L'euro continue à baisser. Il est passé en dessous des 1.28 hier, soit une baisse de 7% depuis le début d'année. Du fait des nouvelles alarmantes sur l'économie Européenne, des nouvelles encourageantes sur l'économie Américaine mais aussi grâce à la politique de Mario Draghi. Draghi a réussi à transformer de fond en comble la politique de la Banque Centrale Européenne.
La baisse de l’euro est une première victoire pour la BCE
Draghi a totalement transformé la Banque Centrale Européenne. On a du mal à reconnaître cette ancienne émanation de la Bundesbank tant elle ressemble de plus en plus à la Banque Centrale Américaine. Draghi est parvenu à briser, mois après mois, des tabous qu’on pensait inviolables. Le rachat massif de dettes ou encore le culte de l’euro fort. C’est quand même très impressionnant. Il est vrai que la situation économique de la zone euro est tellement préoccupante qu’il n’a pas d’autre choix que d’aller toujours plus loin.
Avec moins de succès quand même que la banque centrale Américaine puisque la croissance ne réagit pas.
Et c’est ça qui est passionnant. Voilà deux banques centrales qui, certes à des degrés différents, mène une politique similaire. Et d’un côté la croissance rebondit et le chômage chute au plus bas, de l’autre aucun signe positif. Pour une raison très simple : les rigidités, les blocages, les corporatismes, on l’a vu avec Air France, les verrous empêchent cette manne financière de liquidités à taux zéro de pénétrer dans les rouages de l’économie réelle Européenne. C’est ce que disent et répètent Draghi et Merkel : on aura beau distribuer de l’argent et même mener une politique de relance, sans réformes structurelles, il n’y aura pas de croissance
Reste l’impact positif de la baisse de l’euro.
Ça reste une bonne nouvelle. Une bouffée d’oxygène principalement pour les exportateurs. C’est mieux que rien mais ce n’est pas suffisant. Et un baisse à 1.20 ou à 1.15 ne suffirait pas à relancer seule l’économie Européenne. On peut dire aujourd’hui que Mario Draghi a largement fait sa part du job. Il lui reste encore quelques munitions mais elles sont limitées. C’est aux pays comme la France ou l’Italie de faire leur part du travail. Surtout qu’elles n’auront plus l’argument de l’euro fort pour masquer leur échec .