Mauvaise nouvelle pour Groupe Eurotunnel. La commission de la concurrence britannique veut bouter l’opérateur transmanche hors de Douvres…
Elle a décidé ce jour d'interdire au Groupe Eurotunnel d'opérer une activité de ferries au départ du Port de Douvres. L’autorité britannique a jugé que cette activité limitait la concurrence et risquait de conduire à une hausse des prix du transport transmanche de passagers et de marchandise.
Une décision qui n’a pas manqué de provoquer l’ire du groupe Jacques Gounon. Il a fait immédiatement appel d'une décision que Groupe Eurotunnel « trouve incompréhensible, et gravement disproportionnée. » L'interdiction prononcée « réduit l'offre de service sur le détroit, au détriment du consommateur. Elle se traduira inévitablement par une hausse des prix de la traversée », a réagi le PDG d'Eurotunnel.
Pourtant, l'autorité française de la concurrence a validé en novembre 2012, et sous certaines conditions, le rachat d'actifs de SeaFrance par Eurotunnel. Le groupe avait en effet récupéré à la barre du Tribunal de Commerce de Paris des actifs de l’armateur en faillite. Trois navires et tous les actifs ont été repris par Eurotunnel pour un montant de 65 millions d'euros.
Avec cette nouvelle corde à son arc, Eurotunnel espérait reprendre des parts de marchés dans le trafic de camions. Le trafic transmanche est en effet mieux orienté que par le passé, les volumes sont en hausse et les prix aussi. Si MyFerryLink devait s’arrêter, l’impact financier serait faible car cette nouvelle activité représente 4,7% du chiffre d’affaires du groupe au premier trimestre 2013. Mais pour la société, cette aventure se solderait par un échec alors que le groupe commençait tout juste à se défaire d’une image bien négative. C’est qu’à une certaine époque, à la moindre évocation d’« Eurotunnel » bon nombre d’actionnaires sursautaient, un mot qui leur faisait rappeler de nombreux mauvais souvenirs dont un cours qui végétait sous les 1 euro.