Le gouvernement n'avait pas besoin de ça. A peine remis d'un vote de confiance, ou de défiance, relative, il va devoir faire face à la publication des chiffres de la dette Française par l'INSEE à la fin du mois: nous avons dépassé les 2000 milliards d'euros au deuxième trimestre et nous allons frôlé les 100% du PIB.
Selon les Echos, l’INSEE annoncera à la fin du mois que la dette Française a dépassé les 2000 milliards d’euros au deuxième trimestre.
Et nous toucherons probablement les 100% du PIB l’année prochaine. De nouveaux records dont on se serait bien passé. Mais nous sommes en plein cercle vicieux. Pas de croissance, plus de déficit, plus de déficit, plus de dette. Et qui dit plus de déficit et plus de dette dit moins de moyens de relance et donc de croissance. Et ainsi de suite. C’est une spirale infernale.
Est-ce que ces chiffres vont avoir un impact immédiat, sur les marchés par exemple ?
Nous sommes dans une situation paradoxale. Malgré des déficits records et une dette records qui vont probablement nous valoir une nouvelle dégradation de notre dette vendredi soir par l’agence de notation Moody’s, la France n’a jamais emprunté sur les marchés à des taux aussi bas. Pourquoi ? Parce que les banques centrales continuent à déverser des liquidités gratuitement ou presque sur les marchés et que les investisseurs ne savent plus où les mettre. Tant mieux. Imaginez dans quel état nous serions si le service de notre dette était alourdi par des taux d’intérêt plus élevés.
Comment sortir de cette spirale ?
En théorie par la croissance. Mais on le sait, la croissance ne se décrète pas. Elle est liée en France à la confiance. Et comme on l’a vu hier à l’Assemblée Nationale, la confiance est pour le moins relative. De façon plus générale, l’Europe du Sud reste plombée par sa dette. Certes, grâce à la Banque Centrale Européenne, on a évité les faillites d’Etat, mais les dettes sont là. Elles n’ont pas disparu. Au contraire, elles augmentent. Il va falloir les traiter un jour car elles pèsent comme une chape de plomb sur la croissance. On reparlera sûremet un jour de stocker une partie de cette dette dans des structures de cantonnement comme on l’a fait avec les bad banks. Nous n’aurons pas le choix.