La « remise à plat » de la fiscalité annoncée par le gouvernement n’en finit pas de faire couler beaucoup d’encre. Cette fois-ci, c’est Michel Sapin apporte sa contribution à ce débat épineux, en se prononçant favorablement pour une éventuelle progressivité de la contribution sociale généralisée (CSG), à l’antenne de RTL.
« Sur le principe oui, parce que vous avez aujourd'hui la CSG qui rapporte plus que l'impôt sur le revenu, et vous avez un impôt sur le revenu qui est relativement juste parce qu'il est progressif : plus on gagne de l'argent et plus on va payer d'impôt, tandis que s'agissant de la CSG […] au premier euro, chacun paye la même chose. » a expliqué le ministre du travail. « On peut se dire que quand il n'y avait pas de CSG, c'était pas grave, quand la CSG, c'était un tout petit peu, c'était pas grave. Aujourd'hui, la CSG c'est beaucoup plus que l'impôt sur le revenu, donc je comprends tout à fait que l'on veuille réfléchir dans ce sens-là », a ajouté le ministre.
Pour rappel, la CSG s’applique à quasiment tous les revenus : d’activité et de remplacement (chômage, retraite etc.) mais aussi les revenus du patrimoine et les produits de placement. Son taux s’élève à : 7,5 % pour les revenus d’activité et assimilés (salaires, primes…) ; 8,2 % pour les revenus du patrimoine et de placement (rentes viagères, plus-values…) ; 9,5 % pour les revenus du jeu ; 0, 3,8, 6,2 ou 6,6 % pour les revenus de remplacement (pensions de retraite, allocations chômage,…).
En septembre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait écarté tout recours à une CSG progressive dans le budget 2014, « qui aurait des effets compliqués : attention à ne pas trop mettre à contribution les classes moyennes », avait-il expliqué. Pour Michel Sapin, la progressivité de la CSG sur le modèle de l’impôt sur le revenu, est « un sujet qui est sur la table ». Pour autant, "aucun choix n'est aujourd'hui arrêté" mais "dans les choix qui seront faits, les avis qui sont avancés par les organisations syndicales seront importants", a souligné Michel Sapin.
Les réactions n’ont pas tardé à fuser comme celle de Bernard Accoyer, député UMP de Haute-Savoie. « L'idée de fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG est une idée abominable pour les classes moyennes », a-t-il déclaré, mardi 26 novembre sur LCI et Radio Classique. « Si on veut continuer à écraser ceux qui travaillent, ceux qui produisent, ceux qui tirent le pays, il faut continuer dans cette direction », a poursuivi l'ancien président de l'Assemblée nationale.