L’Investissement socialement responsable (ISR) a la cote à en croire la dernière enquête de Novethic sur le marché français. Il représente 115 milliards d’euros d’encours en France et affiche une croissance de 69% entre 2010 et 2011. Le centre de recherche note par ailleurs une large diffusion de pratiques d’exclusions dans la gestion financière non ISR, mais leurs impacts restent limités.
+69% au compteur
Une performance plus qu’honorable affichée par le marché ISR. Ce type de fonds a pu bénéficier des conversions de fonds alors que la crise financière a eu un impact négatif sur la collecte de nouveaux encours. Cette stratégie de conversion qualifiée de « massive » par Novethic a porté sur plus de 28 milliards d’euros d’encours en 2011. « Ce mouvement, initié par un des principaux acteurs de l’ISR français qui détient à présent 48% des 115 milliards d’euros, fait des émules » explique le spécialiste.
Pratiques d’exclusions
Depuis 2011, le centre de recherche de Novethic a pu évaluer le volume des encours faisant l’objet d’exclusions normatives, c'est-à-dire ceux qui ne doivent pas être investis dans des entreprises coupables de violations graves et répétées de conventions internationales sur les droits humains ou l’environnement. Jusqu’en 2010, seul un acteur ISR pratiquait des exclusions normatives sur 136 milliards d’euros d’actifs alors qu’un an après une dizaine d’acteurs prononcent des exclusions, ce qui porte à 1 800 milliards d’euros le montant concerné par cette pratique.
Les fonds « verts » ne séduisent pas
Toutefois, les fonds dit « verts » c’est-à-dire à thématiques environnementales peinent à décoller. Novethic évalue la collecte à moins de 2 milliards d’euros en trois ans l’encours à 13,3 milliards d’euros. Une goutte d’eau si on compare avec les 115 milliards d’euros d’encours des fonds ISR. Une desaffection pour ces fonds « verts » qui peut trouver son origine dans « un décalage entre le marketing très vert de ces fonds et la composition de ces produits où l’on peut retrouver des entreprises dont les vertus environnementales sont très limitées ». Ainsi, Novethic signale que les investisseurs institutionnels ISR français ne s’intéressent que faiblement à ces fonds. Ils n’y ont investi que 865 millions d’euros en 2011.