La saison des résultats démarre fort à Wall Street. Les grandes banques américaines dévoilent des bénéfices impressionnants, mais les premières publications montrent aussi que les performances sont très contrastées. Goldman Sachs dépasse largement les attentes, Citigroup affiche son meilleur troisième trimestre depuis dix ans en matière de revenus, tandis que JPMorgan déçoit malgré une activité toujours solide. En somme, les grandes banques continuent de gagner beaucoup d'argent, mais elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne.
À Paris, l’indice français clôture à l’équilibre : -0,07% à 7 828 points. Ce matin, le CAC 40 résistait ce matin à la baisse des actions du luxe et des semi-conducteurs. LVMH (-0,1%) limite la casse après une publication trimestrielle décevante dans la Mode et Maroquinerie, tandis que STMicroelectronics (-3,8%) souffre du regain de concurrence chinoise dans les puces mémoire. À l'inverse, les banques françaises retrouvent quelques couleurs. Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt français à dix ans se détend autour de 4,83%, un niveau qui reste néanmoins extrêmement élevé.
Le pétrole marque également une petite pause, avec un Brent autour de 105$ le baril. Mais le véritable juge de paix arrivera demain : l'inflation américaine de septembre. Après 3,4% en août, une nouvelle accélération pourrait compliquer la tâche de la Fed et entretenir la pression sur les taux. Et donc sur les actions, particulièrement technologiques. Dans la suite de cette édition, nous faisons le point sur notre gestion pilotée et mettons à l’honneur, une fois n’est pas coutume, une alternative aux actions. Bonne lecture à tous !
EURO STOXX 50
6 166 pts
-0,57%
DAX
25 251 pts
-0,10%
NASDAQ
27 150 pts
-0,35%
OAT 10 ANS
4,83%
-1,16%
NIKKEI
67 778 pts
-1,82%
BITCOIN
83 450 $
+1,18%
LES VALEURS
LVMH
LVMH déçoit sur son activité la plus stratégique : la mode et la maroquinerie. Le numéro un mondial du luxe a réalisé 18,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires au troisième trimestre, avec une croissance globale qui ralentit à 1%, contre 3% au trimestre précédent. Mais le véritable coup dur vient de sa division phare, qui génère près de 70% de ses bénéfices opérationnels. Ses ventes chutent de 5%, contre un recul de seulement 2% anticipé par le marché. Principal responsable : la demande chinoise, toujours à la peine… En Asie, hors Japon, les ventes reculent de 5%, après avoir progressé de 4% au trimestre précédent. Un sérieux coup de frein !
Tout n’est pourtant pas sombre. Sephora et la distribution progressent de 8%, tandis que les montres et la joaillerie gagnent 6%. Mais ces bonnes performances ne suffisent pas à compenser les difficultés de la mode et de la maroquinerie. La reprise du luxe reste fragile... Goldman Sachs conserve néanmoins son optimisme et anticipe un rebond de 4% des ventes de cette division en 2027. À la condition essentielle que la demande chinoise retrouve enfin des couleurs. En Bourse, LVMH cède 0,12% à 384,05€ ce soir et accuse désormais une chute de 40% depuis janvier.
PERNOD RICARD
Pernod Ricard profite d’une bonne surprise venue de LVMH. Malgré des résultats globalement décevants, le géant du luxe a créé la surprise dans les vins et spiritueux : les ventes bondissent de 6% au troisième trimestre, contre seulement 1% attendu par les bureaux d’études. Le cognac progresse de 7%, porté par une amélioration de la demande chinoise, tandis que le champagne gagne 5%. Un signal encourageant pour un secteur fragilisé depuis plusieurs années par le ralentissement de la consommation et les tensions commerciales.
