Deux tiers des Français déclarent être intéressés par les produits d’épargne solidaire, selon une étude publiée en milieu de semaine par le Comptoir de l’Innovation.
Selon l’enquête « Banque et solidarité » réalisée par Opinionway, 66% des sondés se disent prêts à investir une partie de leur épargne dans des entreprises sociales, contre 60% en 2011.
Paradoxalement, 56% des Français n’ont jamais entendu parler de ce type de produits par leur banquier. Et plus le sondé est jeune moins les conseillers bancaires promeuvent l’investissement éthique. 67% des 18-24 ans ignorent l'existence de ces produits contre 45% des 65 ans et plus.
150 milliards d'euros
Et ce ne sont pas les derniers chiffres de publiés par Novethic qui vont démentir cet engouement pour les placements éthiques. Selon l’étude annuelle de l’institut de recherche dévoilée la veille, l'investissement socialement responsable a progressé de 29% en France en 2012, à 149 milliards d'euros, même si la hausse est plus modeste que le bond de 69% observé en 2011.
C’est surtout l’épargne salariale socialement responsable (ISR) qui continue de dynamiser le marché. En cinq ans, l’épargne salariale ISR a été multipliée par cinq. Selon l’étude, les encours des FCPE dédiés doublent cette année, ceux des FCPE ouverts augmentent de +30%. Ces derniers représentent toujours la majorité de l’épargne salariale. « Le marché ISR français a par ailleurs bénéficié de la bonne tenue des marchés actions » explique Novethic
Mais l’étude souligne que « l’accélération qu'a connue la croissance de l'ISR depuis 2008 semble marquer le pas ». Novethic constate une légère érosion de la part des clients particuliers pour représenter en 2012 28% du marché (contre 30% en 2011). Les investisseurs institutionnels (72% des encours) continuent de dominer largement le marché. « La croissance du marché est tirée par l'augmentation des encours détenus par des assureurs, qu'ils soient mutualistes ou privés. Cette tendance s'était déjà amorcée en 2011 et plus de la moitié des encours des investisseurs institutionnels sont maintenant détenus par des assureurs », ajoute Novethic.
Les obligations ont continué de gagner du terrain dans les actifs ISR, avec 53% des encours contre 44% en 2011 au détriment cette année du monétaire dont la part de marché baisse de 34% à 25%