Journée étonnante hier sur les taux d'intérêt Européens. Historique bien sûr car les taux Espagnols ont atteint un record à 6.7%, se rapprochant du niveau fatidique des 7% et entraînant les taux italiens dans leur sillage, mais étonnante car pour la première fois l'Allemagne n'a pas servi de refuge. Les taux allemands ont augmenté en même temps que les autres taux. C'est une première.
Journée très tendue hier sur les taux d’intérêt dans la zone euro
On peut une fois de plus utiliser le mot historique puisque les taux espagnols ont dépassé les 6.7%. On rappelle que c’est quand leurs taux ont atteint les 7% que les pays européens en difficulté ont fait appel à l’aide européenne, l’aide totale. Or pour l’instant l’Espagne n’a demandé de l’aide que pour ses banques, mais le marché les pousse déjà à demander une aide pour le pays. Et bien évidemment, les taux italiens qui suivent, qui dépassent les 6% et le gouvernement Italien qui se précipite, comme l’ont fait les autres gouvernements avant eux, pour dire que tout va bien et qu’ils n’ont pas besoin d’aide européenne. Mais ce n’est pas ça qui m’a frappé hier même si c’était historique et spectaculaire. Ce qui m’a frappé hier c’est que la course à la valeur refuge au sein de l’Europe n’a pas fonctionné
C'est-à-dire que les taux allemands ont eux aussi augmenté
Et ça c’est vraiment une première. D’habitude, on a un système de vases communicants. Quand l’Europe est attaquée, quand un pays comme l’Espagne ou l’Italie dérape, les investisseurs se ruent vers l’Allemagne pour acheter des emprunts d’Etat Allemand et les taux allemands baissent. C’est ce qu’on vit, systématiquement, sans exception, depuis le début de la crise. Et les taux allemands ont flirté avec les 1%. Hier pour la première fois, les taux des pays sous pression ont augmenté, mais les taux allemands eux aussi ont augmenté au lieu de baisser. Entraînant à l’occasion les taux Français dans leur sillage. Rappelons que les taux à 10 ans Français avaient baissé à 2.05% il y a deux semaines et qu’ils valent ce matin 2.70%.
Qu'est-ce qui explique ce phénomène ?
Un phénomène de défiance des investisseurs internationaux pour toute la zone euro maintenant. Les marchés finissent par se dire, et c’est logique, que si l’Espagne et l’Italie sautent, l’Allemagne souffrira aussi et qu’elle ne sera pas épargnée et qu’il faut donc chercher refuge en dehors de la zone euro. Et je pense que c’est une bonne nouvelle. Cela va mettre la pression sur l’Allemagne pour bouger. C’est comme si son immunité avait été mise à mal hier pour la première fois. C’est un avertissement. Pour l’Europe bien sûr, mais pour la première fois pour l’Allemagne. Pour la première fois hier l’Allemagne n’est plus devenue un refuge et ça c’est un évènement.