En Bourse, la réaction est immédiate. Pernod Ricard grimpe de 4,90% à 65,52€, tandis que Rémy Cointreau s’envole de 5,40% à 45,64€. Les investisseurs espèrent voir dans les chiffres de LVMH les premiers signes d’un redémarrage du marché des spiritueux, notamment en Chine, stratégique pour les deux groupes. Mais attention à ne pas crier victoire trop vite : les bonnes performances de LVMH ne garantissent pas celles de ses concurrents. Pernod Ricard devra d’ailleurs confirmer cette embellie lors de la publication de ses résultats trimestriels ce jeudi. D’autant que les deux titres connaissent des fortunes très différentes en 2026 : -11% pour Pernod Ricard depuis janvier, contre +24% pour Rémy Cointreau !
Palmarès SBF 120
PLUS FORTES HAUSSES
TELEPERFORMANCE
74,62€
+5,43%
REMY COINTREAU
45,64€
+5,40%
PERNOD RICARD
65,52€
+4,90%
PLUS FORTES BAISSES
ERAMET
37,24€
-14,43%
INVENTIVA
2,64€
-10,03%
MEDINCELL
26,58€
-7,71%
LE COIN DES SMALLS
BIOSYNEX
Biosynex reprend des couleurs. L’action gagne 2,41% à 0,85€, portée par une avancée majeure dans son redressement financier. Le tribunal de Strasbourg vient de valider le plan de sauvegarde de l’ancien champion des tests Covid, mettant fin à une procédure engagée en septembre 2025 face à ses difficultés de trésorerie. À la clé, une réduction potentielle de 20 millions d’euros de dette, grâce notamment aux concessions de ses créanciers. Une véritable bouffée d’oxygène pour le spécialiste du diagnostic, durement frappé par la fin de la pandémie.
Mais attention, Biosynex est encore loin d’être sauvé. Le groupe devra rembourser ses dettes sur dix ans et surtout renouer avec une rentabilité suffisante pour financer son activité. Malgré un rebond de 46% depuis janvier, l’action, éligible au PEA-PME, reste à des années-lumière de ses sommets de 2021, lorsqu’elle dépassait les 25€. Bref ! Le redressement financier est engagé, mais le redressement économique reste à confirmer…
LA QUESTION CORPORATE
Une entreprise peut-elle être plus solide que son pays ? Un fabricant de cosmétiques inspire désormais aux prêteurs un peu plus de confiance que la République française, et le marché l’a chiffré. Le 23 septembre, L’Oréal a placé une tranche à sept ans à 4 %, quand l’État paie 4,35 % pour la même durée, soit trente-cinq points de base d’avance. Deux semaines plus tard, Air Liquide a reçu près de 12,5 milliards d’euros d’ordres pour une émission de 2 milliards, à des rendements inférieurs à ceux de la dette publique.
Septembre a mis les portefeuilles à rude épreuve : actions en baisse, obligations sous pression, or en recul… Même les valeurs refuges ont vacillé ! Dans ce contexte particulièrement exigeant, comment protéger son épargne sans renoncer aux opportunités de rendement ? C’est tout l’enjeu de Pilot, notre gestion pilotée. Retour dans cet article sur un mois mouvementé, nos derniers arbitrages et les convictions qui guident aujourd’hui les décisions de Marc Fiorentino et de son équipe.
Et si la flambée des taux d’intérêt français devenait une opportunité pour votre épargne ? Fonds en euros boostés, fonds obligataires à échéance, produits structurés… Plusieurs solutions permettent d’en profiter. Parmi elles, M Horizon Capital, notre nouveau placement rapportant un gain potentiel de 5,50% par année écoulée, fixé dès la souscription.
Son fonctionnement est simple : aucun indice boursier à suivre, aucun seuil de marché à surveiller. Dès la première année, Goldman Sachs peut décider de rembourser le produit par anticipation. Vous récupérez alors 105,50% de votre capital après un an, 111% après deux ans, et ainsi de suite. Sans remboursement anticipé, le placement arrive à échéance au bout de 12 ans, avec un remboursement prévu de 166% du capital initial.
