Comme souvent, le yen ressort grand gagnant du regain d’aversion au risque. La devise japonaise s’apprécie de 0,4% face à l’euro qui s’échange à 132,36 yens après avoir testé un plus bas dans la matinée à 131,36 yens. Idem pour le billet vert, qui recule de 0,37%, à 97,86 yens dans un climat de nervosité lié à la crise politique en Italie et aux désaccords persistants à Washington sur le financement de l'Etat fédéral américain.
Aux Etats-Unis d’abord, la bataille budgétaire qui se déroule au congrès inquiète les investisseurs alors que le spectre d’un blocage des services de l'Etat apparaît de plus en plus possible, ce qui risque de coûter très cher à l'économie américaine. Républicains et démocrates vont vraisemblablement poursuivre leur bras de fer politique concernant le budget américain jusqu’à la dernière minute avant de s'accorder sur un budget provisoire. Faute d’accord, l’Etat devra procéder à des fermetures administratives, un « shutdown » qui pourrait couter très cher à l’économie américaine.
En effet, selon des calculs publiés par les économistes de Goldman Sachs, la fermeture des administrations coûterait environ 8 milliards de dollars par semaine à l'économie américaine. Ce chiffre a été obtenu en examinant les conséquences du "shutdown" de 1995.
En Italie, l’incertitude politique plombe la tendance européenne alors que le président du Conseil italien, Enrico Letta, va tenter de sauver la coalition droite-gauche qu'il dirige en posant la question de confiance au Parlement, après la décision ce week-end des ministres alliés de Silvio Berslusconi de quitter le gouvernement.
Face à tant d’incertitudes politiques, les marchés financiers s’inquiètent. Les indices boursiers basculent dans le rouge, tandis que le billet vert et l’euro se déprécient. La parité euro-dollar restait d’ailleurs stable autour des 1,3530$ tandis que le yen reprenait de la hauteur. Aversion au risque oblige.