Le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, a appelé l'Europe à adopter un impôt boursier inspiré de celui en vigueur au Royaume-Uni, plutôt qu'une taxe sur l'ensemble des transactions financières. Un compromis pourrait donc se profiler sur les moyens de faire contribuer les investisseurs au sauvetage des banques.
L'Allemagne et la France militent depuis des mois pour l'instauration d'une vaste taxe sur les transactions financières, qui toucherait un éventail de produits qui passe de l’achat d'actions jusqu'aux opérations complexes sur le marché des changes. Cette proposition a reçu un accueil mitigé en Europe. Le Royaume-Uni, en particulier, rejette totalement l'idée d'une telle taxe au sein de l'Union européenne, qui risquerait de réduire la compétitivité internationale de la City de Londres.
Si le Royaume-Uni ne se rallie pas au projet, la chancelière allemande Angela Merkel n'obtiendra pas le soutien dont elle a besoin de la part des libéraux du FDP, parti minoritaire au sein de son gouvernement de coalition. Le FDP n'est prêt à soutenir une taxe que si cette dernière a des chances d'être adoptée par les 27 pays membres de l'Union européenne. Mais Philipp Rösler, président du FDP et ministre de l'Economie, propose à présent, si le Royaume-Uni n'est pas prêt à rejoindre l'Europe, que ce soit l'Europe qui rejoigne le Royaume-Uni.
"Nous devrions réfléchir à un moyen de rallier le Royaume-Uni au projet. Les Britanniques ont déjà une forme spécifique de taxe boursière, la fameuse 'stamp tax'", a déclaré le ministre lors d'un entretien accordé au quotidien allemand Rheinische Post.
"Si les Britanniques ne sont pas disposés à se rapprocher du modèle européen de taxe sur les transactions financières, il serait sensé de discuter avec eux et les autres pays européens du modèle britannique", a proposé Philipp Rösler.
La taxe sur les transactions financières sera probablement à l'ordre du jour de la réunion de l'Eurogroupe la semaine prochaine à Bruxelles, au cours de laquelle les ministres européens des Finances prépareront le sommet européen du 30 janvier. Cependant, il n'est pas certain que le compromis proposé par Philipp Rösler réunisse suffisamment de soutien pour permettre aux dirigeants de l'Union européenne de prendre une décision lors de leur prochain sommet.