa réunion des 15 et 16 septembre, durant laquelle elle avait relevé ses taux de 0,25 point, pour les porter entre 3,75% et 4%. La décision avait été prise à l’unanimité. Mais derrière cette apparente unité, les divergences semblent importantes.
Certains responsables estiment que l’inflation reste suffisamment élevée pour justifier de nouvelles hausses de taux. D’autres veulent désormais avancer plus prudemment, notamment après le net ralentissement récent du marché de l’emploi. Les investisseurs chercheront donc moins à comprendre pourquoi la Fed a relevé ses taux en septembre qu’à savoir combien de responsables sont encore prêts à recommencer.
Le marché n’attribue plus qu’une probabilité d’environ 20% à une nouvelle hausse lors de la réunion de fin octobre, contre des anticipations nettement plus élevées il y a encore quelques semaines. Avec un taux américain à dix ans autour de 5,3%, chaque nuance comptera. Les taux directeurs sont importants, mais aujourd’hui, c’est surtout le marché obligataire qui fait la loi…
LE MONDE D'APRÈS
L’IA À CRÉDIT
Après les puces et les data centers, la dette devient le nouveau carburant de l’IA. Alphabet, Amazon et Microsoft auraient déjà émis environ 220 milliards de dollars de dette en 2026, plus du double de l’an dernier, notamment pour financer leurs gigantesques investissements dans les infrastructures informatiques. Et les premiers signaux de tension apparaissent. Oracle en est devenu l’un des symboles. Le coût de l’assurance contre un défaut du groupe, mesuré par ses CDS (voir lexique), a fortement grimpé ces dernières semaines et atteint son plus haut niveau depuis cinq ans.
Autre alerte : environ 18 milliards de dollars de prêts ayant servi à financer un immense data center destiné notamment à OpenAI valent désormais moins sur le marché que leur montant initial. En clair, les investisseurs ne sont plus prêts à les racheter au prix de départ. Ils exigent une décote, donc un rendement plus élevé, pour accepter ce risque. C’est encore un signal faible, mais il traduit une méfiance croissante envers le financement massif des infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Cela ne signifie pas que la révolution de l’IA touche à sa fin. Cela signifie que son financement devient un enjeu majeur.
Construire des data centers, acheter des dizaines de milliers de puces et produire l’électricité nécessaire coûte des centaines de milliards. Tant que les bénéfices progressent assez vite, la machine peut continuer. Mais avec des taux proches de leurs sommets depuis vingt ans, l’IA doit désormais prouver qu’elle peut rentabiliser sa montagne d’investissements. Affaire à suivre de très près !
DEMAIN À LA UNE
EMPLOI ET PEPSICO
Le marché américain retrouvera demain un nouveau thermomètre de l’emploi. À 14h30, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont attendues autour de 200 000, contre 197 000 précédemment. Après le mauvais rapport sur l’emploi publié vendredi, une nouvelle dégradation renforcerait l’idée que l’économie américaine commence réellement à ralentir.
Avant cela, PepsiCo publiera ses résultats trimestriels. Le consensus attend environ 24,97 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 2,30$ de bénéfice par action. Au-delà des chiffres, ses commentaires sur les prix, les volumes et le comportement des consommateurs seront particulièrement intéressants pour mesurer l’impact de l’inflation. Getlink publiera également ses chiffres d’activité en France, tandis qu’un nouveau responsable de la Fed, Alberto Musalem, prendra la parole dans la soirée.
LE LEXIQUE
LES CDS
Un Credit Default Swap est une sorte d’assurance contre le défaut d’un emprunteur. Un investisseur paie une prime pour être protégé si une entreprise ou un État ne rembourse plus sa dette. Lorsque le coût d’un CDS augmente fortement, cela signifie généralement que les marchés jugent le risque de crédit plus élevé. Cela ne veut pas dire qu’un défaut est imminent, mais c’est un indicateur très suivi pour mesurer la confiance des investisseurs obligataires.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.