Le marché sanctionne les résultats du deuxième trimestre du fabricant européen de semi-conducteurs STMicroelectronics (STM.FR) qui sont ressortis mitigés. Le titre STM dégringole de plus de 6% à 7,06 euros.
STMicroelectronics (STM.FR) a en effet creusé ses pertes au deuxième trimestre, alors que le groupe de semi-conducteurs poursuit le recentrage de ses activités sur les capteurs électroniques et les nouvelles technologies de fabrication de puces plus petites.
Au deuxième trimestre, STMicro a accusé une perte de 152 millions de dollars, soit 17 cents par action, contre une perte de 75 millions de dollars, ou 8 cents par action, un an plus tôt.
Le chiffre d'affaires quant à lui a reculé de 4,8% à 2,05 milliards de dollars, en ligne avec les prévisions du groupe qui tablait sur un chiffre d'affaires compris entre 2 et 2,14 milliards de dollars. La marge brute a s'est contractée à 32,8% contre 34,3% un an auparavant. Pour le trimestre en cours, la société table sur un chiffre d'affaires globalement stable par rapport au deuxième trimestre.
Le groupe franco-italien, numéro un européen du secteur en termes de chiffre d'affaires, a affiché une hausse de 3,6% de ses revenus en excluant ST-Ericsson - sa coentreprise créée il y a quatre ans avec l'équipementier télécoms suédois Ericsson (ERIC) - grâce à une demande élevée pour la saison.
Les résultats de STMicro ont pâti ces deux dernières années des difficultés de la joint-venture ST Ericsson. Cette co-entreprsie, qui fabrique des puces pour téléphones mobiles, a vu ses ventes chuter sous l'effet de la baisse des commandes émanant de clients comme Blackberry) et Nokia. Face aux difficultés persistantes, STMicroelectronics et Ericsson ont convenu cette année de démanteler leur coentreprise qui ne cessent de plomber leurs résultats.
Les investisseurs ont accueilli positivement la nouvelle, ainsi que des signes de croissance de la demande mondiale de semi-conducteurs, ce qui a porté l'action STMicro à un plus haut en près de deux ans. Mais le groupe reste confronté à des problèmes de rentabilité dans ses usines en Italie et en France en raison des coûts élevés de main d'oeuvre.
Les dirigeants de STMicro ont affirmé que ces usines seraient rentables si elles étaient utilisées pour produire des technologies de nouvelle génération. D’ailleurs en début de semaine, STMicro a annoncé qu'il allait investir 1,3 milliard d'euros dans le programme de recherche et de développement de nanotechnologies Nano2017.
Pour Exane, "le chiffre d'affaires s'est inscrit légèrement en deçà du consensus alors que le coût du désengagement du groupe dans ST-Ericsson, ainsi que les réductions des charges d'exploitation, sont ressorties au-dessus des attentes, a ajouté l'intermédiaire financier. La banque a également souligné que la marge brute s'est révélée en ligne avec les attentes à 32,8% et que la réduction de la perte opérationnelle (EBIT) a été plus importante qu'attendue, grâce à la baisse des dépenses de recherche et de développement". Exane note enfin que les perspectives du groupe pour le troisième trimestre sont ternes.