La dernière publication de Saint-Gobain a fait bonne impression dans ce flot de déceptions et de révisions à la baisse des objectifs annoncés par les autres sociétés de la place parisienne. Les opérateurs ont tellement apprécié la conformation des perspectives annuelles de l’industriel qu’ils propulsent le titre en tête du CAC40 ce vendredi.
Saint-Gobain a renoué avec une croissance organique positive. Le chiffre d’affaires s’est ainsi apprécié de 3,1% au troisième trimestre à périmètre et changes constants, à 10,80 milliards d'euros. En intégrant les fluctuations des changes, ses revenus ont cependant reculé de 1,2% entre juillet et septembre.
Sur la période, le Pôle Produits pour la Construction (PPC) rebondit (+5,4%) après un 2ème trimestre 2013 pénalisé par un déstockage dans les Produits d’Extérieur aux Etats-Unis. Les Pôles Matériaux Innovants et Distribution Bâtiment retrouvent une dynamique positive et augmentent tous deux de +2,2%. Le groupe a également pu compter sur une croissance organique « soutenue » en Asie et dans les pays émergents.
Ainsi, les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires ressort à 31,57 milliards d'euros, en repli de 1,1% à périmètre et change constants et en recul de 3,4% en intégrant les effets de change.
Pour le quatrième trimestre, Saint-Gobain anticipe la poursuite d'une stabilisation de ses marchés en Europe continentale avec toutefois un redémarrage de la construction en Allemagne et outre-Manche.
Dans ce contexte, Saint-Gobain poursuit la mise en œuvre de plan d'économies annoncé au début de cette année. Après avoir réduit ses coûts de 520 millions d'euros en 2012, notamment dans le vitrage en Europe occidentale, le groupe vise 580 millions d'euros d'économies supplémentaires cette année, soit un total de 1.100 millions sur les deux années. L’industriel entend également apporter « une attention toute particulière » à l’augmentation de ses prix de vente, dans un contexte de faible hausse des coûts des matières premières et de l’énergie ; Par ce levier, Saint-Gobain souhaite préserver ses marges tout en maintenant « une grande discipline en matière de gestion de trésorerie et de solidité financière ».
Ainsi, le numéro un mondial de la production, transformation et distribution de matériaux de construction a confirmé son objectif d'une amélioration de son résultat d'exploitation au second semestre après une contraction de 15,7% au cours des six premiers mois de l'année, sous l'effet d'une baisse de son activité en Europe. Il vise un niveau élevé d'autofinancement libre grâce, notamment, à la réduction de 200 millions d'euros de ses investissements industriels, une structure financière renforcée par la cession de Verallia North America. Saint-Gobain conserve toutefois ses les activités de Verallia en Europe et en Amérique latine, et également son acquisition en Algérie. Le produit de la vente permettrait principalement de renforcer le bilan du groupe alors que sa dette nette a augmenté l'an dernier de 4,9% à 8,5 milliards d'euros, mais l'endettement après cession de Verallia serait ramené à 7,5 milliards.