La contrepartie ? Une durée de placement incertaine, comprise entre 1 et 12 ans, et un risque de perte en capital notamment en cas de défaut de l'émetteur ou de sortie anticipée à votre initiative. Le gain de 5,50% est conditionné au remboursement selon les modalités prévues, et ne constitue pas un rendement annuel composé. Une solution à envisager pour diversifier son épargne et verrouiller dès aujourd'hui un gain potentiel attractif, sans dépendre des fluctuations des marchés actions.
Les produits structurés présentent un risque de perte en capital partielle ou totale en cours de vie et à l'échéance et doivent s'envisager sur une période d'investissement pouvant courir jusqu'à leur date d'échéance.
LE MONDE D'APRÈS
COUP DE FROID !
Coup de froid sur les champions de la mémoire. Une annonce venue de Chine fait dévisser les géants du secteur en Bourse. Le fabricant chinois CXMT affirme avoir progressé dans le développement d’une nouvelle architecture de DRAM, cette mémoire ultrarapide indispensable aux ordinateurs et à l’IA. Elle serait plus dense, potentiellement plus performante et moins coûteuse à produire. La sanction est immédiate : Samsung chute de plus de 7%, SK Hynix de 10% et Kioxia de 13%. Micron (-5%) recule également à Wall Street.
Pourquoi une telle nervosité ? Depuis un an, les fabricants de mémoire profitent pleinement de la ruée vers l'intelligence artificielle. Les besoins gigantesques des data centers en DRAM ont provoqué une flambée des prix et des marges. Selon JPMorgan, les prix de la DRAM pourraient bondir de 400% entre 2024 et fin 2026 ! Une envolée qui a largement alimenté les performances boursières de Samsung, SK Hynix, Micron et Kioxia.
Mais la Chine pourrait rebattre les cartes. À court terme, l'annonce de CXMT ne menace pas directement la domination des leaders, notamment sur les mémoires haut de gamme destinées à l'IA. En revanche, elle ravive la crainte d'une concurrence chinoise capable d'augmenter l'offre plus rapidement que prévu et de faire baisser les prix. Same old song. Le véritable risque pour les investisseurs ? Que le supercycle de la mémoire, jusqu'ici porté par la pénurie, s'achève plus tôt qu'espéré. Affaire à suivre de très près.
DEMAIN À LA UNE
NOUVEAU TEST POUR L’INFLATION
Demain après-midi, les États-Unis publieront leur inflation de septembre. Le chiffre est particulièrement attendu après une hausse des prix de 3,4% sur un an en août. Les investisseurs surveilleront également l'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, pour déterminer si les tensions sur les prix se diffusent au reste de l'économie.
Avec un pétrole toujours cher, l'enjeu est majeur pour la Fed. Une inflation supérieure aux attentes pourrait renforcer les craintes de taux durablement élevés, tandis qu'une surprise favorable offrirait un peu de répit aux marchés obligataires et aux actions. Les premières réactions pourraient être particulièrement marquées sur les valeurs technologiques. Clairement, c’est le chiffre économique le plus attendu de la semaine. Et avec les premiers résultats trimestriels, les investisseurs ne manqueront pas de matière pour réagir !
LE LEXIQUE
GESTION PILOTÉE
La gestion pilotée permet de confier son épargne à des professionnels qui prennent les décisions d’investissement à sa place. Selon le profil de risque de l’épargnant, les experts sélectionnent les placements, diversifient le portefeuille et ajustent sa répartition en fonction de l’évolution des marchés.
L’objectif : bénéficier d’une gestion professionnelle sans avoir à suivre quotidiennement la Bourse. C’est notamment le principe de Pilot, la gestion pilotée de Marc Fiorentino et de son équipe, qui propose plusieurs profils de risque, du plus prudent au plus dynamique. Une solution pratique pour déléguer ses investissements, mais qui comporte des frais et un risque de perte en capital.
*Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.