Vivendi ne lâche pas les commandes du CAC40 ce vendredi matin. Les investisseurs sont satisfaits et rassurés par la dernière livraison du groupe, qui est ressortie supérieure à leurs attentes.
Et pourtant, les résultats du groupe de médias font état d'une baisse de ses résultats au troisième trimestre, toujours pénalisés par SFR, l’ex-vache à lait dont la rentabilité s’érode trimestre après trimestre.
Vivendi a ainsi accusé une baisse de 24% de son résultat net au troisième trimestre , à 376 millions d'euros, contre 493 millions d'euros un an auparavant. Le résultat opérationnel ajusté, qui exclut les actifs vendus dans le cadre de la réorganisation du groupe, plie de 23%, à 730 millions d'euros, par rapport à 948 millions d'euros un an plus tôt. Mais l’indicateur est ressorti supérieur aux attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur un Ebita de 707 millions d’euros. Sur neuf mois, le résultat opérationnel ajusté a chuté de 25,7% à 2,121 milliards d’euros.
Ce sont encore les difficultés de SFR qui pèsent sur le groupe, la filiale télécommunications a enregistré, au cours des neuf premiers mois de l’année, un recul de 10,5 % de son chiffre d’affaires dont 16,5% rien que pour l’activité mobile et surtout une baisse de 37 % de son résultat d’exploitation. Le groupe peut en revanche compter sur le dynamisme de Universal Music Group qui enregistre une forte croissance de son EBITA (+46,8 % à taux de change constant) rien que sur le troisième trimestre 2013.
Du côté du chiffre d’affaires, il s’apprécie de 3,4 % à taux de change constant (stable à taux de change réel) par rapport au troisième trimestre 2012, ce qui porte à 16,190 milliards d’euros, l’activité du groupe sur les neuf premiers mois de 2012.
Autre motif de satisfaction des opérateurs, l’amélioration de la structure financière du groupe. La mue de Vivendi paie. Pour rappel, le groupe se traine une lourde dette nette de 16 milliards d’euros et s'établirait en retraité à 7,2 milliards
d’euros après la prise en compte de la cession de 88 % de la participation dans Activision Blizzard, de l’acquisition de 20 % de Canal+ France, et de la prochaine finalisation de la vente de la participation de 53 % dans Maroc Telecom.
Et pour la réduire la plus rapidement possible, le conglomérat procède à la revue de ses actifs depuis une bonne année déjà, avec le double objectif de se concentrer sur les médias. Le groupe allège donc la barque en voulant céder ses activités télécom. Il est vrai que le secteur n’est pas en grande forme, en proie à une concurrence ardue notamment depuis l’arrivée du trublion Free début 2012. SFR a donc été contraint de « réexaminer très attentivement tant ses offres commerciales que ses coûts ». Autrement dit, de s’aligner sur la toute nouvelle concurrence…
Alors, le groupe cède ce qu’il peut céder…avec plus ou moins de succès. Il avait échoué à vendre GVT en mars dernier, un revers qui faisait déjà suite aux discussions avortées avec le câblo-opérateur français Numéricable qui, lui, convoitait SFR. Mais en novembre dernier, Vivendi est parvenu à céder ses 53% de Maroc Telecom à Etisalat pour 4,2 milliards d’euros. Cet accord intervient après la vente de l'essentiel de la participation majoritaire que Vivendi détenait dans l'éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard pour 8,2 milliards de dollars. Deux opérations qui recélaient une importance capitale dans la cure minceur du conglomérat. Une cure minceur qui n’est pas étrangère à l’arrivée de Bolloré au sein du conseil de surveillance d’administration de Vivendi. Tapi dans l’ombre, Bolloré a finalement eu gain de cause en évinçant toutes les activités télécoms de Vivendi. Maroc Telecom est le début de la revue stratégique des activités de Vivendi…Avec 5% du capital entre ses mains, l’homme d’affaires a une réelle influence sur la stratégie du conglomérat. L’avenir de GVT va être remis sur la table. Mais en attendant, l'opérateur mobile SFR, devrait faire l'objet d'une scission-introduction d'ici au printemps prochain. Vivendi souhaite en effet désorbiter de sa galaxie son ex-vache à lait comme c’était le cas avec Kering et son enseigne encombrante Fnac…