L’Allemagne a procédé avec succès à une adjudication de 1,683 milliard d’euros arrivant à échéance en juillet 2044. Le rendement consenti tombe à un niveau historiquement bas… à seulement 2,16%.
A titre de comparaison, la précédente opération sur cette maturité qui a eu lieu le 30 janvier dernier affichait un rendement de 2.45% . Jamais l’Allemagne n’avait emprunté à des taux aussi bas, ce qui reflète le manque d’alternatives des investisseurs lorsqu’il s’agit de placer ses liquidités en lieu sur.
Le ratio de couverture, le Bid-to-Cover Ratio s’inscrit toutefois en baisse à 1.5 contre 1,8 le 30 janvier dernier.
Pourtant, la confiance des entreprises allemandes s'est de nouveau dégradée au mois d'avril, à en croire l'institut de conjoncture allemand IFO.
L'indice IFO du climat des affaires en Allemagne a en effet reculé à 104,4 en avril, contre 106,7 en mars, en deçà des prévisions des économistes qui tablaient sur 106,2.
Un indicateur qui s’inscrit dans la continuité de la publication du PMI allemand de la veille, qui s’inscrivait en contraction, signe que le moteur de l’économie européenne est en train de caler.
Pas de quoi s’inquiéter outre mesure selon la Bundesbank, la banque centrale allemande qui a souligné que "L'économie allemande croît, peut-être plus lentement que tout le monde l'avait espéré, mais elle croît", a assuré l’un des membres du directoire de la banque centrale.
"Notre prévision, qui table sur une croissance lente mais positive cette année, n'a pas changé (...) et n'a pas de raison de changer", a-t-il ajouté.
Le responsable de la Bundesbank a aussi estimé qu'il ne voyait pas pour l'heure de risque de regain de la crise dans la zone euro, ce qui le conforte dans la prévision d'une croissance allemande "au-dessus de la tendance" pour 2014.
En décembre, la Bundesbank avait chiffré ses prévisions de croissance à 0,4% pour 2013 et autour de 1,9% pour 2014.
Dans son rapport mensuel, la Bundesbank avait toutefois reporté au deuxième trimestre ses espoirs de rebond de la première économie européenne, après une forte contraction du PIB au quatrième trimestre de 2012.
Sur le marché secondaire, le rendement sur le bund allemand se détend de 1 pdb pour se négocier à 1,25% alors que l’OAT reste stable à 1,74%. Les rendements espagnols et Italiens remontent respectivement de 2 et 5 pdb, pour s’établir à 3,99% et 4,28%.