Pour le Notariat, le marché du logement est probablement à un tournant, clôturant une longue décennie commencée en l’an 2000.
« Les données macroéconomiques nationales et internationales vont mettre fin à ce dynamisme » indiquent les Notaires de France. A la dégradation du climat économique, au durcissement de la fiscalité immobilière et à la quasi-disparition du prêt à taux zéro dans l’ancien vient de s’ajouter la baisse de la notation de la dette française par Standard and Poor’s. Pour ce dernier point, les notaires de France estiment que « son impact sur les taux d’intérêt sera faible ».
2012 mauvais cru pour l’immobilier
Dans le marché de l’ancien, « 2012 ne devrait pas être un bon cru » préviennent les Notaires de France sans pour autant exagérer le trait. « Cependant, nous ne croyons pas que l’on revienne à des volumes d’environ 600.000 ventes comme en 2008. Nous tablons aujourd’hui sur 700 à 740.000 ventes » annoncent-ils. Même si les conditions d’octroi d’un prêt immobilier sont plus dures en termes d’apport personnel et de durée, les banques continuent à prêter aux particuliers en raison de « taux d’intérêt raisonnables ». « Le manque de placements alternatifs pour des investisseurs en quête de sécurité continuera aussi à soutenir le marché » ajoutent-ils.
Trois marchés distincts
En ce qui concerne l’ancien, les Notaires de France explique qu’il y a plus de sens à donner une tendance pour les prix des biens de ce marché. Selon eux, la France est divisée en trois marchés : Paris intra-muros (et une partie des Hauts-de-Seine), puis les grandes métropoles de province dynamiques, la première et la deuxième Couronnes de Paris (sauf dans sa partie la plus excentrée) ainsi que le littoral de Nantes à Biarritz et de Perpignan à Nice, enfin le reste de la France à de rares exceptions. Selon eux, les prix à Paris intra-mruros, pourraient faire preuve d’une certaine résistance dans les prochains mois, « en raison de l’attractivité maintenue de la Capitale, portée actuellement par les opérations d’urbanisme ». Cette stagnation des prix concernera également le marché des grandes métropoles de Province, du littoral et de la Couronne de Paris. En revanche, sur le reste de la France à de rares exceptions, les Notaires anticipe une évolution des prix négative « sans pour autant connaître une chute aussi brutale qu’en 2008 où en quelques mois il y avait eu des baisses de 10 à 15 % voire plus ».
Le marché du neuf n’obéit pas à des règles préétablies...
Sur le front du marché du neuf, « les évolutions de prix sont toujours à analyser avec circonspection, car elles dépendent du type de programme proposé ». Ils pensent « que les promoteurs, pour attirer la clientèle de primo accédants, proposeront des produits généralement en retrait en termes de prix par rapport à 2011 ». Une idée que Kaufman & Broad a déjà en tête. Dans une interview accordée au Figaro, le PDG du promoteur immobilier avait annoncé le lancement « d’un nouveau concept de logements à prix maîtrisés, vendus 25% moins cher que les prix de marché. ». L’objectif de ces prix bradés est de « proposer des appartements à un peu moins de 3000 euros le m² en Ile-de-France et de 2500 à 2600 euros le m² en région ». Par ailleurs, les Notaires expliquent que le marché du neuf pourrait repartir au « 2ème semestre si de nouveaux dispositifs succédant au ‘Scellier’ étaient mis en place ».